Le retour des frappadingues de Lord Mantis, et surtout le retour au chant de l’emblématique et complètement possédé Charlie Fell, après une prestation remarquée sur le dernier album de Cobalt (Slow Forever). Et quel retour pour les deux ! Toujours aussi suffocante et malsaine, la musique des Américains qui patauge toujours dans son style entre black et sludge ne manque pas d’efficacité une fois encore et nous saisit d’entrée sur le très direct « Santa Muerte ».
Sur les 7 autres titres, le groupe fait ce qu’il fait le mieux : nous maintenir la tête sous l’eau à coup de riffs vicieux et grâce aux hurlements de dément de l’ami Charlie, qui ne nous laisse jamais reprendre notre respiration, même lorsque ses vocaux sont déformés et robotisés sur le monstrueux « Qliphotic Alpha ». Cette bête de scène signe ici rien de moins que leur meilleur album et un incontournable de l’année pour qui est un peu sensible au genre. Là où le sludge peut souvent se révéler soporifique, Lord Mantis parvient à insuffler à ses morceaux une dynamique et une tension constantes, évitant toute redondance.
Au-delà de la puissance brute, Lord Mantis cultive une atmosphère oppressante qui puise autant dans le black metal atmosphérique que dans le sludge torturé, rappelant parfois l’intensité brute de groupes comme Cobalt ou Eyehategod. Cependant, certains moments peuvent paraître un peu trop chargés, perdant légèrement en clarté, un léger défaut face à une production globalement solide. Néanmoins, Universal Death Church s’impose comme une œuvre authentique et viscérale, à la fois malsaine et captivante — un véritable défi lancé aux oreilles du plus endurci des auditeurs.
Lord Mantis
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