Leader de Cave In, Mutoid Man et membre actif de Converge, Stephen Brodsky est un musicien occupé, mais aussi on le sait, un vrai passionné de musique. Passionné de la scène émo/hardcore des années 90 aussi, genre dont il maîtrise (beaucoup mieux que moi du reste) sur le bout des doigts, l’histoire et les fondamentaux. Cette connaissance et son appartenance à la scène lui donnent la meilleure légitimité pour proposer avec ce petit album solo uniquement sorti en digital (malheureusement), une délicieuse récréation qui prend la forme de réinterprétations (initiées à l’origine sur le réseau social Instagram) sous le format guitare (ou banjo/ukulélé sur « Two Snowflakes ») + voix et quelques accessoires (comme cet accordéon sur « Nickel Wound ») ou effets (voire quelques chœurs), de morceaux emblématiques de cette scène.
Au menu : Snapcase (« Windows »), Converge (« Farewell Note to this City »), Into Another (« Two Snowflakes »), Sense Field (« Voice »), ça c’est pour les plus connus, mais évidemment en connaisseur du genre Brodsky dégaîne également des groupes plus confidentiels (en tout cas à mes oreilles) comme Shotmaker (« The Game »), Still Life (« Sometimes »), By the Grace of God (« Fissures »), Texas is the Reason (« Nickel Wound »), Lincoln (« Bench Warmer »), Threadbare (« Midas ») ou encore Unbroken (le psychédélique « Fall on Proverb »).
Et le résultat est aussi surprenant que passionnant, Brodsky réussissant la gageure, armé de sa voix très reconnaissable et sans jamais hausser le ton (aucune trace d’un quelconque cri), d’apporter une cohérence d’ensemble absolument remarquable à ces 11 titres, et à en faire un album intéressant du premier au dernier titre, malgré un dépouillement apparent (alors qu’en réalité les arrangements certes discrets, sont plus subtiles qu’il n’y paraît). Ses prestations vocales sont tour à tour sobres, habitées, ou même touchantes (« Farewell Note to this City »), voire même toutes à la fois, et démontrent s’il le fallait encore, tout le talent de ce Grand Monsieur dont la voix aurait à mon sens tendance à même se bonifier avec le temps. A moins de ne pas avoir de cœur, vous avez de bonnes chances de chavirer en entendant des pépites comme « Fissures » ou « The Game », qui sont peut-être mes favorites du moment. Je vous mets de toute façon au défi de trouver un titre raté ou même seulement « moyen » parmi les 11 qui figurent sur ce premier volume dont on n’a plus qu’à espérer qu’il en appellera d’autres.
De curiosité à indispensable de l’année (oui encore un!) il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement : Cut to the Core Vol. 1 est en effet une petite pépite à ne pas rater pour tout amateur de Brodsky et tout simplement de bonne musique aussi évidemment.
Tracklist :
- Windows
- Fall on Proverb
- Farewell Note to this City
- Midas
- Benchwarmer
- Two Snowflakes
- Nickel Wound
- Fissures
- Sometimes
- The Game
- Voice
Stephen Brodsky
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