Oceansize + Millionaire – 14 octobre 2005 – Nouveau Casino – Paris

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Décidément pûre année niveau concerts, avec ce soir-là Oceansize, qui m’avaient épatéil y a plus d’1 an à la Boule Noire, lors d’un concert magiquequi m’avait confirmé le talent de ce groupe qui en plus de pondre un 1eralbum remarquable, est un vrai groupe de scène.Je ne doutais pas qu’ils réussiraient à m’emballer encore une fois, et attendais de les voir avec imptience, d’autantque leur 2ème album du groupe Everyone into Position ne m’a pas déçu.

Arrivé tôt pour faire une interview, j’assisterais à la fin de la balance, leson du groupe s’annonce tout ce qu’il y a de plus correct mais ce n’estguère étonnant, le Nouveau Casino ne m’a jamais déçu à ce niveau, et c’estune des raisons pour lesquelles c’est une des salles que je préfère à Paris.

Je ferais donc une courte interview du chanteur du groupe, MikeVennart, juste après dans le café attenant, qui communique directement graceà une porte au fond avec la sale. Il me confirme que le groupe se déplaceavec leur propre ingénieur du son, et qu’ils sont contents d’être de retourà Paris, qui est la première date de leur tournée européenne. Le groupe atoujours eu une vocation live dès sa création à Manchester, où ses membresse sont rencontrés à la fac, et comme me le dit Mike : « Partir en tournée,pour nous c’est comme des vacances, ça nous change du quotidien, on voit deslieux nouveaux et on rencontre de nouvelles têtes tous les jours, on al’occasion de jouer notre musique dans des salles sympa comme celle-là,c’est vraiment un plaisir pour nous. En fait je finis par m’ennuyer quand jereste trop longtemps chez moi, je ne travaille pas et je pense quej’arriverai jamais à avoir un travail régulier, je ne vis que par lamusique, les concerts sont donc ma vie ».

Le groupe a effectivement tourné sans relache après la sortie de leur 1eralbum, Effloresce, qui a reçu un bon accueil dans les médias, et s’est bienvendu au Royaume-Uni. Puis contrairement à ce à quoi on aurait pûs’attendre, ils ont décidé de sortir un EP, Music for Nurses, plus tôt dansl’année. « On avait hate d’enregistrer un nouvel album mais il se trouvequ’on avait ces 5 morceaux qu’on avait composé et qui commençaient à bienpetre rodés comme on les jouait en concert. On a trouvé qu’ils avaient unecertaine unité et qu’ils étaient un peu différents des nouveaux morceauxqu’on était en train de composer, on s’est donc décidé à enregistrer cetEP. »

Il y a un morceau sur le nouvel album qui s’appele « Music for a Nurse », jeme demandais si il a un lien musical ou au niveau des paroles avec l’EP.MIke me répond d’une façon assez énigmatique qu’il n’y en a absolumentaucune, que ça lui est venu comme ça. Mike a l’air assez rêveur, et je merendrai compte à plusiuers fois, a des réponses assez inattendues parmoments.

Quand je lui demande quelles sont ses influences et ses goûts actuels enmatières de metal, il me répond que c’est une question qu’on lui posesouvent mais qu’il ne sait pas trop quoi répondre car il écoute en fait peude groupes récents, et préfère ne pas trop parler d' »influences » car legroupe essaye de forger sa propre musique. Il m’affirme ensuite que tous lesmembres du groupe ont une bonne culture métal, enfin qu’ils en ont tousbeaucoup écouté plus jeune, même si ils sont maintenant peu intéressés parla scène actuelle. « Je ne veux pas paraitre blasé, je ne connais pas du toutla scène underground, ce que j’entend du métal, ce sont Linkin Park et tousces groupes nuls ».

