Broken Note – Terminal static

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Style: drum and bass / dubstepAnnee de sortie: 2010Label: Ad Noiseam

Note brisé mais surtout rythme brisé. Le duo Tommy et Eddie (aussi connu sous le nom de Kidnappa dans le duo dub step 16bit) se mettent aux machins et vous brisent le coup avec un mélange dub step / drum and bass que l’adjectif efficace parvient à peine à définir correctement tant les beats de ce disque rendent la bougeotte contagieuse.

‘I’m gonna break your neck » rappait Busta Rhymes dans son clip avant d’affronter un buffle par la seule force de sa coiffure. Broken Note fait mieux et balance de grosse basse contre un troupeau d’éléphant et ressort vainqueur du combat. Inégale, il aurait fallu balancer quelque tonne de rhinocéros contre un « Mask of gas » pour espérer ébranler les deux énergumènes.

La rigidité des beats n’a rien de commun avec le reste de la scène dubstep. Si vous pensiez que cette scène se limitait à Burial et Benga, il faut revoir votre copie et faire avec la violence de ces producteurs qui apportent une puissance quasi metal au genre (Raymond Herrera de Fear Factory ne renierait pas le rythme de double de « Meltdown »). L’assaut ne fait en plus pas qu’avec de grosses perforations rythmiques mais avec des grondements pervers très loin de la fluidité des basses des artistes susmentionnés. Alors que le dub step ramenait les filles sur le dance floor, elles prendront surement leur distance quand le mosh pit se déchainera sur des titres aussi dingues que le déjà mythique « The Fury ». Ce dernier prouve que l’on peut encore faire du neuf avec de simple amen break bien sentis quand ils se déchainent et vous remontent par la colonne véritable pour ordonner à votre tête d’osciller et à votre corps de suivre le mouvement.

Le seul défaut de ce disque est qu’il ne peut représenter avec justesse l’aura de dévastation que doivent produire ces deux malades dans une soirée. Les basses pulvérisent déjà bien mes petites enceintes mais quand est-il quand on place les auteurs derrière du matériel digne de ce nom? Mieux vaut ne pas y penser trop, quitte à se gâcher le plaisir de cet agréable succession de pulsation ténébreuse, violente mais non dénué de groove et de subtilité. Les deux remixes en fin de disque par Hecq et I am the sun en apporte aussi pas mal pour permettre à l’auditeur de respirer enfin après l’assaut sensoriel persistant qu’il a reçu pendant toute la durée de ce disque. Décidé à pétrir les tympans à coup de presse hydraulique sonore, l’usine Broken Note ne chôme pas sur onze titres tous aussi physique les uns que les autres.

http://www.youtube.com/watch?v=dygrTfWqHcU

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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Groupes cités dans la chronique

6 Commentaires

  1. Stoa says:

    Merci Hororo pour ces deux jolies découvertes (avec The Blood Of Heroes). Quels autres CDs me recommanderais-tu dans le genre de ces deux deux groupes? (Dubstep/Drum & Bass…) Je pense à Scorn et peut-être Method Of Defiance, mais à part ça, je connais vraiment pas le genre…Merci!

  2. Rémi says:

    Hey Hororo merci pour cette découverte et pour les références de Slugabed, Bong Ra, et Wormskull qui a l’air de promettre!!! ( http://vimeo.com/9712493 ). Sinon Defrag super bien, tout comme le classic Brotherhood of the Bomb (quel disque quand-même!), par contre Drumcorps c’est le seul qui tient mal la longueur à mon avis. Super efficace, assez marrant lorsque tu connais les sources, mais un peu ennuyeux une fois passé la moitié de l’album…

  3. Stoa says:

    A part Techno Animal et Defrag (dont j’avais lu ta chronique et que j’avais complètement oublié), je ne connaissais pas du tout. Encore merci!

  4. Korgüll says:

    Yes, excellent album (enfin pas vraiment album, puisque c’est une compil de EP sortis en vinyl et autres remixes). Au delà de l’appellation dubstep (Burial, Defrag et consorts c’est de la rigolade à côté), c’est clairement une des sorties électroniques de l’année qui m’ait foutu une sacrée mandale, avec le Blood Of Heroes. Des basses qui percutent, une prod super compressée (comme souvent dans le genre d’ailleurs), idéale pour tester son matos audio !! MAIS en live (au Batofar), c’était limite à chier. Déjà il n’y en avait q’ un des 2 sur scène, il matait son laptop en faisant semblant de triturer quelques potars, petit son, bref, décevant. Par contre je savais pas que l’autre faisait partie du très bon 16Bit. Si vous aimez Broken Note, jetez vous sur Excision & Datsik, ça tabasse aussi sévère (surtout Excision).

  5. Craipo says:

    Bien étrange cet album… Ca fait des mois qu’il m’horripile autant qu’il me conquiert. C’est soit l’un, soit l’autre selon l’humeur du moment. Il n’y a pas de juste milieu. Peut être parce que parmi les quelques projets du genre que je connais, celui ci qui s’éloigne avec le plus de réussite de la scène dubstep classique sans tomber dans le minimalisme technoide et/ou ambient qui fait fureur ces derniers temps. Et aussi du même coup parce qu’en fin de compte lorsque je lis Dubstep, je pense bien plus Vex’d, Scorn, rythmes aliénants et basses dévastatrices qu’au non moins excellent Burial (et ses clones souvent poussifs) cité dans le coin. Je crois bien que tout cela se résume dans le fait que Broken Note n’est pas forcément ce que je recherche dans le genre mais propose une alternative vraiment intéressante autant qu’une porte d’entrée potentielle aux genres qu’ils ont digéré puis régurgité sur cette galette. Chouette disque vraiment, qui mérite que l’on s’y arrête même s’il est quand même un brin mastoc.

  6. Mamouth says:

    « le dub step ramenait les filles sur le dance floor, elles prendront surement leur distance quand le mosh pit se déchainer » : N’importe quoi, je suis une fille et moins c’est pouet pouet, plus je kiffe (et je suis loin d’être un cas). Aficionada de breakcore, ce style de dupstep me touche vraiment. On est en 2012, pas au début du XXe….

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