Connu comme l’un des deux guitaristes de Haken, Charlie Griffiths s’est offert une parenthèse solo avec Tiktaalika, et le résultat dépasse largement l’exercice de style attendu. Ici, pas question de recycler des riffs laissés de côté par son groupe principal : Griffiths plonge dans ses influences old-school thrash des années 80, le tech-metal 90s ou encore l’alternative, tout en gardant une ossature profondément progressive. L’album transpire d’énergie, bourré de riffs véloces et accrocheurs, mais reste d’une richesse compositionnelle impressionnante, oscillant entre passages mélodiques, expérimentations et explosions de brutalité.
Tiktaalika est aussi un concept album, puisant son inspiration dans les 375 millions d’années de l’histoire géologique et de l’évolution : fossilisation, transformation, liens de l’humanité avec la planète… Des thématiques ambitieuses servies par neuf morceaux denses et variés. Pour incarner ces idées, Griffiths a convié un casting vocal de luxe : Tommy Rogers (Between the Buried and Me), Daniel de Jongh (ex-Textures), Vladimir Lalić (Organised Chaos) et Neil Purdy (Luna’s Call). L’instrumentation n’est pas en reste, avec Jordan Rudess (Dream Theater) aux claviers, Darby Todd à la batterie et même un saxophone signé Rob Townsend (Steve Hackett).
Entre l’extravagance d’un King Crimson et le mordant d’un King Diamond, Griffiths réussit un disque à la fois personnel et virtuose, qui ravira aussi bien les amateurs de thrash racé que les mordus de prog ambitieux, et pas seulement de Haken. Avec une production impeccable (Adam “Nolly” Getgood au mix), Tiktaalika s’impose comme une pièce de prog metal moderne de qualité, tout en affirmant la personnalité d’un musicien trop souvent resté dans l’ombre de son groupe.
Charlie Griffiths
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