Interview du groupe My Diligence – 1er juin 2024

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Annee de sortie: 2024Label: Listenable Records

C’est moins de 2 heures avant leur montée sur scène en ouverture de Dvne, que les 3 amis de My Diligence me reçoivent dans leur loge au Petit Bain : Cédric (chant/guitare) – au milieu sur la photo d’illustration de l’article, Gabriel (batterie) – à gauche sur la photo et François (guitare) – à droite sur la photo, se montrent tout à la fois chaleureux, sympathiques et volubiles, et c’est finalement une discussion à bâtons rompus qui a lieu en toute simplicité pour parler évidemment de leur nouvel album, l’excellent Death.Horses.Black., mais aussi notamment de chevaux, de vers stressés, et de leur signature sur le label français Listenable…

Merci de m’accorder un peu de votre temps. Je suis vous suis assidûment depuis votre deuxième album…

François : Ah ouais, depuis Sun Rose… le changement !

C’est précisément ce qui me semblait aussi, c’est d’ailleurs une question que je voulais vous poser : est-ce que vous continuez à présenter votre premier album (NDKrakou : l’album éponyme sorti en 2015, et dont le registre plus rock/garage est assez différent de ce vers quoi le groupe évoluera par la suite…) comme votre premier album, ou vous auriez plutôt tendance à l’oublier volontairement pour parler de Sun Rose (paru en 2018) comme de votre « vrai » premier disque ?

Gabriel : C’est vrai que ce premier album est différent de l’orientation qu’on a pris après, après de là à dire qu’on essaye de l’oublier… Le line-up était différent, mais c’est vrai que par exemple ce soir on ne le vend pas… On considère en effet que le renouveau du groupe est arrivé avec Sun Rose, même au niveau de l’artwork d’ailleurs, on a vraiment trouvé notre identité à partir de cet album.

François : On va dire qu’il y a le premier EP et le premier album d’un côté, et la suite. On les rejette pas du tout, mais ça montre notre envie d’aller complètement ailleurs.

Jusque dans les artworks en effet…

François : on a eu l’opportunité de bosser avec l’artiste qui a fait la pochette…

Gabriel : Elzo Durt, le fondateur du label Teenage Menopause. Il fait aussi les artworks de Thee Oh Sees

Cédric : Laurent Garnier aussi, il a un registre très varié…

Gabriel : Stéphane Eicher aussi, le truc un peu psyché là (NDKrakou : a priori il évoque l’affiche de présentation de la tournée 2015 de Stéphane Eicher, intitulée Stéphane Eicher Und Die Automaten)… Et sinon il fait tous les live de King Lizzard.

OK, il a de quoi faire avec King Lizzard vue la productivité des gars !

Gabriel : ouais d’ailleurs il dit d’ailleurs que c’est horrible car il doit pondre 24 artworks en très peu de temps et c’est un casse-tête mental….

Heureusement pour lui, vous êtes un peu moins productifs que King Lizzard !

Gabriel : (rires)

Je ne suis pas sûr qu’il faille tenter de rivaliser avec eux d’ailleurs car ils sont un peu difficiles à suivre, même pour les auditeurs…

François : Tu m’étonnes, et puis tu ne sais jamais à quoi t’attendre avec eux, ils changent de style tout le temps… J’aime beaucoup les disques les plus métal, moins le reste d’ailleurs.

Nous sommes brièvement interrompus pour que l’agent du groupe leur demande à quelle heure ils veulent manger

(j’en profite pour essayer de reprendre un peu le fil de mes questions préparées) on se fait un petit topo de présentation de votre groupe pour ceux qui ne connaîtraient pas ?

Gabriel : Comment nous décrire… On est un trio… Un power trio même.

Power trio ?

Gabriel : Ouais on est 3 quoi, et on n’a pas de bassiste (rires). J’aime bien le côté Power Trio, la trinité, le côté sacré.

Cédric : on est parti du stoner, pour aller vers le post metal psyché.

François : ouais post metal psyché, et la particularité de notre groupe c’est qu’on est deux guitaristes, sans bassiste, avec 4 amplis avec des sons de basse avec lesquels on joue en utilisant des octaveurs qui remplacent les basses fréquences d’une basse, et du coup les basses sont exactement les mêmes que les guitares. Ca fait une espèce de mur de son, que notre ingénieur du son retranscrit très bien en live, du coup c’est très bas dans les notes aussi, et très lourd, parce que t’as 2 basses à la place d’une seule…

C’est ce qui fait la particularité de votre son, et qui le rend d’ailleurs immédiatement reconnaissable, ce qui est plutôt sympa…

Gabriel : c’est le fait d’avoir beaucoup bossé avec Francis sur les deux derniers…

Francis Caste c’est ça ?

Gabriel : Francis Caste oui, qui a su trouver l’essence même du groupe et le son en particulier, ce côté un peu froid, reverb, très éthéré…

Cédric : la couleur aussi…

Gabriel : la couleur oui, c’est aussi une volonté de notre part, parce qu’on aime beaucoup ce qu’il fait, son travail avec Hangman’s Chair, Regarde les Hommes Tomber

Cédric : on savait plus ou moins où on voulait aller, et il nous a aidé à y arriver…

Sur les trois chroniques que j’ai écrites de votre disque, je mentionne à chaque fois le nom de Torche, car je pense toujours à ce groupe en vous écoutant… Je ne sais pas si c’est pertinent pour vous ?

Cédric : c’est une influence…

Gabriel : pour moi ça été une énorme découverte (Cédric et François connaissaient déjà), quand j’ai été invité au Desert Fest à Anvers, et j’ai pris une claque : comment peut-on avoir un son si lourd avec un côté si pop, très ouvert, solaire, et tout en balançant du gros son. A cette époque on se remettait en question et j’ai proposé qu’on aille dans cette direction-là sans pour autant copier bien sûr…

François : et revenir aussi à nos débuts à nous avec Cédric, très sludge, hardcore aussi… A un moment on s’est dit « bon le rock c’est cool, mais on s’emmerde un peu ». On aime beaucoup le côté solaire, et le contraste est hyper chouette je trouve entre les instru qui sont hyper lourdes, hyper mineures, et le chant qui amène une mélodie plutôt positive.

Du coup aujourd’hui vous vous décrivez comme du post-metal psyché maintenant ?

Cédric : en fait c’est surtout ce qu’on lit dans les chroniques à notre propos

François : et on répète ce qu’on lit dans les chroniques (rires).

Gabriel : donc psych post-metal ouais, ce qui est… beau quelque part ! Parce que moi j’adore le psychédélisme même des années 60 et 70, même si c’est évidemment assez différent mais il y a aussi ce côté très delay, transe… et puis tout ce qui est post en ce moment c’est bien, donc…

François :  on est un peu dans la mode du post… metal…

Et ce soir justement c’est très post metal…

Gabriel : oui, avec Dvne carrément. On est vraiment content de cette tournée, qui se passe bien, c’est complet tous les soirs, on dort pas par terre, nos agents s’occupent bien de nous…

Cédric : le rapport avec Dvne est top aussi, il y a vraiment une très bonne entente, dès le premier jour, tout s’est passé simplement, très amicalement. C’est super chouette de découvrir des gens, et en plus dans Dvne il y a plusieurs origines…

Ecossaise et française du coup oui…

Gabriel : c’était pas évident parce que quand on est arrivé, ils étaient déjà en tournée, on se demande toujours comment ça va se passer dans ce genre de cas…

François : on s’était déjà rencontré, à Liège, on n’avait pas eu beaucoup de temps pour faire connaissance, juste le temps de boire quelques bières ensemble…

Gabriel : alors que là il y a une vraie connexion qui s’est faite, un vrai team spirit aussi. Au début notre merch guy n’était pas là, Ali le père du batteur nous aidait en mode « on est une équipe ». Il y a cet esprit de camaraderie qui est très important…

Cédric : parce que si t’as pas ça, ça peut vite devenir pesant…

François : ça peut même devenir pesant au sein du groupe ! Il suffit que tu fasses un concert où il n’y a pas grand monde et le moindre petit truc, ça pète. On finit toujours pas se prendre dans les bras mais bon ! (rire). Quand tu vois que ça va être sympa comme ça sur toute la tournée ça amène une certaine sérénité.

Gabriel : ça enlève la pression, et on se donne encore plus à 200%. C’est hyper agréable et transcendant même… Et puis on a la chance de présenter notre nouvel album qui est tout juste sorti… hier en fait ! En cours de tournée on a reçu les disques, ce qui est cool, parce que quand on ne les avait pas les gens nous disaient : « on a tous vos disques mais on aimerait acheter le nouveau ». Et puis d’être sur un nouveau label, ça change aussi beaucoup de chose, on voit qu’il y a plus d’attention sur nous. On voit les streams qui montent, c’est hyper agréable. On arrête ce soir, la semaine prochaine on se retrouve en Pologne, mais on aurait aimé continuer une semaine comme ça, ça nous aurait pas dérangé. On atteint un niveau un peu plus pro, les cachets tout ça… On peut pas en vivre, mais y a une opportunité quand même, au moins de tourner dans des meilleures conditions.

Cédric : ça donne envie de continuer et de faire encore mieux, ça peut jamais être parfait mais on peut essayer de faire mieux…

Ca fait partie des choses qui ont changé du fait du passage de Mottown Soundz à Listenable, c’est ça ?

Gabriel : il y a la notoriété, plus de moyens aussi…

François : ils sont plus regardés, dès qu’ils sortent quelque chose… Forcément chez Mottown, y avait pas des fans du label, qui écoutent tout ce qui sort chez eux… Juste la chaîne Youtube de Listenable c’est 25-30000 followers je crois… Dès qu’on sort un clip, il sort sur la chaîne et pour le dernier on a explosé les scores du précédent. Et puis il y a une équipe de presse, c’est plusieurs personnes qui sont salariées, tu envoies un mail on te répond dans la seconde. On a des trucs presse faits par eux, qui sont super bien faits, avant c’était nous qui faisions tout… C’est moi qui écrivais les bios et tout mais bon… c’est pas mon boulot quoi…

Gabriel : on peut se concentrer sur notre musique, moi je me concentre sur le fait de jouer la batterie, et je ne dois plus m’occuper d’autre chose. On s’occupe quand même de nos réseaux sociaux parce qu’on trouve que c’est super important de pouvoir être proche des gens qui nous écoutent, nos …. Fans (rires). Tous les mots qu’on nous envoie c’est très agréable en plus. On est assez connecté, conscient et réactifs par rapport à notre projet. Le fait que Listenable soit venu nous voir, on a saisi l’opportunité et on est content de pouvoir évoluer.

François : on a commencé à 4 en 2015

Et très vite vous vous êtes retrouvés à 3…

François : on était à 4 et on devait partir en tournée en Suisse une semaine après, on se dispute avec l’ancien bassiste…

Gabriel : enfin il se dispute avec nous surtout !

François : ouais il se dispute avec nous plutôt (rires) et on décide en une soirée d’adopter le système à 2 amplis, mais sans avoir vraiment essayé. Mais il y a des dates qui commencent dans 5 jours donc impossible de tout transférer… et heureusement on a un pote bassiste en Suisse, qui nous dit « c’est bon j’écoute les morceaux et je connaîtrai les morceaux quand vous arriverez ». Il nous a dépanné pour la tournée. Et après on a commencé à faire des nouvelles compos avec le nouveau système, et avec plus de liberté aussi.

Et si tu ne criais pas à vos débuts Cédric, c’était pour quelle raison ?

Cédric : A nos débuts en 2015, c’était la mode du garage, mais à la base François et moi on vient du hardcore. Du coup le fait de remettre des « screams » dans nos compos, ça nous a paru un juste retour, ça permet de contrebalancer le chant joyeux, ça fait un paradoxe quelque part.

Gabriel : c’était un peu l’époque du stoner, ils avaient envie d’autre chose, au départ, et moi quand j’ai rejoint le groupe, j’étais pas du tout amateur de ce genre de musique, du coup je savais même pas que Cédric savait gueuler comme ça.

Tu écoutais quoi à l’époque ?

Gabriel : j’ai toujours été très rock, hip-hop, jazz, voire même bossa nova, des musiques à l’opposé des musiques lourdes, du hardcore, pour moi le hardcore c’était surtout une musique qui venait de New-York sur laquelle les gens se battaient…

Cédric : c’est peut-être aussi pour ça que son jeu de batterie n’est pas un jeu classique metal ou hardcore, sans double pédale par exemple, et c’est ça aussi qui donne une touche et une couleur différentes.

Gabriel : Un truc qui m’avait assez marqué, c’est quand j’ai découvert que Thomas Hedlund, le batteur de Cult of Luna, qui est un de mes batteurs préférés, jouait aussi avec Phoenix (ND Krakou : il a été leur batteur de tournée en effet). Ça m’a ouvert l’esprit, et ça a ouvert la voie pour moi vers les musiques plus lourdes et le mélange possible des deux.

Vous êtes tous fans de Cult of Luna ?

A l’unisson : oui !

François : pour ma part je connaissais déjà avant mais Somewhere Along the Highway m’a marqué, car c’est avec cet album que je m’endormais tous les soirs pendant un moment. J’ai pas tout suivi dans leurs sorties, mais celui avec Julie Christmas aussi, je l’ai trouvé fantastique. Quand je me suis remis à écouter, ça a coïncidé avec notre envie de durcir le ton dans My Diligence en fait.

Parlons un peu de votre nouvel album, Death. Horses. Black. Pourquoi ce titre déjà (sachant que les trois premiers morceaux s’appellent « Death », « Horses » et « Black ») ?

