Necrophagist + Misanthrope – 29 octobre 2005 – Toul

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Annee de sortie: 2010

C’est à Toul, dans la salle Valcourt, décoré à l’intérieur de nombreux blasons lorrains, qu’a eu lieu cette première édition de ce tout niveau festival metal avec en tête d’affiche Misanthrope et Necrophagist. Si on peut pester contre quelques petits problèmes de son, on ne peut que trouver dommage que cette première édition n’ait pas attirée plus de monde. A moitié vide ? Bien pire que ça, la salle était aux ¾ vide. C’est bien dommage parce que 6 heures de metal pour seulement 15 € et la première prestation live des teutons de Necrophagist sur le sol français, on ne peut que se plaindre qu’avec de tels arguments ce festival n’ait pas ramené plus de monde. Mais où étiez vous donc ? Vous aviez piscine ? Ne cherchez pas, vous n’avez aucune excuse d’avoir raté ça. Je tiens d’ailleurs à remercier la qualité de la jeune et dynamique équipe qui a organisé le Cross Cultural Metal Fest.

Vous m’excuserez de ne pas pouvoir vous parler de tous les groupes présents à ce festival vu que l’interview de Misanthrope a occupé une large part de mon temps.

Je suis rentré dans la salle quand le premier groupe, Processus, jouait devant un public extrêmement clairsemé et apparemment peu attentif. Il faut dire que le metal que pratique ce groupe, un hybride heavy-thrash avec un chant un peu punk, était entaché d’une foultitude de larsens donnant plus envie de fuir qu’autre chose. Avant qu’ils n’aient finit leur prestation, je pars en backstage rejoindre Misanthrope pour l’interview.

Je quitte les backstages au moment où Intramuros joue. Il y a une toile transparente juste devant le groupe ; une sorte « d’intra mur ». L’effet est inutile selon moi. Le groupe pratique un rock/metal. Certains citent Tool en référence. Le côté plus pop et moins expérimental de leur musique me fait plus pencher vers A Perfect Circle. Il s’agit du groupe le moins metal de la soirée. Le chanteur, à la voix me rappelant les vocalistes de Love Metal (H.I.M., Entwine, To Die For, The 69 Eyes), fait penser physiquement à un Billy Corgan version gothique. Apparemment la majorité du public est loin d’adhérer à la musique de ces gens là, on sent que les spectateurs sont venus pour quelque chose de plus brutal.

KLANG !!! sonne très néo metal à mes oreilles. Deux chanteurs assez gueulards occupent la scène. Leur prestation ne m’a pas vraiment motivé donc rien de plus à en dire…

Avec Taliandorogd, le public commence à montrer plus d’attention à ce qui se passe sur scène. Ex groupe de black metal, ces gens là pratiquent maintenant un stoner à vocaux death. Style complètement différent signifie line-up complètement remanié. Un nouveau batteur, un nouveau guitariste et un nouveau bassiste ont été présentés au public lors de cette soirée. C’est durant leur set que les premiers pogos et slams de la soirée eurent lieu. Le chanteur Simon Beux (allez savoir s’il en fume) demande à une partie de la foule de se rapprocher. La réaction du public est plus enthousiaste que pour les groupes précédent. Cependant, Taliandorogd est encore loin d’avoir conquis toute l’assistance et semble encore manquer d’expérience scénique.

