Horse The Band – A Natural Death

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Style: nintendocoreAnnee de sortie: 2007Label: Koch Records

Horse the Band, c’est en quelque sorte une personnalité de clown de cirque, loufoque et absurde au premier abord mais concentré sur son numéro, masquant un mal de vivre qui ressort sous les traits maquillés. Egalement assez bon musicien pour pouvoir faire sonner sa trompette en couacs grotesques. Et avec un humour geek à la con type nième degré et aucune peur du ridicule. Comme souvent avec les groupes de ce genre, le manque de sérieux apparent reste en 1er plan et le talent passe inaperçu. Tout serait donc dit si on ne voyait en Horse the Band qu’un groupe de metal délirant, une secousse de fun vite éparpillée, mais ce groupe a bien plus que ça à proposer, une musique atypique et vraiment personnelle. Même topo concernant la pochette pourrie, l’habit ne faisant pas le moine.

Lors de la sortie de leur 1er album, R borlax, le groupe américain est annoncé comme les tenants du « nintendocore », de par l’utilisation de claviers aux sons issus des premières consoles de jeu sur une interprétation toute personnelle du punk/hardcore, en fait un melting pot bigarré de rock barré, screamo et metal/hardcore, joué à leur sauce speedée et loufoque, en phase avec leur jeu de scène épileptique.
Ce nouvel album, A Natural Death, marque le passage du claviériste de sons de clavier 8bit à 16bit, wahou l’évolution, un vrai saut technologique, on a donc droit à une nouvelle série des sons de synthé bien cheap qui créent la spécificité du groupe. Le groupe ne se limite pour autant pas à cela car l’utilisation de claviers n’est qu’un élément parmi d’autre, ils s’insèrent finalement sans peine dans une composition bien équilibrée. Le groupe maîtrise de mieux en mieux son style et assure de plus en plus techniquement, servi par une rythmique solide et prolifique (le nouveau batteur est bien meilleur que celui présent sur l’EP Pizza), une guitare au son bien acéré et des lignes de basses volubiles très présentes.

Etant absolument fan des 2 premiers albums du groupe, j’ai immédiatement accroché à ce nouvel album qui reprend le style du groupe là où ils l’avaient laissé sur l’excellent The Mechanical Hand, proposant de nouvelles compos tout bonnement jouissives et imprévisibles, avec une panoplie de riffs metal bien bourrus parcourus par différents types de voix, grognements, hurlements, growls grind, chant clair pleureur, chant scandé, tout y passe. Pour le côté rigolade, le disco « Sex Raptor » qui promet de grands moments en concert et le débile « Kangarooster Meadows » se posent là, mais une autre facette du groupe se dévoile sur d’autres titres, quoiqu’on est toujours à la limite de l’ironie comme sur « Beach » et ses longs pleurs féminins un peu chiants. Comme les comiques dont on dit qu’ils sont souvent dépressifs hors scène, Horse the Band dévoilent rapidement une face sombre, un désespoir qui transparaît dès le titre de l’album, constatation de la mort comme seul fin possible, considération qui parsème les paroles.
Enfin tout ce cirque fataliste peut aussi être pris comme une bonne blague, une incitation à laisser de côté le sérieux, et ce qui compte à mon sens, c’est que le groupe s’en sort avec un album qui sait varier les styles, comprend un paquet de morceaux énergiques aux riffs bien sentis sur des rythmiques punk ou metal entrecoupés de quelques incartades, titres fun ou au contraires calmes et mélancoliques.

Accueilli sur Koch Records, ce nouvel album A Natural Death détonne dans ce label hétéroclite où ils sont le seul groupe metal, je ne suis donc pas sûr que ça soit le meilleur choix promo, même si le groupe continue à tourner avec les meilleurs groupes de la scène metal/hardcore du moment. En tous cas, après le moyen EP Pizza, Horse the Band reviennent avec un très bon album qui séduira sans peine les amateurs des premiers albums, quant à ceux qui ne connaissent pas direction le clip (« New York City ») pour au choix consternation ou révélation.

  1. hyperborea
  2. murder
  3. startling secret of super sapphire
  4. beach
  5. face of bear
  6. crickets
  7. new york city
  8. sex raptor
  9. broken trail
  10. red tornado
  11. treasure train
  12. his purple majesty
  13. kangarooster meadows
  14. rotting horse
  15. i think we are both suffering from the same crushing
  16. lif
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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4 Commentaires

  1. shadow says:

    C’est quoi ces nouvelles (?) appelation nintendobidul?…. Pas la premiere fois que j’en entends parler. Ca m’intrigue…

  2. Pierre says:

    c’est parce que t’as pas entendu parler de ce groupe et de leur « fameux » 1er album sorti il y a 2-3 ans…

  3. davetheslayers says:

    QUOIS!!!!ils ont sortie un nouvelle album je suis drolement en retard moi ;Pil me faut absolument lecouter mercie pour la chronique !

  4. ellestin says:

    je suis d’accord avec jonben, il y a quelque chose sous le vernis. Et c’est pas forcément tout sucre d’orge et petits anges arc en ciel…

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