Lorsque les américains de Converge ont annoncé le 1er avril, soit moins de 2 mois après la sortie de Love is not Enough, qu’ils allaient sortir le 5 juin un deuxième nouvel album, notre première réaction a été de penser à une blague (un poisson d’avril forcément). Mais la diffusion de la pochette (étrange surtout en comparaison de celle de LINE) et la mise en ligne d’un nouveau titre (en l’occurence le titre « Hum of Hurt ») nous ont convaincus du sérieux de l’annonce (et de la maladresse de communication des équipes promo d’Epitaph qui ont choisi le 1er avril comme date pour cette annonce). Après la surprise, il faut avouer qu’on s’est aussi demandé si les bostoniens ne se foutaient pas un peu de notre gueule en sortant 2 albums de 30 minutes (et quelques) à 2 mois d’intervalle, alors qu’ils auraient pu sortir un double album (voire même un simple album de 63 minutes). On nous prendrait pas un peu pour des vaches à lait chez Epitaph ?
Pour ma part je n’étais même pas spécialement pressé d’écouter ce deuxième album ayant trouvé Love is not Enough, bien sans plus. J’avoue encore ne pas comprendre que certains en parlent comme du meilleur album de Converge depuis longtemps, en oubliant Bloodmoon (ce que je peux admettre car je peux comprendre que tout le monde n’ait pas apprécié cette parenthèse – même si je l’adore) mais aussi et surtout All We Love We Leave Behind, qui reste probablement mon album favori de Converge (oui oui). On va dire qu’il en faut pour tous les goûts!
Quoi qu’il en soit, c’est sans enthousiasme particulier que je débutais l’écoute du nouvel album la semaine dernière. Et immédiatement l’évidence m’a sauté aux oreilles : présenté par le groupe comme différent de Love is not Enough, ce deuxième album de 2026 l’est effectivement un peu, un peu moins « metal », un peu plus noisy/dissonant et aussi peut-être un peu plus « rampant » et vicieux (comprenne qui pourra), tout en restant parfaitement identifiable comme du Converge pur jus. Mais ce qui le distingue de son grand frère, c’est qu’il est surtout selon moi… bien meilleur que Love is not Enough… Et je ne m’y attendais pas.
C’est probablement une histoire de préférence personnelle car les avis divergent sur ce sujet, mais je trouve en effet ces 10 nouvelles compositions beaucoup plus accrocheuses et efficaces que celles de LINE (à l’exception de l’excellent « We Were Never the Same » qui concluait l’album) et ce nouveau cru est à mon sens d’une fluidité assez remarquable, les 33 minutes passant à toute vitesse. Que ce soit les uppercuts surpuissants « Doom in Bloom », « It Only Gets Worse », « I Won’t Let You Go » (qui est une version remaniée du titre qui avait été utilisé dans le cadre du jeu Cyberpunk 2077) ou le plus lourd/écrasant « Dream Debris » suivi de l’instrumental malsain « It Used to Matter », on en prend plein la gueule le sourire aux lèvres, d’autant que Jacob Bannon est souvent secondé par Nate Newton (cf « Hum of Hurt » par exemple) et on adore toujours autant sa voix de bûcheron qui contrebalance idéalement celle du master of ceremony habituel.
A l’exception du titre de l’album tellement pénible à prononcer (Hum of Hurt, ça fait bosser la prononciation à l’anglaise des « h » certes), je ne vois pas ce que l’on peut reprocher à ce disque (allez peut-être que le closer « Nothing is Over », que je trouve quand même très bon, n’est pas aussi intense que « We Were Never the Same »). Même l’artwork assez étrange et minimaliste à l’écran passe bien en « vrai », avec cet effet brillant bien vu. Hum of Hurt est encore une démonstration magistrale du talent des américains qui dominent effrontément le « game » de la tête et des épaules et toisent tous les suiveurs en les forçant à baisser les yeux ! Respect maximum pour les patrons.
Tracklist :
01 – Slip the Noose
02 – Doom in Bloom
03 – It Only Gets Worse
04 – Detonator
05 – I Won’t Let You Go
06 – It’s Not Up to Us
07 – Dream Debris
08 – It Used to Matter
09 – Hum of Hurt
10 – Nothing is Over
Converge
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