Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de Marvin Heemeyer ? Avant d’être le groupe nancéien dont on va parler ici, il s’agissait d’une personne, un simple soudeur/mécanicien vivant dans le Colorado ayant eu l’un des plus improbables pétages de câble. S’étant disputé avec de nombreuses personnes, dont des élus, de sa ville (Granby), ce dernier a modifié son bulldozer et y a détruit plusieurs bâtiments, y compris la mairie, avant de se suicider alors qu’il était bloqué dans les gravats qu’il venait de causer. Une histoire – dont je vous ai passé des détails – qui a donc inspiré ce quartet de punk hardcore.
Optant pour l’aspect direct et cru du style, le quartet ne tergiverse aucunement et fonce tout droit. Douze titres pour vingt-quatre minutes à peine, le compte est vite fait, les lorrains ont choisi l’énergie (touchant régulièrement au fastcore) a laquelle se mêle une abrasivité de tous les instants, leur facette punk émanant d’ailleurs aussi de leurs lyrics.
De paroles introspectives (« Old Stuff », « Hanged Up », baignées par pas mal de remords) à des attaques frontales contre les affres de notre société actuelle (le dévastateur « Betharram », est-il nécessaire d’en faire un dessin ?), en passant par un majeur tendu sans équivoque (« Stone », titre le plus lourd de l’album avec un tempo plus bas et une basse appuyée), A New Low est un concentré de rage hautement communicative.
Vindicatif et frondeur, un premier long-format un peu à l’image de la personne dont le groupe a hérité du nom: Marvin Heemeyer pourrait bien démolir des murs à l’avenir. Mais pour l’instant, faire bien vibrer ceux des salles de concerts où ils le défendront, c’est déjà pas mal.
Marvin Heemeyer
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