Red Rot – Borders of Mania
Chronique Tech Death Expérimental

Red Rot – Borders of Mania

Louiz' Mich'
Louiz' Mich'
Auteur
4 novembre 2025
il y a 10 mois
12,524 vues
Année de sortie
2024
Note
Une fusion de death et black metal par le gratteux tête pensante d’Ephel Duath, caractérisé par des sonorités massives et claires, des morceaux courts et compacts, ainsi qu'une atmosphère inspirée des années 90, mais en intégrant des éléments dissonants et une voix expressive.
Red Rot – Borders of Mania

Enfin. Enfin !

Gros fan de Davide Tiso, le gratteux tête pensante d’Ephel Duath dont l’album The Painter’s Palette  est pour moi avec le recul, la plus grosse baffe du 21ème siècle ou quasi en matière de zik extrême, je le voyais depuis la fin du groupe s’enterrer dans des projets sympas mais pas fous, avec quelques soubresauts deci-delà (le premier Howling Sycamore par exemple). Bref, je jetais un œil de loin désormais… Je ne sais plus comment cet album m’est tombé dans les oreilles, mais la première mesure m’a de suite convaincu d’aller jusqu’au bout du disque. 

Déjà, le son est ultra massif mais très clair. La cohérence sonore entre guitare et basse est parfaite, et derrière bourrine une batterie très tribale, aux sonorités typées 90s, ce qui semble être une ligne de conduite esthétique globale pour ce projet. En effet, les ambiances développées puent le death du début des 90s, avec des passages à couper au couteau comme le proposaient les Morbid Angel et consorts, où certes le black n’était pas encore né aux oreilles du public, mais où les atmosphères proposaient déjà une lecture qui allait chercher dans l’obscur. Un album à ambiance donc, délaissant le riffing sauvage et ultra technique du death actuel pour quelque chose de lourd (toujours sur 7 cordes le père Tiso), et surtout une quasi omniprésence d’arpèges dissonants (ce qui est de toute éternité l’un des toc du guitariste) qui rajoutent une couche dans le haut du spectre et qui matérialisent à eux seuls l’ambiance black. Car oui, en fait il s’agit d’un album de death/black littéralement. Pas plus l’un que l’autre, mais pas l’un sans l’autre non plus.

Structurellement parlant, les morceaux sont courts. Le plus long atteint les 4 minutes 30, mais ils ne sont que 2 à dépasser 4 minutes sur les 15 proposés. Le reste c’est entre 2 et 3’30. Concision, maître-mot ! Il s’agit d’aller à l’essentiel, point de solo, point d’esbrouffe, on va droit au but. Ce qui donne des morceaux compacts, tendus, terriblement efficaces. Au milieu du disque le seul titre lent, Overlord, en arpège et mélodie magnifiques comme une respiration mais qui, paradoxalement, propose l’un des rares passage en blast du disque (ils se comptent sur les phalanges d’un majeur en tout) et une ambiance froide comme savent le faire si bien Valborg.

Le chant est porté (voire sur-porté parfois, mais bon c’est un Italien, il est expressif!) par Luciano Larusso George. Tiens tiens…. Le complice d’Ephel Duath est revenu ! Il propose plusieurs types de chant, entre clair et hurlé façon core plus que façon growl, ce qui ajoute à le tension des morceaux. Le jeu voix claires / saturées m’a fait parfois penser au regretté duo de Scarve. Chant présent (voire très), à peine trop devant dans le mix pour moi, mais qui arrive à coller très près des ambiances posées, et c’est ce qu’on demande.

Difficile de ressortir un ou plusieurs titres tellement l’ensemble est cohérent. Pour se faire une idée du disque, on peut aller écouter par exemple « False memory » ou Self harm scars », ou encore le liminaire « Compulsive delusion ». Par contre les 2 derniers morceaux du disque partent sur des ambiances plus electro, les deux titres les plus anecdotiques et sortant de l’ambiance générale. Peut-être une orientation future ? A priori je suis moins fan, ils dénotent un peu dans la masse en fusion qui est desservie sur les 13 titres précédents. A noter que Borders of Mania est le deuxième album du groupe. Le premier, Mal de Vivre, est aussi de très bonne facture et un tantinet plus porté sur le black.

Au final, malgré la petite réserve sur les 2 derniers morceaux, on se trouve en face d’un super album doublé d’un packaging magnifique, ça fait partie de l’ensemble. Continue comme ça Davide !

1. Compulsive Delusion
2. Agony Untold
3. False Memory
4. Homo Sapiens Imago Dei
5. Messianic Alteration
6. Inner Voice
7. Overlord
8. Not in Control
9. Cranioscopy
10. Endless Ravine
11. Vindication
12. Self Harm Scars
13. Misericordie
14. Sun
15. Affliction and Relief

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