Avec Algorythm, Beyond Creation franchit un nouveau cap dans sa quête d’équilibre entre virtuosité et émotion. Si The Aura posait les fondations d’un death technique lumineux et si Earthborn Evolution en affinait la cohérence, ce troisième album élargit encore le spectre sonore. Le groupe québécois s’y montre plus ambitieux, plus contemplatif, presque cinématique par moments, sans jamais renier son ADN : un death metal à la fois ultra-maîtrisé et profondément organique.
Dès les premières mesures, la production impressionne par sa clarté : chaque instrument respire, la basse fretless – désormais signature absolue du groupe – tisse ses lignes fluides autour des guitares cristallines, et la batterie, d’une précision redoutable, soutient un ensemble d’une densité rare. Les titres s’étirent en structures complexes, riches en transitions harmoniques et en montées en tension quasi progressives. Les growls s’intègrent avec plus de sobriété, laissant davantage de place aux atmosphères instrumentales, souvent proches du jazz fusion ou du metal progressif moderne.
Algorythm marque aussi un tournant sur le plan émotionnel : derrière la démonstration technique, il y a une mélancolie diffuse, une recherche de beauté qui transcende la simple performance. Des morceaux comme “Surface’s Echoes” ou “The Inversion” montrent un groupe qui ose ralentir, respirer, et transformer la virtuosité en langage poétique.
Toujours à la frontière entre le cérébral et le viscéral, Beyond Creation signe avec Algorythm son album le plus accompli, celui d’un groupe arrivé à pleine maturité. Un disque à la fois précis, puissant et aérien, qui assoit définitivement les Québécois parmi les maîtres incontestés du death technique progressif.
Beyond Creation
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