Interview de Baest

Interview de Baest

jonben
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26 septembre 2025
il y a 11 mois
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Une interview du groupe danois de death metal dont l'évolution musicale est marquée par l'intégration d'influences variées, allant du heavy metal traditionnel aux éléments thrash et hard rock, tout en conservant une approche fun et musclée.
Interview de Baest

Nous venons tout juste de publier notre chronique de l’album Colossus, et nous enchaînons avec une interview du groupe danois de death metal Baest. L’occasion de revenir avec eux sur leur évolution musicale, leur nouvel album, et leur vision d’un Death Metal fun et énergique.

Interview traduite en Français

The original English version can be found below.

Depuis vos débuts avec Danse Macabre, Baest a souvent été associé au son death metal suédois classique basé sur la pédale HM-2. Vous considérez-vous toujours comme les porteurs de ce flambeau old-school, ou êtes-vous désormais au-delà ? En tant que guitariste du groupe, vous êtes bien placé pour répondre : utilisez-vous encore la HM-2 ?

Nous avons commencé comme un groupe de death metal traditionnel, en essayant d’émuler et d’honorer les groupes fondateurs du genre. Au fil de ces dix années, nous avons évolué en intégrant davantage nos inspirations d’enfance dans les riffs — Iron Maiden, Judas Priest, AC/DC et d’autres. Nous utilisons toujours la pédale HM-2 en studio, et Lasse l’utilise encore sur scène, combinée à une autre pédale de distorsion.

Votre morceau “Ecclesia” (2022) montrait un côté plus progressif et atmosphérique de Baest — comme « Genesis » sur l’album précédent. Pourquoi ne pas avoir continué dans cette direction sur Colossus ? Envisagez-vous d’y revenir à l’avenir ?

Nous pensons justement avoir exploré cette direction davantage, avec des morceaux comme « In Loathe and Love » et « Depraved World ». « Imp of the Perverse » nous semble aussi très progressif. Ces éléments progressifs s’intègrent de plus en plus à nos chansons, aux côtés d’un riffing plus heavy metal traditionnel.

Sur Colossus, vous avez intégré des éléments thrash et hard rock, flirtant même parfois avec le death’n’roll. Était-ce une décision consciente de casser le moule, ou simplement le fruit du plaisir pris en répétition ?

C’était simplement le résultat du plaisir que nous avons eu à écrire. Riffer en tournée, se retrouver en salle de répétition, s’envoyer des petits bouts d’idées — tout tourne autour du fun. Nous n’avons rien planifié, nous avons juste suivi ce qui semblait juste.

Le single “King of the Sun” accueille Jesper Binzer, un rocker danois dont la voix est très éloignée du registre death metal, et pourtant ça fonctionne très bien — c’est mon morceau préféré de l’album. Comment cette collaboration a-t-elle vu le jour ?

On a simplement tenté le coup : on a envoyé le morceau à Jesper en lui demandant s’il voulait participer. Incroyablement, il a accepté, ce qui reste assez fou pour nous.

Certains fans de longue date pourraient être surpris par les changements stylistiques de Colossus. L’album tire vers un death metal plus “fun”, avec quelques riffs hard rock. Quelles ont été les réactions du public et de la presse ?

Les retours ont été excellents, tant du public que de la presse. Nous voyons bien que le style a évolué, mais il reste des morceaux signatures pour les fans old school — comme « Colossus » et « Mouth of the River ». Cet aspect fait partie intégrante de notre son et ne disparaîtra pas.

Sur scène, Baest a la réputation d’être l’un des groupes de death metal les plus énergiques d’Europe. Quand vous composez, pensez-vous d’abord à l’efficacité live ? Retravaillez-vous vos morceaux en répétition pour optimiser leur impact sur scène ?

Nous avons déjà testé des morceaux inédits en concert. Nous avions lu quelque part que Carcass avait joué tout Heartwork sur scène avant de l’enregistrer, et nous voulions essayer la même approche. C’est vraiment fun de voir la réaction des fans, surtout quand nous hésitons sur la façon de finaliser un titre.

