Autarkh – Form in Motion

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Style: Dissonant Djent Metal Boosté aux BPMAnnee de sortie: 2021Label: Season of Mist

Autarkh, c’est le dernier projet en date du prolifique néerlandais Michel Nienhuis, après Dodecahedron au sein duquel il était déjà le songwriter en chef, en plus de son rôle de guitariste. Le voilà aux commandes de cette nouvelle entité, pour laquelle il a une nouvelle fois écrit l’intégralité des morceaux composant ce premier album, Form in Motion, en plus d’endosser cette fois le rôle de guitariste mais aussi chanteur/hurleur. Il est épaulé par un line-up renouvelé à l’exception de son second Joris Bonis, guitariste chez Dodecahedron (et chez Ulsect), qui prend ici en charge la dimension « synthétique », ô combien importante dans ce nouveau projet.

Car en effet, si de prime abord on peut penser être proche du registre de Dodecahedron, ce metal agressif et chaotique étouffant tirant sur le black metal avant-gardiste, quelques petites différences significatives vont très vite apparaître.

La première grande différence tient au fait que les machines chez Autarkh, même si elles étaitent déjà présentes chez Dodecahedron occupent ici une place centrale, d’abord avec des beats et autres synthétiseurs qui confèrent une atmosphère à la fois froide et étouffante à la musique d’Autarkh, mais aussi de par l’utilisation d’une BAR en lieu et place d’une véritable batterie. L’absence de cette dernière, loin d’être une faiblesse, joue en réalité en faveur de l’ambiance mise en place sur Form in Motion, la BAR accentuant en effet encore le côté froid de la musique des néerlandais.

Le chant est également purement hurlé dans un registre bien éloigné du black, bien que Nienhuis introduise de façon bienvenue quelques nuances dans son chant, comme ce registre presque chanté (mais un peu éraillé) sur « Introspectrum ». On peut également l’entendre jouer sur des variations, utilisant le chuchotement ou en tout cas un chant parfois plus discret, ou être assisté par deux de ses compagnons (comme sur « Lost To Sight »).

Autre différence , le rythme est un peu moins effréné chez Autarkh, il en résulte que même si la « mélodie » était déjà présente (de façon d’ailleurs assez incroyable quand on y pense) dans le chaos sonore de Dodecahedron, elle se dévoile ici plus facilement, la musique d’Autarkh étant moins dense et plus « accessible », toutes proportions gardées… Car Nienhuis ne donne pas encore dans la pop, et sa musique reste quand même exigeante et assez destructurée (et puis quand ça poutre, ça poutre… cf la deuxième partie de « Lost To Sight » par exemple lorsque la BAR se déchaîne), se rapprochant finalement davantage de Meshuggah. On serait donc plutôt cette fois face à une sorte de djent extrême plutôt que face au black avant-gardiste et chaotique du précédent groupe de Nienhuis.

Mais Autarkh sait bien jouer avec les variations de tempos pour rendre les passages agressifs plus percutants encore, y compris dans un même morceau à l’image du monstrueux « Lost To Sight » que vous pouvez écouter en cliquant ci-dessous, et aussi pour ne jamais nous perdre au long des 47 minutes (durée assez parfaite) que dure l’album.

Cette science des atmosphères, de l’étouffement aussi, font de Form in Motion un album très réussi de A à Z, très intéressant également, qui devrait ravir les fans d’Ulsect, Dodecahedron ou Meshuggah. Un album qui nécessite tout de même de s’y plonger et ne pourra pas s’apprécier via des sessions d’écoute distraites. Avis aux amateurs!

Tracklist :
1. Primitive Constructs
2. Turbulence
3. Cyclic Terror
4. Impasse
5. Introspectrum
6. Lost To Sight
7. Metacognition
8. Clouded Aura
9. Alignment
10. Zeit ist nur eine Illusion

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 986 articles sur Eklektik.

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