2022 aura marqué le retour inespéré de formations qu’on croyait enterrées à jamais, et Gospel en fait partie. Leur unique album The Moon is a Dead World (2005), produit par Kurt Ballou, est depuis longtemps considéré comme une référence du screamo progressif (lire notre chronique à l’époque). En tout cas cet album continue à être pour moi une référence, un de ces premiers albums qui resteront on imaginait seuls et uniques d’un groupe explosant en vol après une seule oeuvre marquante.
Et Dix-sept ans plus tard, le groupe refait surface avec The Loser, à nouveau produit par Ballou, et prouve qu’il n’a rien perdu de sa singularité.
Toujours ancré dans un post-hardcore rageur et hystérique, Gospel pousse son approche vers des territoires plus progressifs encore, avec des claviers omniprésents et une complexité instrumentale qui impressionne. Les compositions se déploient dans des structures alambiquées, saturées d’énergie et de tension, entre éclats de math rock, fulgurances psychédéliques et passages purement furieux.
Le point qui divisera reste le chant : moins hurlé qu’à l’époque mais toujours râpeux, écorché, comme la voix d’un type en plein breakdown alcoolisé. Il confère à l’album une intensité nerveuse unique, mais pourra rebuter ceux qui espéraient un registre plus clair. Avec un autre chanteur, The Loser aurait sans doute frôlé l’exceptionnel ; en l’état, il demeure un disque marquant et singulier.
À noter : le groupe a aussi sorti en 2022 un morceau inédit de 21 minutes, enregistré il y a quinze ans (MVDM: The Magical Volume Vol. 1), à ne surtout pas manquer si vous avez aimé l’univers de Gospel.
https://gospel.bandcamp.com/album/mvdm
Gospel
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