On savait Bring Me The Horizon en pleine mue depuis Sempiternal, mais avec That’s the Spirit, les Anglais tournent définitivement la page du metalcore. Ce nouvel album s’inscrit dans la droite lignée des singles “Drown” et “Throne” : des refrains massifs, une production léchée, et un goût affirmé pour la mélodie qui ferait presque passer Linkin Park pour un groupe underground. Exit les breakdowns et la fureur brute : place à un rock électronique calibré, taillé pour les stades.
Le choc passé, difficile de nier le savoir-faire du quintet. “Avalanche” et “Throne” sont des machines à refrains qui s’imposent dès la première écoute. Oliver Sykes, autrefois hurleur acharné, adopte désormais un chant clair qui tient la route ; il a appris à placer sa voix sans perdre en intensité. La production, quant à elle, est d’une propreté clinique — trop, diront certains — mais elle sert parfaitement cette recherche d’efficacité immédiate.
Reste le fond : des paroles dignes d’un cahier de collège (“True friends stab you in the front!”) et une structure ultra-prévisible (couplet-refrain-pont, répétez). Pourtant, le charme opère. Ce disque est fait pour être consommé vite et fort, sans arrière-pensée. Ceux qui acceptent cette évidence y trouveront un album d’une redoutable efficacité, véritable manuel du rock 2.0 pour ados trentenaires
Bring Me The Horizon
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