Snail – Blood

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Style: stonerAnnee de sortie: 2009Label: Meteor City Records

Deux grosses taffes plus loin, « ouai, ils assurent bien les escargots ».
Non pas que j’en voyais partout sur les murs après la troisième taff, mais ils sortaient tout simplement des enceintes, avec leurs antennes gyroscopiques montées comme des ressorts sur leur tête visqueuse et aléatoirement grise.

Avec Blood voilà les Snails qui vont venir vous caresser le cortex de leur stoner sirupeux, niais diraient certains, mais bordel ils savent quand même placer les coups les gastéropodes, ils pourraient même les placer sur les ondes FM…
Enfin je dis ça mais ça fait bien longtemps que le grunge est mort et que les radios ne passent plus que… Ah oui et elles passent quoi au juste les radios ?
Chez Snail on a le sens de la mélodie, de la mélodie éthérée, de la compo presque pop chantée par le chat d’Alice au pays des Merveilles, parce que quand même chez Snail on fume pas que du fromage hollandais peut être pour ça d’ailleurs que leurs petites comptines acidulées se bouffent comme des bombeks entre deux saumons fumés.

En tout cas on retrouve avec Blood leur dernier album en date un Snail beaucoup plus rond et volubile mais pas spécialement pressé, normal en même temps me direz vous, la recette n’a pas tant changé que ça depuis leur premier éponyme paru en 1993, la pause de 16 ans les a plutôt bien conservés.
Enfin en terme de rondeur, il faut plutôt entendre par là qu’au niveau du chant on est plus proche d’un mix entre Alice in Chains avec un Layne apaisé et My Bloody Valentine version doomy que du chant des débuts un poil plus torturé, on aimera le ton nonchalant du disque, la première fois que je l’ai écouté je me suis dit « Tiens voilà ce à quoi aurait pu ressembler Jane’s Addiction si ils s’étaient tous mis à l’opium ».
A la vitesse de l’escargot on suit donc cette virée bucolique dans l’imaginaire d’un groupe qui se redécouvre dans les cercles concentriques de son introspection. Intéressant tout de même cette relecture du rock de la fin des années 60 d’une manière presque enfantine, l’impression d’entendre parfois au détour de certaines sonorités le The Piper at the Gates of Dawn de Pink Floyd avec une lampée fuzz balancée à travers les amplis Orange des américains tout en jouant entre deux feuilles dans le jardin de Black Sabbath, important pour les collages.
Bref ça grignote un escargot.

Blood était un album dont je n’attendais rien de particulier et finalement malgré sa facilité, il s’impose comme une très bonne sortie de cette année avec son ton simple et sa relative accessibilité, il est toujours rattrapé par sa nature stoner, son flegme et un sens de la mélodie qui lui donne une saveur assez singulière. Un disque pour flâneurs, je n’ai pas dit flemmards, ça a son importance, entre le rêve éveillé et la ballade sous anesthésiant, on navigue à travers les volutes bleues en terrain presque conquis.
Ils ont bien fait de sortir la tête de sous leur coquille, en même temps vous aurez remarqué que les escargots ne peuvent se déplacer que vers l’avant…

Groupes cités dans la chronique

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2 Commentaires

  1. A Clarion Call says:

    Excellent disque qui pourtant s’est vu volé la vedette par son compère sorti en même temps par Meteorcity dans le même style sleepycosmicdoom weedesque (à mes souhaits), Native de Floor que je conseille à tous ceux à qui Blood pourrait plaire

  2. ACC says:

    erratum: Native de Flood et non Floor l’ancien groupe du leader de Torche, ahem…

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