Paradise Lost – Ascension
Chronique du Moment (doom) Metal Gothique

Paradise Lost – Ascension

krakoukass
krakoukass
Auteur
6 octobre 2025
il y a 11 mois
1 commentaire
15,443 vues
Année de sortie
2025
Note
Un retour en grâce pour le groupe de Halifax, après deux albums beaucoup plus ternes (de l'avis du chroniqueur en tout cas). Un must have pour les fans qui pourrait bien les réconcilier tous.
Paradise Lost – Ascension

Paradise Lost est un groupe absolument cultissime pour le vétéran que je suis, la faute d’abord et pour toujours à Draconian Times découvert à sa sortie, premier contact avec le groupe qui m’a marqué et reste encore aujourd’hui l’une des plus grosses claques musicales de ma vie, déterminante dans la construction du passionné de musique que je suis.

Depuis le revirement stylistique de The Plague Within qui a vu le groupe revenir à une approche plus doom et surtout au chant death pour Nick Holmes, je dois pourtant avouer que je n’ai pas été conquis par les albums suivants : Medusa et Obsidian (qui n’ont d’ailleurs pas été chroniqués sur le site) m’ont en effet bien gonflé ne correspondant pas au Paradise Lost que j’aime et que je souhaitais écouter.

C’est pour cette raison que l’annonce de la sortie d’Ascension n’a suscité en moi aucune excitation particulière, je m’attendais en effet à ce que le groupe continue (sans moi) sur sa lancée.

Sauf que… S’il ne change pas radicalement d’approche (avec une bonne composante de doom mais bien aérée et « diluée » par des passages beaucoup plus « metal » et directs), surtout par rapport à Obsidian, j’y ai trouvé cette fois ce je ne sais quoi dans les compositions qui m’a accroché dès la première écoute et donné envie d’y revenir surtout. Et le charme a ensuite opéré finalement très vite, d’abord grâce à certains titres en particulier (« Tyrant’s Senerade » notamment) pour que tout l’album s’impose naturellement à moi fort de ses nombreuses qualités.

La première qualité et pas des moindres, c’est sans surprise la voix de Holmes, et la variation de ses registres souvent même au sein d’un même titre à l’image de « Tyrant’s Senerade » (sur lequel il se répond à lui-même dans les deux registres dur et clair) mais aussi du monstrueux « Salvation » et ce alors que son style monocorde grogné sur l’introductif « Serpent on the Cross » aurait pu nous faire penser qu’il allait se concentrer sur ce registre « dur » tout l’album durant. Les très belles quasi-balades « Savage Days » et « Lay a Wreath upon the World » lui permettent même de proposer son registre clair tandis que « Sirens » le voit revenir au style vocal Hetfieldien de Draconian Times. Il réussit tout, est exemplaire dans chacun des registres couverts, et régale du début à la fin.

Il y a bien sûr également les mélodies de guitare de Greg Mackintosh, dont on reconnaît immédiatement la patte et le son, de même que ses solos. Il est une fois encore le maître à bord de la bande d’Halifax, et d’ailleurs toujours son compositeur en chef et même si Greg semble plaider pour la démarche inconsciente lorsqu’on l’interroge sur le sujet, il semble tout de même qu’Ascension lui permette de faire état de toute la palette de ses qualités de songwriter et de convoquer des périodes différentes de la longue carrière du groupe, en se concentrant plutôt sur les premières périodes et le retour au doom/death originel à partir de the Plague Within. Pas de trace de Symbol of Life ni de Host donc et même si on aime ces albums, la cohérence de l’album aurait forcément pâti de ces références inappropriées.

Les riffs punchy de « Deceivers » rappellent ainsi la grande époque de Draconian Times, avec leur petit goût de « The Last Time » très agréable tandis qu’on ira parfois jusqu’à penser à Gothic, Shades of God. Au-delà du songwriting affûté, c’est aussi la science des arrangements, et l’atmosphère bien sombre et gothique distillée par l’album qui permet à Paradise Lost de remporter la partie sans que cela passe par des artifices particulièrement pompeux : pas d’orchestre symphonique au complet par exemple, même s’il l’on entend quand même ce qui ressemble à des cuivres sur « Silence like the Grave » et peut-être aussi du violon par ci par là – sur « Savage Days » aussi – en plus de la guitare acoustique sur le démarrage de « Lay a Wreath upon the World », titre sur lequel on retrouve aussi un chant clair féminin de toute beauté qui vient nous gratifier de ahaaaaaaahaaaaahahaa très ponctuels mais encore une fois bien amenés. Tout est distillé dans la bonne proportion, avec bon goût, pour servir la musique et l’ambiance. Pour être complet on mentionnera aussi ces bruits de corbeaux ou ces simili cloches sur le monstrueux (et très dooooom) « Salvation » (sur lequel on note aussi la participation vocale presque anecodtique mais quand même très audible sur un couplet de Nemtheanga chanteur de Primordial) qui viennent s’ajouter aux traditionnelles guitare/basse/batterie/voix.

Enfin la constance dans la qualité est remarquable jusque s’agissant des bonus tracks de l’album, « This Stark Town » et « A Life Unkwnown », à tel point que vous oublierez rapidement (si d’aventure vous le saviez même) qu’il s’agit de bonus tracks.

Pas certain que j’ai pour ma part autant accroché à un album de Paradise Lost depuis longtemps : il tourne en boucle et le plaisir est renouvelé à chaque écoute, à mesure que je continue de découvrir des menus détails qui participent au ravissement et à la conviction d’avoir affaire à un grand album du groupe 35 ans après la sortie de leur premier album Lost Paradise. Merci Messieurs!

Tracklist :
01 – Serpent on the Cross
02 – Tyrants Serenade
03 – