Paradise Slaves est un « supergroupe » fraîchement formé par des musiciens désormais proches de la cinquantaine qui replongent dans le metalcore. On y retrouve des membres de Diecast (un des pionniers du genre), le frère d’un membre de Killswitch Engage, mais surtout Brock Lindow, le chanteur emblématique de 36 Crazyfists. Et c’est clairement lui qui fait toute la différence : sa voix si particulière, intacte après 25 ans, ramène immédiatement à cette époque où le néo metal flirtait avec le metalcore.
36 Crazyfists c’était ce single de 2002 qui avait fait un carton, c’est devenu progressivement de moins en moins bien après.
Dans un style rabâché à l’infini, où des centaines de groupes se sont copiés, avoir un frontman qui sort vraiment du lot change tout. Et autant dire que la voix au vibrato émotif de Lindow, reconnaissable entre mille, reste le véritable atout de ce disque. La nostalgie joue à plein, mais ce n’est pas désagréable — même si, en parallèle, il est amusant de voir à quel point le chanteur est devenu un bucheron redneck, sans avoir perdu pour autant une once de ses capacités vocales.
L’album démarre pourtant de la pire des manières : « For Those Who Watch the Sea », avec ses synthés et son piano mièvres, ressemble à une intro ratée qui n’a rien à voir avec le reste du disque. Heureusement, ça enchaîne vite sur un gros breakdown, mais ce titre n’avait clairement pas sa place en ouverture. Par la suite, on trouve quelques morceaux plus solides, notamment les singles « Dreamers » et « Swim North », ce dernier avec la participation du hurleur d’Unearth, autre figure du metalcore.
Au final, aucune originalité à signaler : c’est du metalcore carré, efficace, avec des accroches en pagaille, des relents mélodiques qui rappellent presque le grunge, et une énergie communicative. Les musiciens semblent prendre plaisir à rejouer ce style, et ça se sent. Mais sans la présence et le timbre de Lindow, cet album serait passé complètement inaperçu. Dans son registre, il reste néanmoins une manière honnête d’offrir une seconde vie au chanteur de 36 Crazyfists et de combler un peu le manque laissé auprès de ses fans.
Paradise Slaves
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