Loudblast – Burial Ground

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Style: Death metalAnnee de sortie: 2014Label: ListenableProducteur: Francis Caste

Faut que je vous explique… Loudblast, c’est un groupe qui ne m’a jamais intéressé. Quand le groupe était au sommet de sa gloire en tant que formation de death (soit avec les albums Disincarnate et Sublime Dementia si je ne m’abuse), le death metal ne m’intéressait pas encore. Et quand j’ai tenté de prendre le train en marche c’était à la sortie de Fragments, et le groupe avait quelque peu modifié son orientation vers une sorte de power thrash dans lequel on ne trouvait alors plus grand chose de death. Toujours est-il que l’album, que j’avais pourtant acheté suite à quelques chroniques élogieuses dans Hard Force ou équivalent, a du tourner au maximum 2 ou 3 fois, et s’est retrouvé rapidement à la revente, largement éclipsé à l’époque par KoRn, Fear Factory, Refused ou Anathema.

Dès lors, pour moi Loudblast était catalogué « vieux groupe à papa hardos », et j’ai suivi de très loin la suite des aventures du groupe (split en 1999 et reformation 3 ans plus tard) faisant complètement l’impasse sur les nouvelles sorties discographiques du groupe Planet Pandemonium en 2004, ou l’album de leur retour avec un nouveau line-up en 2011, Frozen Moments Between Life and Death.

Pourquoi donc me suis-je retrouvé à jeter une oreille à ce Burial Ground à l’étrange pochette ? Je ne saurais le dire, sûrement une combinaison entre un sursaut de curiosité et un peu de désoeuvrement musical. Et pourtant grand bien m’en a pris car ce Burial Ground m’a mis une bonne claque que je n’avais (forcément du coup) pas du tout vu venir. Et me voilà en 2014 à acheter mon deuxième album de Loudblast, et cette fois je pense le garder beaucoup plus longtemps que le premier.

Car avec ce nouvel album je pense qu’on peut dire que Loudblast se réinvente, poursuivant le travail engagé avec son album de 2011 : passant de son thrash/death mélodique ancestral à un death sombre et rampant (la plupart des titres étant mid-tempo, à la limite du doom même par moments surtout sur les titres placés en fin d’album comme « The Void » ou « I Reach the Sun ») flirtant avec le black, parfaitement actuel et dans l’air du temps, tout en conservant sa personnalité. Offrant des riffs imparables et mémorables (au hasard « A Bloody Oath », l’excellentissime « Darkness will Abide », ou encore « From Dried Bones » et son lead crystallin irrésistible), le groupe met les petits plats dans le grands, construisant et travaillant pièce après pièce une ambiance noire et sinistre superbement rendue.

Ajoutons  des solos magnifiques (Drakhian est au top) et un chant qui a également largement progressé, Buriez proposant davantage de variation avec son organe, s’appuyant désormais majoritairement sur un gros chant bien grave mais néanmoins parfaitement intelligible, et n’hésitant pas à se faire doubler au chant pour accentuer le côté « evil » de certains passages (« Darkness will Abide » encore). On remarque aussi qu’il utilise parfois du « chant parlé » un peu comme Satyr le fait sur les derniers albums de Satyricon.

Et d’ailleurs l’ambiance est tellement sombre sur ce nouvel album, qu’elle se rapproche presque davantage de celle d’un disque de black metal finalement, ce qui a sûrement beaucoup à voir avec la présence de Drakhian et Alex (ce dernier signant la majorité des compositions d’ailleurs) qui ont vraisemblablement apporté leur « inner darkness » cultivée avec leurs anciennes formations (Taake, Code, et j’en oublie). Mais le groupe sait aussi toujours varier intelligemment son propos et surprendre son monde comme sur « Ascending Straight in Circle » qui propose dans sa 2ème moitié un passage rock’n’roll jouissif en diable.

Au final, et même si certains morceaux sont quand même moins percutants (je pense en particulier à « I Reach the Sun » qui ne me passionne pas franchement) la réussite de nos vétérans nordistes est éclatante sur ce Burial Ground qui fait déjà partie des albums de metal les plus réussis de l’année aux côtés de l’excellent album de Triptykon, fraîchement sorti et chroniqué dans nos pages, dont l’ambiance n’est d’ailleurs pas très éloignée finalement.

Tracklist :
01. A Bloody Oath
02. Darkness Will Abide
03. Ascending Straight In Circle
04. Soothing Torments
05. From Dried Bones
06. I Reach The Sun
07. Abstract God
08. The Void
09. The Path
10. The Bird (bonus track)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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4 Commentaires

  1. Angrom angrom says:

    Ca a l’air pas mal du tout ce disque. J’avais un peu zappé depuis les heures de gloire, mais là le retour a l’air de blaster…

  2. darkantisthene says:

    même conclusion que toi pour le parallèle avec le Triptykon ; je préfère la voie empruntée par Loudblast, le tout apparait plus cohérent

  3. Angrom angrom says:

    Je le réécoute aujourd’hui et me dis que ce disque tient bien la route, en fait

  4. darkantisthene says:

    il fait plus que tenir la route, c’est clairement une des sorties de l’année pour moi

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