Nous n’avions encore jamais chroniqué un album de King Gizzard & the Lizard Wizard. Et pourtant, le groupe psychédélique australien en est déjà à son… 27ᵉ album depuis 2012. Oui, vingt-sept albums en treize ans ! Et ce n’est pas comme si la majorité de ces disques étaient bâclés : ils ont une ribambelle de très bons albums à leur actif.
J’ai personnellement découvert le groupe lors de leur année marathon, en 2017, quand ils avaient annoncé vouloir sortir cinq albums dans l’année – et l’ont effectivement fait. Cinq disques complets, variés, avec chacun une identité propre. Parmi eux, Sketches of Brunswick East reste mon favori : leur œuvre la plus jazz, inspirée par le Sketches of Spain de Miles Davis. Un album assez différent du reste de leur discographie mais que je recommande chaudement, une sorte de long jam psyché jazzy.
C’est d’ailleurs l’une des forces de King Gizzard : on ne sait jamais sur quel terrain on va les retrouver. Leur son de base est profondément ancré dans les années 60/70 – psychédélisme, rock progressif, blues/boogie, garage, surf, hard rock, jam et improvisations à foison. On y croise autant l’esprit de Frank Zappa, David Bowie, Pink Floyd ou Camel que des clins d’œil aux Allman Brothers ou ZZ Top. Mais au fil de leurs albums, ils se sont autorisés toutes les digressions : du proto-thrash (Infest the Rats’ Nest, top) au rock électro-synthéttiseur (The Silver Cord en 2023, plutôt moyen), en passant par des expérimentations microtonales avec des guitares spécialement construites pour (Flying Microtonal Banana, un immanquable du groupe).
Avec Phantom Island, le groupe revient à une formule plus “classique” : un rock 70s aux accents southern, bluesy et jazzy. La particularité de ce disque ? Ils s’offrent les services d’un orchestre : cordes, vents, une dizaine de musiciens additionnels, un chef d’orchestre et un arrangeur pour donner une ampleur nouvelle aux morceaux. Pas question pour autant de proposer de la “musique classique” (enfin on pouvait s’attendre à tout avec eux) : cela reste du rock à l’ancienne, ici assez enjoué, avec des touches funky ou jazzy.
L’intégration de l’orchestre est intéressante mais elle n’est pas toujours parfaite. Sur certains titres, les arrangements rappellent le jazz vocal des années 40 et ça fonctionne très bien ; sur d’autres, quand la base est plus rock ou funky, l’apport symphonique sonne un peu forcé. Mais dans l’ensemble, l’album reste réussi. Accessible, entraînant, avec quelques morceaux qui sortent clairement du lot : je sélectionnerais l’excellent titre éponyme “Phantom Island” et le guilleret “Grow Wings and Fly”.
Pas leur meilleur disque, mais encore une belle réussite qui démontre une fois de plus la capacité de King Gizzard à surprendre, même après 27 albums.
A noter que le groupe a mis tous ces albums en « name your price » sur Bandcamp cette semaine et leurs 27 albums occupent les 27 premières places des albums les plus « achetés » de la plateforme!

King Gizzard and the Lizard Wizard
Nico
il y a 1 anTellement de choses à dire sur King Gizzard, tellement de facettes différentes pour ce groupe. De mon côté je reste sur les albums aux guitares microtonales, c’est là qu’ils ont vraiment proposé quelque chose d’original. Tout le reste fait un peu redite des 60s, certes en bien foutu.
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