Troisième album des Ukrainiens de White Ward, False Light est un disque qui bouscule les frontières du black metal. Il s’agit d’un concept-album en huit titres où le groupe continue d’affiner sa formule unique : une fusion de black et death metal avec du dark jazz, du post-rock, des nappes électroniques et un saxophone omniprésent.
Les morceaux, souvent longs et labyrinthiques, enchaînent blasts rageurs, riffs dissonants, passages atmosphériques et interludes jazz étonnamment naturels, au point de brouiller la frontière entre extrême et progressif. Le saxophone, loin de n’être qu’un gimmick, devient un véritable fil narratif, introduisant mélancolie et étrangeté dans un univers saturé de noirceur. On pense à Enslaved pour le côté prog et narratif, mais White Ward pousse l’expérimentation encore plus loin.
Sur le plan thématique, False Light s’inspire de l’auteur ukrainien Mykhailo Kotsubinsky (Intermezzo) pour peindre un monde dystopique, où se croisent catastrophes écologiques, corruption politique et vacuité culturelle. Les paroles convoquent aussi Jack Kerouac et Carl Jung, ajoutant une profondeur littéraire et psychologique rare dans le metal extrême.
Avec des titres marquants comme « Leviathan », « Salt Paradise » ou « Phoenix », White Ward livre une œuvre dense et avant-gardiste, saluée comme l’une des sorties les plus originales de 2022. False Light est un album déroutant et visionnaire, à la fois brutal, expérimental et profondément atmosphérique, qui confirme le groupe comme l’un des fers de lance du black metal progressif.
White Ward
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