Big Big Train – Woodcut
Chronique Rock Progressif

Big Big Train – Woodcut

jonben
jonben
Auteur
13 mars 2026
il y a 6 mois
23,686 vues
Année de sortie
2026
Note
Un album conceptuel de rock progressif symphonique et pastoral dans lequel Big Big Train déploie une fresque narrative inspirée des gravures d’Edvard Munch, mêlant énergie mélodique, arrangements choraux riches en instruments à vent et violon, atmosphères bucoliques et intensité émotionnelle.
Big Big Train – Woodcut

Groupe formé au tout début des années 90, Big Big Train fait partie pour moi de ces noms croisé depuis longtemps dès qu’on parle de Rock progressif, mais sans jamais vraiment m’y attarder. J’avais certes écouté quelques morceaux par-ci par-là mais je n’avais jamais totalement accroché à leur univers. Et puis arrive ce nouvel album Woodcut dont les premiers singles m’ont tout de suite accroché.

On parle ici d’un Prog Rock énergique, ample, richement arrangé, mais dénué de toute tentation réellement métallique, Big Big Train est considéré comme le plus grand représentant du Prog des années 90, justement dans une époque où le genre était devenu plutôt confidentiel, après la période faste des 70s puis 80s (Genesis, Yes). Ce sera avec la montée en puissance de Dream Theater que le genre reprendra, et la musique de Big Big Train glisse parfois vers l’emphase Heavy de ces derniers (un registre qui me parle moins personnellement), mais avec retenue et justesse, et dans un registre qu’on ne peut pas qualifier de Metal globalement.

Ce qui frappe surtout, c’est la qualité des mélodies. Certaines lignes vocales et la présence marquée du violon insufflent une coloration folk, presque traditionnelle par moments, renforçant ce côté pastoral typiquement britannique que le groupe cultive depuis sa “renaissance” de 2009 avec l’album The Underfall Yard qui est considéré comme leur grand retour. On comprend pourquoi ils sont souvent considérés comme les porte-étendards du renouveau prog anglais.

Je suis personnellement très fan du groupe norvégien Wobbler et on peut clairement les placer dans une scène commune, avec d’autres groupes nordiques comme Änglagård, Anekdoten ou Moon Safari.

Le contexte autour de ce disque donne également une profondeur particulière à l’écoute. Le groupe a subi le décès brutal de son chanteur David Longdon fin 2021, laissant la formation dans une position délicate.

Plutôt que de s’arrêter, le groupe a choisi de continuer en recrutant Alberto Bravin, ancien chanteur du groupe italien Premiata Forneria Marconi avec qui ils enregistrent The Likes Of Us il y a 2 ans, et ce Woodcut qui franchit clairement un cap.

C’est un album conceptuel assez long, avec 16 morceaux,.Woodcut s’inspire d’une visite à Oslo où Bravin et Greg Spawton ont été marqués par les gravures sur bois d’Edvard Munch (artiste surtout connu pour sa peinture « Le cri »). Le disque raconte l’histoire d’un artiste qui pénètre dans le monde qu’il grave, explorant les tensions entre beauté et obscurité, création et introspection. Les morceaux s’enchaînent sans interruption, formant une œuvre continue d’environ 66 minutes, pensée comme une suite en deux grands mouvements.

L’un des points forts majeurs réside dans le travail véritablement collectif. L’approche est plus chorale que jamais : chaque musicien apporte une couleur spécifique. Des instruments à vent (flûte, trompette, clarinette) enrichissent la palette sonore, déjà développée grace au violon de Clare Lindley, membre à part entière du groupe, comme sur « The Sharpest Blade », probablement l’un des sommets émotionnels du disque.

Woodcut s’impose ainsi comme un album des plus aboutis qui j’imagine ne pourra que plaire aux anciens fans de Big Big Train. Pour ma part, en tant que nouvel amateur, cet album me convainc pleinement et me réconcilie avec ce nom que je connaissais depuis longtemps sans jamais vraiment m’y pencher. Il me donne désormais envie de replonger sérieusement dans leur discographie passée — et c’est sans doute le meilleur compliment que l’on puisse faire à un seizième album studio.

Artistes / Groupes

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Genre selon le Chroniqueur

Rock progressif

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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