Encore un album qui s’impose naturellement dans la liste des écoutes marquantes de l’année. Avec New Gods, New Masters, Revocation signe son neuvième opus et confirme qu’il reste une valeur sûre du death metal technique moderne. Le groupe mené par Dave Davidson retrouve ici un équilibre entre la brutalité thrash/death et une écriture plus structurée, moins démonstrative que par le passé, mais toujours aussi affûtée.
Ce disque marque une nouvelle étape dans la vie du groupe avec l’arrivée de nouveaux guitariste et bassiste, donc un un line-up frais mais franchement, ça ne change rien, c’est le groupe de Davidson qui d’ailleurs a géré une bonne partie de l’enregistrement avec Jens Bogren à la production, moderne et détaillée, qui met parfaitement en valeur la densité sonore sans étouffer la précision chirurgicale des riffs.
Sur le plan musical, New Gods, New Masters ratisse large tout en restant fidèle à la patte du groupe : riffs acérés, leads virtuoses et rythmiques syncopées s’enchaînent sans temps mort. On retrouve cette science du riff typiquement Davidsonienne sur “Sarcophagi of the Soul” et “Despiritualized”, tandis que le single “Cronenberged” — clin d’œil appuyé à l’univers organico-horrifique du réalisateur canadien — se distingue par sa tension malsaine et ses dissonances menaçantes.
L’album brille aussi par la qualité de ses collaborations : Travis Ryan (Cattle Decapitation) pousse un hurlement d’apocalypse sur “Confines of Infinity”, Luc Lemay (Gorguts) vient densifier “Buried Epoch” de sa gravité philosophique, et la présence du guitariste de jazz Gilad Hekselman sur “The All Seeing” apporte une respiration inattendue, presque contemplative. Une ouverture bienvenue dans un disque globalement implacable. Davidson étant par ailleurs en parallèle de Revocation guitariste de jazz, et c’est pas si surprenant.
Si New Gods, New Masters ne révolutionne pas la formule Revocation, il la raffine. Plus sombre, plus resserré, l’album explore des thématiques de dévotion et de désillusion — la substitution des anciens dieux par de nouvelles idoles technologiques — qui font écho à une époque en perte de repères. C’est sans doute leur album le plus cohérent et inspiré depuis Teratogenesis.
Un retour en forme solide donc, sans fausse note, mais sans non plus être exceptionnel. Reste à espérer qu’un jour, ils osent à nouveau s’aventurer vers des horizons plus progressifs — mais en attendant, difficile de bouder son plaisir.
Revocation
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