On passe à un autre niveau avec Misanthrope. Il suffit que le très charismatique S.A.S. de L’Argilière monte sur scène, lunettes de soleil sur le nez, pour qu’enfin toute la salle soit attentive à ce qui se passe sur les planches. Le son, qui était loin d’être parfait avec les autres groupes, gagne cette fois en clarté et devient remarquable. On pourra juste reprocher au début que la voix ne soit pas plus en avant mais cela s’arrangera très vite. S.A.S. harangue la foule, supporte Anthony dans ses solos et fait ses petites chorégraphies. Il s’agenouille, prend toutes sortes de poses. Débouche une bouteille de mousseux et arrose les premiers rangs, il manque presque de s’étouffer en buvant quelques gouttes du doux breuvage. Anthony Scemama est souriant, il se montre comme un guitariste à la fois impeccable en rythmique comme en solo. Il semble plus à l’aise sur scène que lors de ses débuts avec le groupe. Gaël Ferret est d’une précision scandaleuse derrière ses fûts. Jean-Jacques Moreac parcourt la scène dans tous les sens et fait preuve d’une virtuosité éblouissante avec sa basse. Bref la machine misanthropique fait preuve d’une aisance insolente tellement l’équipe a l’air soudée. Au programme, 4 morceaux tirés du dernier album en date Metal Hurlant, dont le titre le plus rapide du groupe, « Le Supplicié », véritable boucherie qui met à genoux l’assistance. « Misanthrope Necromancer » semble clôturer le spectacle mais le groupe, sous les appels du public, revient sur scène avec l’excellent « Théologie du Misanthrope » en rappel. Une heure seulement, festival oblige, on en aurait bien repris une de plus tant leur prestation semble être passée trop vite. Le public n’a pas eu le temps de s’ennuyer une seule seconde, il n’y a pas eu un seul flottement. Si bien que quand Necrophagist entre en scène, on se sent encore en manque de Misanthrope. Il ne faudra donc pas louper leur tournée en 2006, Misanthrope fait assurément partie des meilleurs groupes de scène que possède le paysage francophone.

Pour clôturer le festival, les Allemands de Necrophagist ont effectué leur première prestation dans l’Hexagone. Au programme, le meilleur du death metal technique, mais aussi mélodique. Le leader Muhammed Suiçmez ne paye pas de mine de prime abord mais c’est un incroyable technicien qui nous offre de véritables déluges de notes, des fois en même tant qu’il assure un growl dévastateur. Tous les musiciens disposent d’un niveau technique capable de rendre malade de jalousie nombre de combos de la planète, notamment le bassiste adepte du tapping. Une prestation très appréciable de ce groupe, bien que fort différente de celle de Misanthrope. Necrophagist n’est pas un groupe théâtral, pas fantaisiste non plus dans son attitude. C’est une formation solide qui semble cependant encore manquer d’expérience scénique. Une grande part du public assiste médusé à ces déferlements de notes réglées comme du papier à musique. Par moment le son paraissait confus, mais trois fois rien en définitive. Aussi bien les morceau tirés de Onset Of Putrefaction que de Epitaph sont de véritables bombes. « To Breathe In A Casket » ou « Fool Body Autopsy » ça a de quoi calmer l’auditeur. Gageons qu’avec un peu plus d’expérience de la scène Necrophagist fera un malheur.

Playlist Misanthrope :

La Marche des Cornus
Sentiment Nocturne
Armageddon à l’Elysée
Les Lamentations du Diable
Conversation Métapsychique
Le Supplicié
Tranchée 1914
Le Haras d’Amazones
Emmurement
Misanthrope Necromancer

Rappel :
Théologie du Misanthrope

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Commentaire

  1. Nicolas Niziolek says:

    Une tuerie ! Voilà le mot ! Je parle bien entendu des deux têtes d’affiche, les autres groupes de la soirée étant présent pour combler le festival plus qu’autre chose. 4 heures d’ennuie pour 2 heures de vrai spéctacle donc, et quel spectacle ! Misanthrope donne tout ce qu’il a et envoie la sauce de plein fouet ! Mension spécial à Armageddon à L’Elysée et Le Supplicié (quelle technicité bon sang) ! Necrophagist quant à lui reste un leader de la scène death technique (bassiste incroyable) mais délivre un concert très froid, propre et sans fioriture certes, mais loin d’un show qui restera dans les annales !
    Bref chapeaux aux organisateurs et aux groupes et à l’année prochaine on l’espère !!!

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