Le death metal véhicule une image sombre, et l’imagerie ainsi que les paroles de Baest peuvent paraître ainsi aux non-initiés. Ajoutez-y les growls souvent incompréhensibles pour eux. Pourtant, Baest revendique aussi l’humour et une attitude “fun” aux côtés de la brutalité. Devez-vous souvent justifier cette contradiction, dans ou hors de la scène ?

Oui, souvent. Mais quand nous jouons devant des publics non initiés — surtout au Danemark, où nous attirons de nouveaux fans en quête d’une expérience live différente — ils comprennent l’aspect fun et second degré. Les paroles et l’imagerie restent brutales : c’est un dogme du genre, que nous aimons depuis toujours. Mais nous évoluons, et essayons d’élargir le spectre des textes.

C’est impressionnant que vous gardiez la même formation depuis dix ans. Comment entretenez-vous la chimie et évitez-vous l’épuisement ? Vivez-vous proches les uns des autres, partageant aussi des moments hors enregistrements et tournées ?

Nous sommes devenus une grande famille et faisons attention les uns aux autres. Les choses doivent aussi avoir du sens pour nos familles, car la dynamique du groupe dépend aussi des situations à la maison. Nous nous amusons énormément sur la route et sur scène. Notre relation en tant que frères et partenaires créatifs est plus forte que jamais. Nous répétons chaque lundi matin, et nous aimons toujours passer du temps ensemble — souvent avec nos femmes et nos enfants, en réunissant toute la famille.

Pouvez-vous vivre de votre musique, ou gardez-vous encore des activités professionnelles à côté ?

Nous travaillons tous encore à côté, et n’avons pas encore été virés — heureusement. Les tournées sont intenses, mais nous les apprécions toujours. Bien sûr, ce serait un rêve de vivre uniquement de la musique un jour.

Vous mentionnez souvent votre amour pour le rock classique et le heavy metal. Quels artistes ou albums non-metal vous ont inspirés récemment ? Et pourriez-vous citer quelques groupes qui ont marqué votre parcours musical ?

Nous avons été très inspirés par des musiciens comme Eric Johnson et Gary Moore. Rush est aussi une grande source d’inspiration, tout comme de nombreux artistes country, qui apportent des approches mélodiques différentes. Nous aimons simplement la musique sous toutes ses formes.

Enfin, si vous deviez choisir quelques morceaux de Baest — anciens ou récents — pour introduire quelqu’un qui n’a jamais entendu de death metal, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?

« Meathook Massacre », « Colossus » et, pour montrer l’étendue de notre son, « Depraved World ». Ces morceaux contiennent tout ce qu’il faut : blast beats, tremolo picking, growls gutturaux et une bonne dose de groove lourd.

Pour finir, je suis basé à Bangkok, en Thaïlande. Avez-vous déjà tourné en Asie du Sud-Est ? Seriez-vous intéressés ?

Nous n’avons jamais tourné en Asie, mais nous adorerions. Mets-nous en contact !


Interview with Baest (English)

Since your debut Danse Macabre, Baest has often been linked to the classic Swedish HM-2 death metal sound. Do you still see yourselves as carrying that old-school torch, or are you now moving beyond it? As the guitarist of the band, you’re well placed to answer this question: do you use the HM-2 pedal?

We started out as a traditional death metal band, trying to emulate and honor the original death metal acts. During our ten-year stint, we’ve started to evolve, bringing more of our childhood inspirations into the riffs — Iron Maiden, Judas Priest, AC/DC and the like. We still use the HM-2 pedal in the studio, and Lasse still uses it live, blended with another distortion pedal.

Your 2022 track “Ecclesia” showed a more progressive, atmospheric side to Baest — as did « Genesis » on the previous album. Why didn’t you continue in that direction on Colossus? Do you see yourselves exploring that side again in the future?

