Daïtro + Heaven In Her Arms + Aussitôt Mort + Hiro – 24 novembre 2007 – Hide Out – Paris

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Annee de sortie: 2010

Daïtro + Heaven In Her Arms + Aussitôt Mort + Hiro – Hide Out – Paris – 24 novembre 2007

Affiche de folie ce 24 novembre à Paris. La fine fleur du screamo français accompagnée d’une de la fine fleur du screamo japonais. Le tout pour 5 euros dans un petit bar parisien, ça ne se loupe pas.

Il est 19h, Hiro (le groupe des ex-Gantz), vient à peine de commencer et pourtant on galère déjà pour avancer dans la cave du Hide Out. Ainsi, j’ai écouté 1 ou 2 chansons. Oui, simplement « écouter », parce que je ne voyais rien ou presque. Juste deux baguettes et des cymbales qui s’agitaient entre deux têtes, ou parfois le manche du guitariste qui passait dans ce ridicule insterstice. Ensuite, j’ai pu voir deux ou trois chansons dans des conditions « normales », c’est-à-dire d’une part collé à l’enceinte de sono pour la voix et d’autre part au guitariste, Joss (celui qui tient Impure Muzik). Les bisontins nous ont ravi avec un screamo aux accents tour à tour punky, lancinants ou post-rock. Dédicace au chanteur qui avait des points de sutures tout frais sur le front… que j’avais pris au début pour une déco façon troisième oeil! Bon rétablissement à lui. Bonne continuation à Hiro, qu’ils nous reviennent vite avec de nouvelles compos et un son peu meilleur.

Dans la foule compacte de la petite cave du Hide Out, le changement de plateaux s’est révélé assez chaotique. Pour faire simple, j’avais le pied de micro entre les jambes, le micro à 2cm de ma bouche… J’ai cru que j’allais le partager avec le chanteur! Finalement, tout s’est bien passé, le groupe a pu se réserver quelques mètres carrés pour gesticuler tranquillement et poser ses pédalboards. Dès le rapide checksound: gros son, fluide et rond. Excellent.

Aussitôt Mort, c’est la classe. Touches de groove,énergie punk/screamo, finesse post rock… Sincérité aussi, surtout même! Un jeu de guitare inventif, un batteur superbe, trois chants qui s’alternent. Le batteur qui pose des spoken words tout en assurant un jeu fourni: ça impose. C’est tout à la fois délicat, rageur, nuancé et engagé. Ca suinte de partout, c’est beau. Ca donne envie de faire de la musique, tout simplement. Le set des caennais fut court mais incroyablement bon! J’en reveux!

Et on continue… Qui va suivre? Les lyonnais ou les japonais? Ce sont finalement les nippons qui ont enchainé. Je n’ai toujours pas compris comment le batteur a pu jouer emmitoufflé comme il l’était alors qu’il faisait une chaleur presque torride. Les checksounds m’ont fait un peu peur… le son me paraissait brouillon, un peu râpeux, pas terrible. Heureusement, le set est parti et le son était nickel. Lourd et puissant pendant les passages saturés, clair et doux pendant les arpèges en son clair. Les moments screamos rapides étaient prenants à souhaits… les parties lancinantes étaient de vrais voyages. Les passages plus post-rock, bien qu’un peu gnan-gnan, étaient bien sentis avec les trois guitares entremêlées.

La place manquait tellement que deux-trois personnes sont montées sur le banc adossé au mur derrière le bassiste et le batteur… A un moment, ce dernier a même dû leurs demander de se décaller car il n’avait plus de place pour bouger un minimum. 4  titres c’est léger. Le set fut court et intense (20-25 minutes à peine).  J’aurais voulu en voir plus, bien plus! Mais l’heure tournait, et il fallait rendre la salle tôt. Heaven In Her Arms sort son premier album début 2008, surveillez ça de près et espérons qu’ils aient la bonne idée de repasser par chez nous pour venir le défendre.

Daïtro s’amène. On est toujours serré dans la cave du Hide Out. Plus ou moins je ne sais plus. Les japonais ont échauffé les esprits, les oreilles et ont collé le sourire à tout le monde. Le public est chaud, juste à point pour accueillir les lyonnais comme il se doit.

Tout d’abord, je dois signaler une certaine déception (personnelle et relative) quant à la setlist. Les splits avec Ampere et Sed Non Satiata ont été privilégiés et seul un titre de leur album Laissez vivre les squelettes a été joué, la chanson titre justement. J’aurais voulu entendre et me délecter de « Nous sommes d’ici », « Comme du papier » ou encore « se noyer, s’oublier, regarder partir »… Enfin bon, on ne peut pas leurs en vouloir et de toute façon cela ne m’a pas vraiment gâché le concert. Le groupe lance les titres du split avec Sed Non Satiata, ça le fait. Le public réagit au quart de tour. « Cette chanson parle de Karl Marx » lance le groupe avant de jouer « De l’eau coule sous les ponts ». Le titre fait mouche, et fait du bien. Lorsque « laissez vivre les squelettes » déboule, je n’en peux plus. Je lève mon bras et le secoue avec frénésie jusqu’à foutre un coup de coude sur le crâne locksé de mon voisin. Excuse-moi encore mon ami. Après ça, c’est la dernière chanson de la soirée. ARRGGGGHHH! C’est le titre présent sur le split avec Ampere. Le batteur fait un rapide speech sur le fait de s’investir dans une activité à but non-lucratif etc., de s’enrichir autrement qu’avec la monnaie… Puis il conclut avec un clin d’oeil à La Rumeur à qui ils ont emprunté la phrase leitmotiv du titre qui va être jouée: « On a les poches vides mais les reins solides ». La chanson démarre, ça réagit immédiatement dans le public. Ca secoue dans la salle, mais dans le sourire et la plus parfaite ambiance. Sur les passages clairs, ça clape les mains en l’air. Le chanteur slamme puis c’est au tour d’un des guitaristes de surfer sur le public. La chanson retombe, les surfeurs aussi… La phrase leitmotiv résonne… les lumières s’allument. Je crie mon désespoir devant cette injustice criante, ce concert qui finit trop tôt.
Oh scandale! Il est 22h30 et la salle devait être rendue à 22h! C’est diablerie!
Avant de sortir tranquillement, un petit détour par le merch: 1TS Daïtro, 1 TS Heaven In Her Arms et les quelques badges de Daïtro qui traînent. A 8€ le TS, pourquoi se priver?

Pour résumer: Un EXCELLENT concert, suintant, plein d’énergie, de bonne humeur, de grâce, de sincérité. Probablement, l’un de mes meilleurs. La cave bondée, l’ambiance surchauffé, le sourire omniprésent… J’ai eu un peu l’impression d’être dans l’un de ces concerts chaleureux que l’on peut voir sur le DVD de Converge, The Long Road Home. Fabuleux.

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Commentaire

  1. Julien says:

    Bien cool le report ! J’ai hate de voir Daitro live !

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