Il me citera quand même Meshuggah et Tool, comme influence actuellemarquante du groupe. « J’étais et suis encore assez fan de Slayer, c’estd’ailleurs assez marrant quand je le dis, personne ne me crois vu monphysique, comme si il me fallait des cheveux longs et des tatouages pourapprécier leur musique. »

« Je me se sens éloigné de tout le cirque du look et de l’extrémisme véhiculédans le métal, je n’aime pas les groupes dont le seul discours musical estbasé sur la violence, et c’est trop souvent le cas je trouve. Un groupeanglais que j’apprécie particulièrement? Biffy Clyro, j’adore ce qu’ilsfont, je les ai vu souvent enc oncert, c’est pour moi un des meilleursgroupes faisant du rock avec un esprit metal. »

C’est d’ailleurs ce principe qu’il estime appliquer dans Oceansize, et ilsitue plutôt l’influence du metal sur leur musique au niveau des rythmiquesplombées et de l’absence de structures pop trop flagrantes. « On a toujoursessayé de s’éloigner du format de base couplet-refrain-couplet-refrain, jene vois vraiment plus l’intérêt de se borner à des chansons aussi simplesalors que la musique permet d’explorer toutes sortes de combinaisons. Notrebatteur aime beaucoup les rythmiques spéciales, il influence beaucoupl’écriture au niveau des signatures rythmiques, enfin c’est quelque chosequ’on apprécie tous dans le groupe. Mais sinon on essaye pas d’êtreparticulièrement techniques et surtout pas démonstratifs, on veut seulementessayer de créer une musique sophistiquée car on l’aime comme ça. »

Pour revenir au concert, Oceansize était accompagné par un autre groupeanglais, Millionnaire, qui a assuré leur première partie. Ils secaractérisent par un son bien lourd qui transforme sur scène leur revivalrock n’roll en quelque chose de bien puissant et bruyant. Dommage que lamusique du groupe soit assez répétitive et vraiment peu variée, tous lestitres ayant le même son, les morceaux finissement par se ressembler.Le public était déjà assez nombreux, le Nouveau Casino étant presque pleinet a semblé assez appréci même si manifestement peu de gens connaissaient,étant venu pour Oceansize.Je monterai à l’étage voir le merchandising et discuterai quelques instantsavec un le guitariste rasé d’Oceansize que j’y retrouve en train de boireune bière en attendant la fin de Millionaire. Un gars vraiment bien sympa etcommunicatif alors qu’il est plutôt discret sur scène.

Le set d’Oceansize commencera par le 1er morceau du nouvel album, « The CharmOffensive » dont le titre Everyone Into Position est tiré des paroles, ilsjoueront d’ailleurs une bonne moitié de cet album lors de ce concert. Cacommence donc assez doucement puis le groupe fait progressivement monter lasauce, comme c’est souvent le cas dans leurs morceaux, qui partent sur uneintro faite de notes éparses pour finir sur de gros riffs et parfois mêmedes passages carrément métal appuyés à la double particulièrement bienintégrés comme sur « A Homage to A Shame ». Les 3 guitaristes marrient leursmélodies baignées d’effets avec brio pendant que le batteur frappe sur unebatterie imposante, étonnemment disposée en symétrie, avec caisse claire etshirley au centre de la rangée de toms. Son jeu fourni et puissant est unemarque indéniable de la musique du groupe.

Mais c’est surtout le chanteur qui est au centre de l’attention, il a gagnéen assurance depuis la dernière fois que je les ai vus, communiquantbeaucoup plus avec le public. Et puis vocalement on est proche de laperfection, il retranscrit sans peine les chants de l’album, naviguant entre2 micros, dont un, saturé, qu’il utilise pour les passages à moitié gueulés.L’émotion qui passa travers sa voix est très forte, et la musique dugroupe, imaginative et colorée, l’encadre parfaitement.

Le public bien sérré fût manifestement conquis, et la fin du concertaccueilli par des acclamations particulièrement soutenues.Leurs morceaux étant assez longs, il n’en jouèrent pas des masses, 10 autotal en 1h15 de jeu, avec au milieu « Rinsed »,un intermède instrumental quin’était apparemment pas prévu, tiré du 1er album, que le groupe jouera enattendant que la correction d’un problème technique dans les oreillettes duchanteur.

La voilà pour moi, la nouvelle sensation du rock anglais, je vois peu d’autres groupes arrivant à retranscrire sur scène avec autant de classe une musique si riche et émotionnelle.J’espère qu’on pourra les revoir prochainement, peut-être en 1ère partie dePorcupine Tree comme Mike l’a évoqué avec moi, et dont il sont relativementproches musicalement.

Setlist :
The Charm Offensive
One Out Of None
Amputee
Meredith
Rinsed
A Homage To A Shame
Massive Bereavement
Heaven Alive
You Can’t Keep A Bad Man Down
Music For A Nurse

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 500 articles sur Eklektik.

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