We feel we did explore that direction more, with songs like « In Loathe and Love » and « Depraved World. » Also, « Imp of the Perverse » feels very progressive to us. Progressive elements are definitely finding their way into the songs, alongside more traditional heavy metal riffing.

On Colossus you brought in thrash and hard rock elements, even flirting with a death’n’roll vibe at times. Was this shift a conscious decision to break the mold, or simply the result of following what felt fun in the rehearsal room?

It was simply the result of what felt fun while writing. Riffing on tour, meeting in the rehearsal space, sending each other snippets of ideas — it’s all about having fun. We never planned anything; we just did what felt right.

The single “King of the Sun” features Jesper Binzer, a Danish rocker whose voice sits far outside the death metal sphere, but it works very well — it’s my favorite song on the album. How did that collaboration come about?

We basically just did a Hail Mary: sent Jesper the track and asked if he would like to join. Incredibly, he responded and wanted to feature, which is still kind of mind-blowing.

Some long-time fans might be surprised by the stylistic changes on Colossus. The album shifts into a kind of “fun” death metal, with some hard-rockish riffs. What was the reaction from fans and press?

The reactions have been great, from both fans and especially press. We know the style has changed, but there’s still signature stuff for the old-school fans — like « Colossus » and « Mouth of the River. » That part of our sound isn’t going away.

Live, Baest has a reputation for being one of the most energetic death metal acts in Europe. When you write new material, do you think first about how it will work on stage? Do you rework songs in rehearsal to make them more effective live?

We’ve actually tried bringing unreleased songs on stage to test them. We read somewhere that Carcass played all of Heartwork live before recording, and we wanted to try the same approach. It’s fun to see what fans think, especially if we’re in doubt about how to finish a song.

Death metal carries a grim image, and Baest’s imagery and lyrics could feel that way for the uninitiated. Add in growled vocals that newcomers often don’t understand. But Baest also embraces humor and a “let’s have fun” attitude alongside the brutality. Do you ever have to justify that contradiction to people inside or outside the scene?

Yes, often. But when we play for uninitiated audiences — mostly in Denmark, where we draw new fans looking for a different live experience — they understand the fun and tongue-in-cheek side. The lyrics and imagery stay brutal; it’s a dogma of the genre, and something we’ve loved for years. Still, we do evolve and try to branch out in the lyrics.

It’s great that you’ve kept the same lineup for ten years. How do you keep the chemistry alive and prevent burnout? Do you all live close by and hang out outside of recording and touring?

We’ve become a big family and really try to take care of each other. Things have to make sense for our families too, since group dynamics depend on home situations. We have so much fun on the road and on stage. The relationship between us as brothers and creative partners is stronger than ever. We rehearse every Monday morning, and we still enjoy hanging out — often with wives and kids, bringing the whole family together.

Are you able to live from your music, or do you still need to keep professional activities alongside the band?

We all keep professional activities and haven’t been fired yet — luckily. Touring is heavy, but we still enjoy it. Of course, it’s a dream to live solely off the music one day.

You often mention your love for classic rock and heavy metal. What unexpected non-metal artists or albums have inspired Baest lately? Could you list some bands that shaped your musical journey?

We’ve been very inspired by players like Eric Johnson and Gary Moore. Rush is a big inspiration too, alongside a lot of country acts, which bring different melodic approaches. We just really enjoy music in all its forms.

Finally, if you had to pick a few Baest songs — old or new — as the ultimate introduction for someone who has never heard death metal before, which would you choose and why?

« Meathook Massacre, » « Colossus, » and, for the broadness of the sound, « Depraved World. » These songs have all you need to know: blast beats, tremolo picking, guttural vocals, and a ton of heavy groove.

And last but not least, I’m actually based in Bangkok, Thailand. Have you ever toured South-East Asia? Would you be interested?

We’ve never toured Asia, but we’d love to. Hook us up!

Merci à Baest pour leur disponibilité. Leur nouvel album Colossus est sorti en 2025 chez Century Media et confirme la vitalité de la scène death metal danoise.

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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