Horse the Band + Crossing the Rubicon – 18 mai 2009 – Klub – Paris

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Annee de sortie: 2010

Début de soirée à 21h donc fin de concert minuit passé. Malgré une marche rapide vers le RER je suis arrivé à 1H30 du matin chez moi. Est-ce-que ce concert valait le coup d’être fatigué le lendemain pour aller travailler ? Bizarrement, oui.

D’abord parce que Crossing the Rubicon est un très bon groupe de scène. Musicalement le groupe ne m’inspire pas grand-chose. Les musiciens sont tous compétent dans l’interprétation de leur rock and roll aux touches hardcore et ont de quoi faire bouger n’importe quelle tête. La fosse s’animera même au cours de leur set au rythme des corps de quelques jeunes fans conquis et de quelques amis du groupe … semble t-il. Le groupe, son chanteur en particulier, n’a, en effet, pas beaucoup de considération pour le public. Tout pour la musique et dans l’énergie. On ne succombe pas au jeu des remerciements ici, le public on l’emmerde, on lui crache dessus, on lui rentre dedans. Les amis ont leur verse de la bière dans la bouche. Pourquoi ? Parce qu’ils sont corses ? On en saura pas plus mais on s’en fout. Crossing the Rubicon a de quoi enfoncer son nom dans l’esprit du public. A noter que le duo chanteur / guitariste ont une attitude scénique qui ne pourrait pas être plus en décalage. Le chanteur maudit le public tandis que le guitariste les remercie. Crossing the Rubicon a ceci de commun avec Quartier Rouge que leurs chanteurs sont trop possédés pendant les concerts pour interagir normalement avec le public et que le rôle de communicateur revient donc au guitariste. Très bon concert en tout cas.

Ensuite arrive Horse the Band et son joueur de triangle. Celui-ci interviendra entre deux et trois fois pendant le concert pour faire sonner son instrument et puis repartir. En voilà un qui n’aura pas payé cher sa place dans le bus de tournée. A moins que … La vie d’Horse the Band semble être faite de déception « sentimentale » et ceux-ci demanderont plusieurs fois s’il y a des filles dans la salle. De préférences des filles françaises! La seule américaine, une petite asiatique qui mosh, en sera grès d’un doigt baissé de la part du claviériste (un grand type avec une tête d’adolescent qui a grandi trop vite) à la recherche d’une française. Et avec un long tee-shirt si possible ! Il est donc probable que le joueur de triangle ne soit pas là que pour jouer de son instrument mais aussi pour tenir « compagnie » à nos cinq américains frustrés.

Bref, si Crossing the Rubicon est là pour le rock and roll, Horse the Band est surtout là pour la deconne. « We are Horse the band, we play songs », répète le chanteur a tous les concerts que j’ai vu d’eux (le troisième). Il faudrait peut-être lui rappeler que si on ne gardait que les chansons on aurait eu qu’un concert d’une demi-heure ce qui ne m’aurait pas fait loupé mon RER. Il faut donc que les échanges entre le groupe et le public soit à la hauteur pour mériter tant d’effort et une nuit aussi courte. Aucun regret de ce coté-là donc vous pouvez être sur que tout ce cirque vaut le déplacement. Que ce soit pour l’énergie, les chansons ou la répartie du chanteur devenu expert dans l’art de charrier toutes les personnes qui essayent de se moquer de lui, Horse the Band est un groupe qui prouve sa valeur sur les planches. N’oublions pas aussi les monologues du claviériste qui aimerait tant « être français, boire du vin et manger du fromage tout le temps » et le bassiste bourré qui joue et se ballade partout sauf sur scène. Il assure pourtant malgré tout. Seul le batteur et le guitariste sont un peu en dehors de tout cela et joue sans trop en rajouter. Le public participe de toute manière au foutoir et se bouscule dans la bonne humeur. Une heure de rire, de corps projettés les uns contre les autres et de réflexion graveleuse. Le groupe est content et le public aussi. D’ailleurs il parait qu’ils reviendront en septembre ou en octobre. Entre temps peut-être que le public parlera mieux anglais et saura leur dire autre chose que « We are gay » et « We rape girls ». Horse the Band, ils jouent des chansons mais ils font aussi bien plus que ça.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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