Napalm Death – Time Waits For No Slave

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Style: grindAnnee de sortie: 2009Label: Century Media

Alors que certains se séparent pour tenter plusieurs années plus tard de revenir avec plus ou moins de succès, il est rassurant d’apprendre régulièrement la sortie d’un nouvel album des vétérans du grind Napalm Death. Nos anglais n’ont jamais déposé les armes depuis 1982 qu’ils les ont prises, au service d’une musique qui n’a jamais laissé la place au moindre compromis…

Je mentirais si je tentais de faire croire avec cette chronique que je suis un fan de longue date de Napalm Death qui connaît leurs nombreux opus sur le bout des oreilles. Il n’en est rien puisque c’est en fait la cuvée 2005, l’excellentissime The Code is Red, Long Live the Code qui m’a fait succomber aux coups de boutoir du groupe. Depuis, il y a eu Smear Campaign qui aussi excellent soit-il (et il l’est), m’a moins captivé, me semblant un tantinet trop linéaire pour y revenir souvent. Car aussi bons soient ces types, c’est peut-être quand même ça qui manquait à Napalm Death, une réelle capacité à garder l’auditeur accroché durant 14 titres, pour en général près de 50 minutes de musique. Car avec Napalm Death, on est loin du format grind habituel qui mise davantage sur des courtes durées pour éviter l’écoeurement…

Mais cette fois ça y est, on y est, Napalm Death l’a fait ! Time Waits for no Slave, non content d’être absolument fantastique, se paie en prime le luxe de proposer 14 titres (16 pour la version limitée) variés et jamais lassants. Ne reniant pas son goût pour les titres radicaux dans la plus pure tradition du genre (les dantesques « Diktat » ou « Strongarm » introductifs ou plus loin « A No Sided Argument » pure bombe grindcore), le groupe n’hésite pourtant pas à proposer des nouveautés bienvenues et qui ont le mérite d’aérer remarquablement leur nouvelle bombe. C’est ainsi que le sublime « Procrastination on the Empty Vessel » évoque presque musicalement ce que fait le groupe australien Alchemist, le tout passé à la sauce grind. Le résultat est juste scotchant. Avant cela, « On the Brink of Extinction » proposait un death/grind groovy à défaire le string ficelle le mieux accroché, alors que le magistral « Fallacy Dominion » proposait un refrain sombre et inquiétant inédit.

En clair et sans décodeur, le groupe n’hésite pas à innover, se permet tout, quitte à ralentir le propos comme sur « Passive Tense », mais en parvenant toujours (et c’est ça qui est très très fort) à ne transiger à aucun moment sur son style et sa patte, toujours reconnaissable. Napalm Death conserve en outre son incroyable efficacité qui fait que Time Waits for no Slave ne connaît pas la moindre baisse de régime et propose du début à la fin, des hits et seulement des hits qui vont une fois de plus dévaster les fosses des salles qu’ils feront l’honneur de venir fouler.
La performance ne devrait plus étonner venant d’un tel groupe, mais pourtant… En 27 ans, les papys du grind prouvent une fois de plus, qu’ils sont loin d’être fatigués, et qu’ils en ont encore un énorme paquet sous le pied. A l’écoute de ce nouveau chef d’œuvre (peut-être même le meilleur album des anglais, je laisserai les connaisseurs donner leur avis sur ce point) on ne voit en tout cas pas pourquoi ça s’arrêterait de sitôt…

  1. strong-arm
  2. diktat
  3. work to rule
  4. on the brink of extinction
  5. time waits for no slave
  6. life and limb
  7. downbeat clique
  8. fallacy dominion
  9. passive tense
  10. larceny of the heart
  11. procrastination on the empty vessel
  12. feeling redundant
  13. a no-sided argument
  14. de-evolution ad nauseum
  15. suppressed hunger (ltd edition bonus track)
  16. omnipresent knife in your back (ltd edition bonus track)
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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5 Commentaires

  1. damien luce says:

    Enorme cet album, je retrouve un peu l’atmosphère de « enemy of the music business »… Il ne reste plus qu’à s’enfourner ces morceaux en live, mon petit préféré reste « downbeat clique », un titre lourd de chez lourd !!!

  2. 1ternot2baz says:

    C’est pas le groupe avec le clone de Jacques Villeret ça ?

  3. jean says:

    Réellement découvert moi aussi avec le superbe « The Code Is Red … Long Live The Code », puis le tout aussi bon « Smear Campaign », les papys du grind ne faiblissent pas. Il ne reste plus qu’a apprécier en live ces nouvelles pépites !!

  4. wakos says:

    Une bonne grosse mandale comme on en aimerait plus souvent !

  5. Head says:

    Et quand on s’intéresse au lyrics, on peut multiplier l’intransigeance de l’album par 3 :)

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