High On Fire + Year Of No Light – 01 décembre 2005 – Batofar – Paris

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Encore un concert au Batofar, où décidément s’enchainent les concerts rock « underground », d’ailleurs le tarif de la bière s’est même accordé à cela, ça sera 5€ la pinte désormais au bar en face de la scène lors des soirées concert rock.

Un détail qui fait pas de mal, surtout quand on va voir High on Fire, groupe américain de chez Relapse distillant un heavy rock/metal sudiste bien teigneux, au chant ravagé.
Dans des registres assez différents, les groupes français Es La Guerilla et Year Of No Light assuraient la première partie.

Tout d’abord, Es La Guerilla, groupe au passé hardcore qui officie maintenant dans un stoner/metal au son assez énorme, bien massif et grave. Le son est vraiment étonnemment bon pour une première partie, cumulant une lourdeur pachydermique avec une certaine clarté qui permet de bien saisir les riffs. La basse est bien ronflante, les guitares puissantes, ça groove sec, limite si les boulons du Batofar ne se dévissent pas sous les vibrations.
Défaut que je ne suis pas le seul à mettre en exergue, le chanteur est des plus approximatifs, sa voix manque cruellement de puissance, ni assez claire ni assez growlée pour le style. De plus, sa présence scénique est assez gauche et ses quelques mots entre les morceaux indéchiffrables, alors que le reste du groupe est bien motivé, mobile sur scène, du bon chevelu qui headbangue, le bassiste en détachera même sa sangle à 2 reprises.
Le groupe jouera une bonne demi-heure et on en redemanderait, un groupe français décidément à suivre, j’ai pas encore écouté sur album mais je ne tarderai pas.

Changement de plateau et de style avec Year Of No Light, groupe récemment formé constitué des 3/4 du groupe bordelais Metronome Charisma, qui officie dans un hardcore chaotique bien acéré. Seul le guitariste de ces derniers n’est pas dans le groupe, le bassiste reprenant son poste, alors qu’un 2ème gratteux et un bassiste se sont joints au groupe. Year Of No Light s’éloigne de la rage de Metronome Charisma, passant à une musique plus posée et lancinante, du post-hardcore pour être bref, dans un esprit Cult of Lunien des débuts, c’est à dire naviguant entre passages lents et répétitifs et déchainements plus apocalyptiques.
J’avais déjà eu l’occasion de voir Metronome Charisma en concert, et je me rapelle surtout d’un groupe très carré, marqué par un très bon batteur. On retrouve donc dans Year Of No Light une rythmique bien solide et puissante. La basse se résumant à apporter sa lourdeur à l’ensemble, se sont les guitariste qui cumulent leurs mélodies, rejoints par moments par un clavier joué par le hurleur qu’il abandonne la plupart du temps pour se consacrer au micro dans lequel il hurle comme un damné. C’est clair que le gars n’a pas perdu sa voix depuis Metronome Charisma, il nous perce les tympans à chaque inonnation, hurlement efficace mais linéaire.

Alternant chaos et appaisement, le groupe se débrouille plutôt pas mal et a une place à prendre dans le créneau, dommage seulement que leur musique n’ait rien de surprenant, aucune trouvaille stylistique supplémentaire par rapport aux groupes similaires dans le monde. Un peu de personnalité supplémentaires ne ferait pas de mal.

Après les avoir loupés au Fury Fest pour cause d’horaire de jeu décalé par rapport au planning, j’avais bien hate de voir ce que donne High on Fire sur scène, les ayant découverts avec leur dernier et 3ème album, le bien sympa Blessed Black Wings. Le trio monte rapidement sur les planches du Batofar, le guitariste Matt Pike, clope au bec et sourire aux lèvres, accorde sa guitare, bassiste et batteur s’installent et c’est parti pour un set non-stop de metal à l’esprit rock n’roll sauvage.

Il y a pas à dire le groupe assure, que ce soit au niveau énergie ou technicité, aucun reproche à faire, d’autant qu’ils maitrisent leurs instruments sur le bout des doigts, High on Fire en live c’est une vraie machine rock, Matt Pike s’excite sur sa Les Paul dans des enchainements rapides de power-chords entrecoupés de petits solos dextres. Le fondateur du groupe Sleep a depuis longtemps abandonné les expérimentations stoner/drone, pour se consacrer à un métal tout aussi crade mais beaucoup plus mouvementé, sorte de gros metal assez unique, inspiré des 80s avec un son sudiste traditionnel.
Allure de cow-boy, cheveux longs crasseux, bottes, débardeur blanc, il grimace en luttant avec son manche sans interruption, même quand il hurle dans son micro comme un damné, d’une voix sale et arrachée, souvent comparée à celle de Lemmy de Motorhead.
Il est bien entouré, la rythmique est impeccable à base d’un jeu de batterie prolixe rappelant même pas moment celui de Mastodon, la basse est tout aussi présente : avec le sourire, le bassiste reste statique au fond à gauche mais envahit les fréquences longues, parcourant son manche avec autant de dextérité que Park.

Bon début de concert, ça commence en tapant directement dans le lard, on est littéralement étouffé par un son brut, ultra-fort, et quasiment aucun morceau ne relachera l’atmosphère..
Dommage car paradoxalement une certaine monotonie s’installe, en particulier à cause de la voix monocorde, mais aussi par le manque de variété des morceaux joués. En effet malgré une performance sauvage et le jeu impressionnant des 3 musiciens, je suis un peu saoulé à la longue, il manque quelque chose au set du groupe, qui sort comme un bloc un peu indigeste.
Plusieurs moments regagnent quand même mon attention, le jeu de guitare excellent de « To Cross The Bridge », seule accalmie salvatrice du concert ou « Devilution », morceau marquant du dernier album.
Le concert durera peu, moins d’une heure et tant mieux, car la lassitude commençait à pointer. Pour moi le groupe devrait tenter plus de variété pour relancer l’attention du public.
Public d’ailleurs, qui n’a pas l’air 100% convaincu, certains quittront la salle avant la fin, et même si les quelques inconditionnels du groupe s’exclament, l’ambiance dans la salle est assez statique.
Bref une soirée plutôt agréable mais mitigée, Es La Guerilla et et Year Of No Light sont 2 groupes français à suivre, quant à High on Fire, c’est un groupe qui impressionne, c’est carré, bien joué, bien senti mais ils sont loins de l’atmosphère que peut dégager un groupe comme Mastodon auxquels on peut les comparer en concert.

Photos de Françoise Massacre / http://www.noakkatoi.com/

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 510 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. damien luce says:

    Une bonne soirée mais je reviendrai sur deux ou trois choses mon petit jonben, déjà sur la voix de es la guerilla. Bon il est vrai q’elle est assez déroutante mais je la trouve assez originale, peu commune, il ne hurle pas il ne chante pas tout à fait en hardcore mais se situe entre les deux. Voilou sinon il me semble que métronome charisma est toujours en activité. Je suis tout à fait d’accord avec toi pour le set de high on fire qui m’a vraiment ennuyée sur la fin. Bonne soirée en tous les cas, j’ai hâte d’entendre l’album de year of no light surtout qu’il a étét enregistré chez le génial Serge morattel.

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