Gabriel : ma nouvelle compagne est très branchée chevaux, et j’ai découvert une vraie passion pour ces animaux qui sont gentils, majestueux, d’une grande beauté et à chaque fois qu’ils respirent dans mes oreilles ça me procure des sensations épidermiques… Et un jour je suis venu en répét’ et sur un morceau sur lequel on bossait, la rythmique me faisait penser à une cavalcade. On en a parlé entre nous, et puis comme on sait bien que nos devices, nos téléphones nous écoutent, j’ai aussi commencé à recevoir plein d’images de chevaux dans mes feeds et un jour je suis tombé sur une image assez incroyable. Les Chevaux du Lac Ladoga : en Russie pendant la 2nde guerre mondiale, il y a eu une retraite des soldats allemands, et ils pensaient que le lac n’était pas complètement gelé et suffisamment liquide pour le traverser et ils se sont retrouvés coincés dedans et les chevaux ont été piégés par la glace

Cédric : il y a une photo qui les montre, figés, morts…

Gabriel : c’est ce que nous avons voulu représenter et qui figure d’ailleurs à l’intérieur du digipack… (s’adressant à François) c’est ça hein ?

François : oui sur le disque lui-même (ND Krakou : c’est effectivement le motif que l’on retrouve sur le CD lui-même avec deux chevaux pris dans la glace)

Gabriel : et donc Death, Horses, Black, ce sont trois mots qui mis ensemble et dans cet ordre ne veulent rien dire. Parce que Horses of Black Death ou un truc dans le genre ça aurait été trop facile en fait…

Très cliché même…

Gabriel : oui clairement. Et en discutant avec ma femme qui est américaine, elle nous a suggéré de tourner les mots comme ça, plus en mode conceptuel…

François : 3 mots, 3 idées, 3 concepts.

Cédric : les titres des chansons sont d’ailleurs venus après avoir décidé du titre de l’album.

François : on compose toujours toute la musique avant de poser les mots dessus de toute façon. On commence par chanter des yaourts en préprod, avant que Cédric s’attaque aux lyrics. Du coup on s’est dit « celle-là ce sera « Death », Cédric à toi de trouver les mots qui vont avec ».

Cédric : ça me donne une idée et je pars de là pour trouver des mots. Par exemple « Black » ça parle d’insomnie, et pas du tout du côté « black death », mais plutôt black comme la nuit et ne pas dormir alors qu’il fait nuit, un truc dans le genre.

Puisqu’on parle de ton chant, il y a un côté shoegaze non ? Est-ce que c’est quelque chose qu’on t’a déjà dit ?

Cédric : on me l’a déjà dit oui. C’est le chant qui me vient naturellement, y a des effets avec les pédales et tout. Rien à voir avec une envie de faire du shoegaze, même si j’ai probablement été influencé par ce que j’écoutais quand j’étais jeune, puisque j’écoutais principalement du grunge, et on peut voir le shoegaze comme un dérivé de ce genre. Ça se rapproche donc du shoegaze qui revient un peu sur le devant de la scène mais ce n’est pas conscient.

Gabriel : on en revient toujours au fait que les journalistes décident finalement de la façon dont ils veulent nous catégoriser au final !

Pour en revenir à l’album il me semble que vous y partez encore davantage vers le post-metal, c’était une démarche consciente au final ?

Gabriel : en fait en rentrant en studio avec Francis, on ne savait pas encore vraiment si l’album allait sonner plus dark ou plus pop. On s’est rendu compte en travaillant avec lui et avec son aide, qu’il partait vers du plus sombre.

Cédric : et puis on a composé aussi plus spontanément, de façon moins réfléchie,

François : on faisait vraiment des sessions dédiées , genre 5 ou 6 pendant 2 semaines quand on savait qu’on ne devait pas répéter le set, certains morceaux sont venus très vite en tout cas la structure globale, par exemple pour « Death », « Horses » et « Black », c’est venu en 2 semaines je crois. Et pour te dire 2 jours avant qu’on commence à enregistrer ce nouveau disque, on était encore à Nantes en train de jouer les anciens morceaux sur scène. Tu prends ton cerveau tu le déposes et tu prends le nouveau… ! (Rires)

Cédric : juste après le concert, eux ils commençaient à enregistrer et moi j’attaquais les textes.

Gabriel : il y a aussi le côté un peu plus sombre et lourd dans les paroles qui joue…

L’insomnie et quoi d’autre au niveau thématiques du coup ?

