Bilan 2014 Jonben

Bilan 2014 Jonben

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6 janvier 2015
il y a 11 ans
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J’avais zappé le bilan 2014, voici une occasion de me rattraper, avec plus de recul permettant de comptabiliser globalement les albums que j’ai juste le plus écouté l’année dernière, critère essentiel, si ce n’est unique mais toujours aussi subjectif, pour établir un classement annuel. Enfin le mien. ;)

Bilan 2014 Jonben

J’avais zappé le bilan 2014, voici une occasion de me rattraper, avec plus de recul permettant de comptabiliser globalement les albums que j’ai juste le plus écouté l’année dernière, critère essentiel, si ce n’est unique mais toujours aussi subjectif, pour établir un classement annuel. Enfin le mien. ;)

  1. A Sense of Gravity – Travail

    A Sense of Gravity – Travail

    metal extreme progressif

    Premier album autoproduit du groupe de Seattle A Sense of Gravity, Travail impressionne par sa maturité et son ambition. Les musiciens, pour certains issus d’études de musique, livrent un metal progressif puisant autant dans le death technique que dans le jazz/fusion. Chaque titre explore une facette différente : riffs djent sur « Above the Horizon », passages extrêmes à la Between the Buried and Me (« Wraith »), envolées techniques façon Dream Theater ou touches jazz proches de Textures (« Weaving Memories », « Trichotillomania »).

    Le chant alterne avec aisance entre growls puissants et voix claires expressives, parfois légèrement perfectibles mais toujours habitées. Pour un premier essai enregistré en home studio (quand meme mastérisé par Jens Bogren), Travail se révèle une réussite éclatante, à la fois virtuose et inspirée. Un groupe encore jeune, mais déjà très prometteur.

  2. Fallujah – The Flesh Prevails

    Fallujah – The Flesh Prevails

    death technique athmosphérique

    L’EP sorti en 2013 m’avait bluffé, et j’attendais de pied ferme ce 2ème album des américains proposant un death metal progressif qui intègre des sonorités ambiantes futuristes entre des blasts, riffs métronomiques et grognements caverneux.
    Et The Flesh Prevails est ce qui est arrivé de mieux au death metal en 2014 à mes yeux. Pas que ce soient non plus de grands innovateurs, mais cet album est dans ma liste celui qui représente le plus une avancée vers quelque chose de nouveau. On est en plein dans une ambiance de science fiction, les sonorités spatiales, notes bourrées d’effets permettent de contrebalancer la férocité des saturations et d’un batteur qui en fait beaucoup, tapissant le tout de percussions dans un brouhaha infernal. A noter également les solos de toute beauté qui ressortent de temps en temps de l’ensemble.

  3. Mastodon – Once More ‘Round the Sun

    Mastodon – Once More ‘Round the Sun

    metal psyché et progressif

    Mastodon n’avait que peu d’effort à fournir pour me séduire, grand fan que je suis depuis leurs débuts. J’avais toutefois été un peu déçu par The Hunter qui datait déjà de 2011. Once More Round the Sun a rectifié le tir à mon avis avec un album poursuivant leur évolution vers moins de crasse et plus de rondeur chaloupée. Plus de stoner et de metal prog et moins de sludge dans la balance, un batteur qui se met à chanter sur certains morceaux dont le tubesque « The Motheload », et on obtient un album qui s’il n’est pas sans défauts permet de se replonger agréablement dans leur gros son emprunt de psychédélisme.

  4. Painted Wives – Obsessed With The End

    Sous son nom énigmatique, Painted Wives cache un groupe californien dont le premier album Obsessed With The End, initialement autoproduit en 2014, a été réédité en 2016 par Century Media dans une version remasterisée. Le disque séduit avant tout par le chant de Justin Suintor, évoquant la mélancolie et la puissance du duo Staley/Cantrell d’Alice in Chains, soutenu par une musique lourde et poisseuse, mêlant riffs à la Mastodon, énergie punk et ambiances doom. Le résultat : une forme de rock/metal 90’s massif et mélodique, à la fois sombre, intense et accrocheur.

    Grâce à ses compositions variées et ses paroles travaillées écrites par un cinquième membre du groupe, Obsessed With The End s’impose comme une découverte marquante, un album dense et inspiré qui mérite amplement cette seconde vie.

