Sorti la dernière semaine de janvier, il aurait été dommage de passer à côté du nouvel EP de Kaonashi ! Le groupe de Philadelphie poursuit dans son concept unique entamé avec leur album précédent (Dear Lemon House…), notamment avec sa cover sur laquelle on retrouve les plumes qui l’ornaient. Ces cinq titres tout en cassures et en tourments (une nouvelle fois exprimés par le volubile vocaliste Peter Rono, sonnant à nouveau comme l’attraction du groupe avec ses cris perçants entre anxiété et folie furieuse) délivrent un chaos sonique unique. Intense ! Ce dernier effort, The 3 Faces Of Beauty A Violent Misinterpretation Of Morgan Montgomery, confirme l’approche abrasive et expérimentale du groupe, oscillant entre screamo déchaîné, post-hardcore torturé et touches noise à la fois délicates et sauvages. La production crue mais détaillée met parfaitement en valeur la dynamique contrastée des compositions, entre explosions sonores et passages plus aériens, reflet d’une émotion à fleur de peau.
Si l’EP peut paraître déroutant par ses ruptures brutales et son intensité parfois extrême, c’est justement ce mélange de violence contrôlée qui fait sa force, brisant toute linéarité et captant l’attention. On sent l’influence d’artistes comme Orchid ou Saetia dans cette démarche, pourtant Kaonashi imprime sa propre patte grâce à la voix hystérique de Peter Rono et une instrumentation souvent inattendue. Ce petit format ne livre pas de grands hymnes immédiats mais se savoure comme une expérience cathartique, à la fois dérangeante et fascinante. Un EP réservé aux auditeurs prêts à se laisser emporter dans un univers sonore torturé et profondément humain.
Kaonashi
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