Guillaume Perret & the Electric Epic

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Style: Jazz-fusionAnnee de sortie: 2012Label: Tzadik

Il y a 3 semaines, je faisais un petit focus sur 4 albums de jazz fusion des 70’. La chronique du jour pourrait presque faire office d’état des lieux de 40 ans de jazz fusion. Mais nous y reviendrons.

Guillaume Perret, s’il n’a encore jamais sorti de disque sous son propre nom, a pourtant à son actif une trentaine de disques au sein de divers groupes ou en tant que sideman. Mais ce n’est que très récemment que celui-ci eu l’idée d’ajouter à son sax tout un arsenal de pédales d’effets, élargissant ainsi le spectre des possibilités sonores. Parallèlement à ça, il réunit autour de lui divers musiciens afin de monter le groupe Electric Epic, qui écume les scènes depuis maintenant 2 ans.
Ainsi, on trouve autour de lui le guitariste Jim Grandcamp, qui a joué avec Michel Jonasz, Eric Serra ou encore Jannick Top (Magma) ; le batteur Yoann Serra qui a joué avec Christian Vander ou Laurent de Wilde ; et enfin le bassiste Philippe Bussonnet, bassiste de Magma (encore) depuis 96.

Avec ce line-up le décor est planté. Et pour ce premier disque (sortit sur Tzadik, label de Zorn, excusez du peu) le groupe s’adjoint les services du déjanté Médéric Collignon (Andy Emler Megaoctet, Jus de Bocse) sur quelques titres (au cornet commme au chant).

Je parlais de jazz fusion au début, avec cet album on est donc en plein dedans ; le jazz fusion du XXIe siècle. Celui qui est balancé par des musiciens ayant été nourris par Meshuggah autant que Charlie Parker ou encore King Crimson. Ici, plus que jamais, la frontière entre les genres n’aura été aussi floue. Le jazz est bien présent, qu’il fasse référence au hard-bop de Cannonball Adderley, au jazz électrique de Miles Davis ou à l’ethio-jazz de Mulatu astaque. On appréciera même que Guillaume mette un point d’honneur à swinguer (chose de plus en plus rare avec le jazz fusion d’aujourd’hui). Mais ce disque nous emmène bien plus loin et n’a pas peur de brusquer les oreilles chastes dès le premier titre avec une rythmique saccadée et des vocaux “Patonniens“.
Mais tout n’est pas rentre-dedans sur ce disque, accalmies et mélodies sont souvent de la partie. Beaucoup de motifs accrochent d’emblée (le sublime “Ethiopic Vertigo“ avec son rythme dub), tandis que d’autres nécessiteront plusieurs écoutes avant d’être assimilés. Notamment “Thème pour le rivage des morts“, longue pièce 12 minutes, plutôt sombre et angoissante comme son titre le suggère.

Zorn ne s’y est pas trompé en signant ce premier album sur son label, superbe album de jazz sans frontières qui sait regarder vers l’avenir sans oublier son passé. Un incontournable de l’année, tous genres confondus.

 

tracklisting :
01. Kakoum (8:24)
02. Légo (7:58)
03. Ethiopic Vertigo (4:45)
04. Circé (8:45)
05. Chamo (5:41)
06. Thème pour le rivage des morts (12:33)
07. Massacra (8:43)

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6 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Bon album, je dois dire que j’ai été conquis également. C’est quand même assez dense, un peu bourratif par moments, mais heureusement l’album est varié, chaque titre est différent. Le dernier titre est celui qui est le plus ouvertement metal, avec de grosses guitares.

  2. Passmountain says:

    Album de l’année !

  3. Angrom angrom says:

    Excellent disque, fourre tout mais pas écoeurant… Une belle découverte !

  4. Spirilysis says:

    Je reviens et me corrige après avoir écouté l’album complet: plus qu’excellent!! C’est vrai qu’il a une charge qu’on n’écoute pas à toute heure, mais à partir du moment où l’on choisit le bon créneau… ça envoi sévère! Le terme de Jazz fusion prend tout son sens, le tout sur un lit d’ambiance Magmaïenne… merci pour cette découverte!

  5. Joss says:

    De rien. ça fait plaisir de savoir que les articles servent à quelque chose. Ouvre l’oeil, une autre chronique de mon cru (à venir) pour éventuellement t’intéresser…

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