Cattle Decapitation – The Harvest Floor
Chronique Death Metal Progressif

Cattle Decapitation – The Harvest Floor

alchemist
alchemist
Auteur
18 février 2010
il y a 16 ans
7 commentaire s
2,437 vues
Année de sortie
2009
Note

A l’heure du repas. « – Papa ? – J’ai plus faim… – Allons… qu’est-ce que c’est que cette histoire, tu ne veux pas finir ton jarret ? – Nan, ça m’écoeure… les pauvres quand même… on est obligé de les manger ? – Roooh, grignotes-en encore un petit bout et tu pourras prendre du […]

Cattle Decapitation – The Harvest Floor

A l’heure du repas.

« – Papa ?
– J’ai plus faim…
– Allons… qu’est-ce que c’est que cette histoire, tu ne veux pas finir ton jarret ?
– Nan, ça m’écoeure… les pauvres quand même… on est obligé de les manger ?
– Roooh, grignotes-en encore un petit bout et tu pourras prendre du dessert…
– Oui mais est-ce qu’on est obligé de les manger ?
– Écoute, je me suis levé tôt ce matin, j’ai été les chercher, je les ai dépec…hum.. préparés moi-même… tu pourrais faire un effort…
– Mais là, c’est des petits !
– Et oui ! Raison de plus mon garçon ! Leur chair est plus tendre… Allez, donne moi ta gamelle, je vais finir… »

Le porc fit glisser vers lui l’écuelle encore fumante et y plongea le groin avec humeur. Vraiment Junior était trop sensible. Dans la famille on était éleveurs et anthropovores par tradition. L’exploitation fonctionnait bien d’ailleurs avec quelques produits phares : le velouté cérébro-spinal de chroniqueur musical par exemple. Avec l’été qui approchait, les commandes des fameuses chipolatas à base de supporter de foot massé à la Kronenbourg abonderaient, elles étaient si savoureuses. Enfin, il fallait commencer le gavage des enfants si l’on voulait que leurs petits foies soient bien gras pour les fêtes de fin d’année.

Le père en était à ces réflexions lorsqu’il s’aperçut que le petit avait filé. Encore à l’étable sans doute… Il n’aimait pas ça. Le gamin s’était étrangement attaché aux humains de la cage 26. La pire espèce qui soit, des musiciens qui faisaient partie d’un troupeau qu’il avait acquis récemment… Ils étaient nerveux et coriaces. Il n’y avait qu’à entendre les sons qui s’élevaient de leur cellule pour se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond. Mais il n’avait pas le choix, s’il ne les laissait pas s’exprimer, il serait encore plus difficile de rendre leur viande propre à la consommation.

Mais comment Junior supportait-il ce tintamarre ? Les cris qui sortaient de la gorge écorchée de celui qui hurlait étaient affreux. Des remugles gutturaux ou des mélodies suraigües parfaitement hystériques ! La « musique » n’était que fracas et violence. Et pourtant il avait surpris le petit qui s’extasiait auprès de ses frères : « Papa n’a rien compris… Bien sûr que leur musique est violente, mais pas seulement. Elle présente l’avantage d’être à la fois technique et assimilable. Ce chaos apparent est maitrisé. Il y a des jalons et des repères dans ce déluge de brutalité. Ils varient les ambiances avec par exemple des touches mélancoliques qui transparaissent sous une avalanche de riffs. J’ai entendu l’autre jour un interlude avec des claviers et une femelle qui chantait. C’était à la fois solennel et lancinant. Presque joli… Il y a aussi des passages épiques, malsains et même dérangeants. En les écoutant j’ai parfois l’impression d’embarquer dans un grand huit maladif et impitoyable. Mais je sais qu’au fond ils ne sont pas méchants. Sous les dehors abrasifs et teigneux de ces spécimens se cache une certaine sensibilité. Quand je sors de l’étable après les avoir écouté, je me sens étrangement apaisé. Je serai bien triste quand ils partiront pour l’usine.»

Et bien leur départ pour l’usine ne tarderait plus… Le père se redressa sur ses pattes arrières, s’empara de son large hachoir et s’apprêta à sortir. Il s’arrêta net sur le seuil et fit demi-tour. Il avait oublié son attendrisseur.

  1. the gardeners of eden
  2. a body farm
  3. we are horrible people
  4. tooth enamel & concrete
  5. the ripe beneath the rind
  6. the product alive
  7. in axetasy
  8. into the public bath
  9. the harvest floor
  10. regret & the grave

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

death metal progressif

Catégories

alchemist

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Chroniqueur inter mi-temps, amateur de chats, de Metal mélodique sous toutes ses formes, de fromages de caractère, de bons bouquins, de radios intelligibles... et de zombies.

99 articles publiés

7 commentaires

Krakoukass

il y a 16 ans

lol – tu m’as donné envie d’écouter ce disque tiens.

booboo29

il y a 16 ans

Très bon album pour ma part qui ne se limite pas qu’à du gros bourrinage en règle. Le seul bémol: le titre avec Jarboe totalement dispensable!!!

darkantisthene

il y a 16 ans

Clip ridicule (putain les mimiques du chanteur, c’est insupportable) ; la voix black est naze. Mais chapeau bas au cogneur.

alchy dans la colle

il y a 16 ans

@Booboo29 : c’est tout à fait ce qui m’a séduit chez Cattle, la variété d’ambiances ! J’suis vraiment pas amateur de brutal death, mais quand les mecs aèrent leur zique ça passe tout de suite mieux.
@Darky : sa voix hurlée m’éclate bien moi surtout dans les « mélodies » malsaines au possible, quant au batteur je serai curieux d’entendre le rendu en live…

ellestin

il y a 16 ans

le décalage entre le nom du groupe et l’eclectisme de la musique est limite dérangeant perso :o)

penumbra

il y a 16 ans

C’est le plus abordable de leur album, pis a mon avis le plus aboutie aussi. Après en live c’est assez démentiel merci… Le chanteur et littéralement possédé, et le batteur est juste impressionnant…

heddy

il y a 16 ans

album tres influencé She Said Destroy
sinon meme avis que alchy

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