On Thorns I Lay – Egocentric

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Style: gothic metal atmosphériqueAnnee de sortie: 2004Label: Black Lotus

Avec ce sixième album, On Thorns I Lay est parvenu à ce que l’on devrait considérer comme le plus abouti de leur carrière. Finies les productions maison, ils ont cette fois fait appel à Fredrik Nordstorm avec mixage au studio Fredman et tout le tralala et incontestablement, à ce niveau, le résultat s’entend: bonne production qui sert parfaitement les compositions sans les aseptiser et un son puissant.
Mais voilà, « Egocentric » confirme le tournant opéré avec « Angeldust » , à savoir un chant désormais presque exclusivement masculin, des cordes frottées et des claviers beaucoup moins présents et un style qui se rapproche de façon de plus en plus flagrante de Paradise Lost et surtout Katatonia, en plus atmosphérique. Même si on fait pire comme comparaisons, on peut notamment regretter la saveur particulière qu’apportait la voix de leur ancienne chanteuse Claudia, en particulier sur les passages où le chant clair frôle le FM (couplets de « Unsung Songs »).
Cette petite réserve faite, soyons juste: si les rares voix féminines présentes s’apparentent souvent plus à des susurrements qu’à du chant, leur utilisation est si judicieuse et subtile qu’elles suffisent à enrichir de façon significative les compositions (ainsi sur « Poster on a Wall » où elles s’insinuent tout en délicatesse dans un passage en apesanteur précédant les accords finaux avec lesquels elles forment une transition parfaite) et on retrouve malgré tout ici tout ce qui fait le style On Thorns I Lay: alternance de passages très doux et mid tempo et volées de guitares résolumment metal, sens parfait de la mélodie qui ne vous lâche plus, chant clair…
Les thématiques ne changent guère (ce n’est pas moi qui m’en plaindrais): fidèle en cela à son habitude comme à celle du genre, O.T.I.L. traîne toujours son lot de douleur, de perte, d’amours déçues et de peur, une éternelle tristesse qui semble cependant transcendée par une foi (chrétienne) exprimée de façon si récurrente qu’il serait difficile de passer à côté (tout ce petit monde remercie d’ailleurs bien sagement Dieu à la fin ; au moins, on est sûr que ceux-là n’iront pas brûler des églises…). Cet élément explique sans doute que chacun de leurs morceaux, tout en étant empreint d’une profonde mélancolie, n’est jamais à proprement parler dépressif.

Mis à part « Gallant Nights », composition tout en simplicité portée par une guitare épurée et un chant sans effusion, douce du début à la fin, et l’avant-dernier morceau instrumental, tous les titres révèlent des structures assez travailllées jouant sur les contrastes et la progression (accélération du rythme, montée en agressivité du chant et des guitares) pour offrir un gothic/atmospheric metal puissant et varié. « Poster on a Wall » et « Unsung Songs » en sont de bons exemples et surtout « Lack in Resorts », plus rapide, avec de petites ruptures de rythme et ses riffs lourds à souhait entrecoupés d’une voix claire et mélodique.

Une (très) légère déception: « Afraid to Believe » et sa tentative de vocaux agressifs et de parties de guitare dans un douteux style neo-metal (bien que, il faut l’avouer, l’insertion de la voix brutale et son équilibre avec la voix claire soient plutôt réussis).

L’instrumental « Dawn of Loss » vient mettre un terme au côté metal en un peu moins de 4 minutes laissant une place prépondérante aux cordes pour s’intensifier progressivement
et annoncer le cataclysme émotionnel final qui nous achève littéralement: « Quotation for Listening », morceau le plus long de l’album avec ses 6 minutes 46, montée lente et froide, dialogue de solitudes avec voix féminine et masculine parlées puis chantées, égrènement d’accords arpégés qui semblent s’élever en même temps que couler, et nous avec, accompagnés dans leur progression par une rythmique métronomique appuyée puis un chant masculin répétitif, dont le timbre rappelle étrangement les intonations glacées d’un Dave Gahan, jusqu’à un fusionnement de guitares et une ultime envolée de voix féminine aussi céleste que douloureuse.

Légèrement supérieur au précédent, cet album est tout simplement excellent et peut à mon sens se mesurer au « Viva Emptiness » de Katatonia. En bref, un petit bijou qui devient très rapidement indélogable de la platine.

  1. life can be
  2. poster on a wall
  3. afraid to believe
  4. unsung songs
  5. lack in resorts
  6. gallant nights
  7. when i’m gone
  8. rampant of k-ism
  9. dawn of loss
  10. quotation for listening
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