Trois ans après The Aura, Beyond Creation revient confirmer avec Earthborn Evolution qu’il n’était pas simplement un phénomène isolé du death technique moderne. Là où le premier album impressionnait déjà par sa virtuosité et sa précision chirurgicale, celui-ci va plus loin encore : plus fluide, plus atmosphérique, plus audacieux. Les Québécois affinent leur identité et s’éloignent légèrement du spectre Necrophagist / Obscura pour proposer une approche plus personnelle, presque organique dans son exécution.
Le jeu de Dominic Lapointe à la basse fretless reste l’un des piliers de leur son : toujours aussi acrobatique, omniprésent, il serpente entre les guitares de Simon Girard et Kevin Chartré, qui déploient ici un arsenal de riffs et d’arpèges complexes, lumineux et mélodiques. On retrouve la même science du contraste entre brutalité et clarté : blasts effrénés, growls caverneux, mais aussi passages planants où les harmonies respirent, presque jazz par instants. Le tout sonne moins démonstratif, plus inspiré, comme si chaque musicien cherchait avant tout à servir la cohérence du morceau.
Earthborn Evolution impressionne par sa maîtrise : technique sans froideur, dense mais lisible, virtuose sans jamais sombrer dans la stérilité. Beyond Creation y fait preuve d’une maturité nouvelle, transformant la démonstration en véritable voyage sonore. Si The Aura posait les bases d’un death technique intelligent et mélodique, Earthborn Evolution en est la pleine éclosion, confirmant les Canadiens parmi les meilleurs artisans du genre.
Beyond Creation
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