Whispering Sons – Image

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Style: Post Punk / Cold WaveAnnee de sortie: 2018/2019Label: Pias

Le rattrapage des loupés de l’année passée commence avec Whispering Sons, groupe belge dont l’album Image est même en réalité sorti en octobre 2018 en Belgique. La Belgique étant, c’est bien connu, très éloignée de notre beau pays, c’est finalement début 2019 que l’album a officiellement débarqué en France, via le label Pias. Excuse parfaite qu’il me fallait pour pouvoir impunément inclure Whispering Sons dans mon top annuel 2019, car Image est tout simplement un petit bijou qui aura marqué ma fin d’année 2019. En effet pour une raison que j’ignore, j’avais trop vite mis de côté ce disque lors d’une première écoute distraite fin 2018 ou début 2019, même si je me souviens avoir quand même bien accroché à l’époque au « single » « Alone » titre proprement imparable s’il en est. Les mystères de l’humeur du moment probablement…

Bref. Officiant dans un post-punk mélodique à la croisée de la cold-wave, les belges formés en 2013 avaient lâché un premier EP, Endless Party (dont l’écoute est fort recommandée) en 2016, avant de sortir également trois très bons singles indépendants, « Performance », « Strange Identities » et « White Noise » dont je vous recommande également l’écoute (Spotify ou Deezer seront vos amis), avant de mettre à profit l’expérience accumulée pour livrer finalement leur premier album en bonne et due forme, ce fantastique Image. Ce qui marque le plus, outre l’ambiance sombre qui doit évidemment beaucoup comme tout bon disque du genre aux géniteurs du genre (Joy Division donc), c’est d’abord ces mélodies étranges portées par les guitares et soutenues par des rythmiques hypnotiques. On voit bien que la guitare occupe le rôle central et que les compositions sont construites autour de ces mélodies qui vous attrapent en quelques écoutes, pour ne plus vous lâcher.

Des mélodies surprenantes rappelant en un sens le travail de Daughters (en moins noisy bien sûr) sur la déconstruction/reconstruction de mélodies et le côté improbable mais ô combien jouissif du résultat. Ces mélodies s’accouplent avec  la voix très grave et masculine de l’androgyne (mais néanmoins femme) Fenne Kuppens dont le timbre rappelle autant Nick Cave que Ian Curtis voire Patty Smith pour lui trouver une homologue féminine. Capable de se montrer possédée et obsédante, elle sait aussi faire étalage de sa puissance voire de sa rage expressive, comme sur « Stalemate ». Les moments de pure beauté sont légion, mais on citera pour exemples les « Alone », « Got a Light », « No Time » ou encore « Hollow » s’il ne fallait en citer que 4 sur les 10 morceaux que compte l’album. Même lorsque les jeunes belges décident de se faire mélancoliques et versent dans la ballade synthétique, le résultat (« Skin ») est magnifique de beauté ténébreuse, aux frontières du gothique.

44 minutes géniales, voilà ce que nous proposent Whispering Sons sur ce premier album magistral qui mérite de figurer en bonne place dans votre discothèque pour peu que vous appréciez le genre pratiqué et que vous ayez la curiosité de vous frotter à ces mélodies atypiques.

Tracklist :
1. Stalemate 03:52
2. Got A Light 05:20
3. Alone 03:56
4. Skin 04:20
5. No Time 05:23
6. Fragments 04:10
7. Hollow 04:22  
8. Waste 04:26
9. Dense 03:10
10. No Image 05:43

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 945 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Il faut peut-être un temps d’adaptation à cette voix aussi grave qu’expressive, mais c’est un chef-d’oeuvre qui confirme que le Post-Punk indé se porte merveilleusement bien de nos jours. Inspiré par le choc humain causé par le déménagement du groupe à Bruxelles alors qu’ils viennent d’une petite ville de Flandre, on ne s’étonnera pas que cela sonne si profondément comme une réinvention d’Unknown Pleasures pour notre époque (la comparaison est usée mais quand on se plonge dedans elle devient incontournable).

    Ils ont tourné en France cet automne, ce n’était pas la première fois mais je ne les ai pas loupés. Et sur scène aussi c’est énorme, on sait déjà qu’ils seront bientôt beaucoup plus loin que ça.

    On peut aussi acheter sur bandcamp l’EP et les deux singles antérieurs que je recommande tout autant.

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