  5. Monuments – The Amanuensis

    Monuments – The Amanuensis

    metal progressif groovy/djent

    Le premier album de groupe anglais précurseur du genre djent était assez bancal, The Amanuensis aura su monter dans mon estime et se révèle largement meilleur. J’en suis à penser que Monuments réussissent même mieux que Periphery dans ce genre musical qu’on appelle « djent » et dont je suis le sectateur devant l’éternel.
    C’est en grande partie grâce au nouveau chanteur qui se révèle être Chris Baretto, à la prestation déjà remarquable sur le 1er album de Ever Forthright. La musique de Monuments se révèle être l’écrin parfait pour sa polyvalence. Ses origines afro se ressentent dans des intonations parfois proches de celles de Mickael Jackson, mais il y a bien une bête growleuse qui se cache en lui également. Il apporte fraicheur et éclairs de luminosité mélodique à des compos complexes. The Amanuensis ne débande pas pendant 50 minutes, est bourré de passages entrainants, de mélodies vocales prenantes. Ça défouraille, ça groove à mort, c’est le mélodicisme que j’appréciais ado dans le neo metal surboostée aux rythmiques polymétriques.

  6. The Contortionist – Language

    The Contortionist – Language

    Metal progressif atmosphérique

    Je connaissais déjà bien The Contortionist comme Last Chance to Reason donc le fait de voir le chanteur de Last Chance to Reason incorporer sur ce nouvel album les rangs de The Contortionist avait aiguisé ma curiosité. Les 2 groupes proposent à la base des musiques très proches et le nouveau chanteur ne dénote pas par rapport au précédent. Même alternance chat clair éthéré/growls death. Au final cet album aura autant été une déception qu’une réussite, c’est un album peu facile d’accès, le genre d’album insaisissable aux premières écoutes, qui part dans tous les sens. Ils ont voulu brouiller les pistes en le faisant débuter par des titres plus calmes, prog, quasi post-rock, puis à ne développer le coté death prog/death technique que par la suite, à partir du 4ème titre en fait où l’artillerie lourde refait surface. On retrouve alors la fureur deathcore de leur premier album Exoplanet, mais au final ce sont les divagations metal jazz fusion qui prédominent et elles ont tendance à s’éterniser et saouler à force. Un album intéressant mais qui aurait mérité un peu moins d’expérimentation et plus de riffs marquants, enfin je l’ai quand même écouté en boucle et The Contortionist reste un groupe dont j’attendrai les albums avec impatience.

  7. Yob – Clearing the Path to Ascend

    Quand on parle de doom actuel, il y a bien un groupe qui fait à peu près l’unanimité, et ce n’est pas pour rien, c’est Yob qui maîtrise le genre depuis 10 ans, période de ma découverte de The Unreal Never Lived. Le groupe revient régulièrement depuis avec quelques titres reprenant le même schéma, épiques, interminables, menés par des riffs puissants, lancinants, lourds à souhait, et une voix haut perchée habitée jonglant avec des growls caverneux. Clearing The Path To Ascend est encore une réussite, pas trop de changement mais pas de déception non plus.

  8. Antemasque – S/T

    Je pense que personne n’attendait des 2 hirsutes Cedric Bixler-Zavala et Omar Rodríguez-López qu’ils reforment directement un nouveau groupe dans la foulée du split de The Mars Volta. Peut-etre la courte reformation de At The Drive-In pour quelques concerts leur aura donné envie de revenir à une musique moins alambiquée, revenant aux bases du rock, et c’est bien une formule de ce genre qu’ils proposent avec Antemasque, des titres courts, des tempi binaires, une seule guitare, ce qui laisse au final une plus grande place à la voix de Cedric qui n’a jamais aussi bien chanté et dévoile un timbre de crooner rauque qui sied parfaitement à ces 10 titres pour la plupart assez excités, quasi épileptiques, et quelques morceaux plus calmes dans le lot, « Ride Like The Devil’s Son » qui n’aurait pas dépareillé sur l’excellent Octahedron des Mars Volta (leur album le plus calme et un de leurs meilleurs de mon avis) et un surprenant acoustique « Drown All Your Witches ». On est tres loin de The Mars Volta mais cet album ne rappelle en fait pas vraiment non plus At The Drive-In, et c’est là tout son intérêt, une surprise rafraîchissante de cette année.

  9. Animals As Leaders – The Joy of Motion

    Animals As Leaders – The Joy of Motion

    djent/metal prog instrumental
  10. Beyond Creation – EarthBound Evolution

    Trois ans après The Aura, Beyond Creation confirme avec Earthborn Evolution son statut de référence du death technique moderne. Plus fluide et atmosphérique, l’album met en avant la virtuosité de la basse fretless de Dominic Lapointe et les guitares lumineuses de Simon Girard et Kevin Chartré. Moins démonstratif mais plus inspiré, le groupe équilibre complexité, mélodie et puissance avec une maturité impressionnante. Earthborn Evolution marque l’évolution naturelle de Beyond Creation, qui s’impose désormais comme l’un des maîtres du genre.

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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