Cédric : la pendaison pour la libre expression, le sacrifice des animaux en temps de guerre… (rires) « Allodiplogaster Sudhausi » c’est le nom d’un ver qui mange les individus qui se trouvent autour de lui quand il est stressé (plus d’infos : Étonnant : cet animal mange ses amis et sa famille lorsqu’il est stressé ! – Ça m’intéresse (caminteresse.fr)). La destruction à cause du stress !

Et ça c’est votre morceau le plus long jamais écrit…

François : on avait fait déjà assez long sur « Elasmotherium », le dernier morceau de The Matter, Form and Power, et on s’est dit qu’on allait pousser encore un cran plus loin, on s’est dit qu’on allait faire 10 minutes mais qu’on se fasse pas chier.

Gabriel : au début le morceau faisait 11min30 et puis on a coupé un peu quand même au final (ND Krakou : et le morceau fait 10min37 au final).

Et c’est aussi ce morceau qui marque un peu la césure sur l’album…

Cédric : après c’est un peu « retour aux sources » en effet.

Gabriel : c’est aussi une volonté de faire un album varié, en variant les tempos, les styles. On reste dans notre moule « My Diligence » quand même bien sûr. J’ai toujours le souvenir que quand j’étais gamin on mettait un album et on l’écoutait en entier. The Colour of Spring de Talk Talk est un bon exemple de ce qui est pour moi un album « presque parfait »… « parfait » en fait même… (rires)

François : on a essayé aussi de faire un peu plus « montagnes russes » dans les intentions et dans l’intensité. Là où Matter était très « droit dans ta gueule », là on est + « attends pose toi un instant parce que dans 20 secondes tu va te faire démonter les oreilles, repose-toi un peu avant » (rires). Ca permet aussi d’introduire des moments plus posés en concert et ça marche pas mal.

J’ai lu que vous étiez passé chez Listenable grâce à l’intervention de Jean-Michel (Labadie, le bassiste) de Gojira, c’est une histoire vraie ?

Cédric : oui pendant un concert dans les loges…

Gabriel : il nous suivait depuis longtemps, et on voulait lui donner notre cd, et quand on l’a vu il nous a dit « je vous écoute en streaming tout le temps, mais vous voyez le gars là-bas ? Donnez-lui plutôt à lui ».

Et c’était le boss de Listenable.

Gabriel : oui, il nous a contacté un mois plus tard en nous disant « votre cd tourne en boucle, est-ce qu’on peut faire quelque chose ensemble ».

Vous aviez encore un engagement avec Mottow Soundz ?

Gabriel : on n’avait pas d’engagement ferme, mais tant qu’on était tous contents on continuait avec eux.

François : si Mottow Soundz avait voulu nous mettre des bâtons dans les roues ils auraient pu, mais ce sont des amis, et donc ça c’est fait amicalement.

Et la relation avec Gojira du coup ?

Gabriel : c’est surtout Jean-Michel qui nous écoute, des musiciens qui se respectent et écoutent la musique des autres, mais on n’ira pas jusqu’à dire qu’on est des amis.

Cédric : Jean-Michel a une fois partagé une de nos stories, Gab l’a contacté pour le remercier et ils ont échangé quelques mots à cette occasion.

Vous savez s’il a écouté votre nouvel album ?

Gabriel : je ne sais pas encore, j’imagine ! On voulait qu’il vienne nous voir à Grenoble mais il n’était pas dans le coin. Il a mis des petits cœurs (ND Krakou : sur les réseaux sociaux) donc j’imagine qu’il l’a écouté (rires)

Cédric : c’est super de voir que des gars comme ça sont capables de rester simples, gentils, accessibles tout en étant des stars mondiales.

Gabriel : ils gardent ce côté « pieds sur terre ».

Vous aimez aussi leur musique ?

Gabriel : oui, Magma est dans mon top 10.

François : l’album de la consécration non ?

Un album un peu controversé quand même, tout le monde n’a pas accueilli cet album avec enthousiasme. Pour ma part je les aime tous. From Mars to Sirius avait bien cartonné déjà.

François : on a découvert Gojira sur le tard c’est peut-être ça aussi.

Donc on attend de voir Jean-Michel Labadie invité à tenir la basse sur un prochain album de My Diligence ?

(rires)

Gabriel : Ce serait bien, ce serait marrant ! C’est vrai qu’on n’est pas encore tellement en mode « featuring des invités » pour l’instant. Peut-être à réfléchir pour le prochain album. Après si Jean-Michel nous le propose… (rires)

 

Un grand merci à Gabriel, Cédric et François pour leur gentillesse et leur accueil, et à Steffie de Listenable !

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1177 articles sur Eklektik.

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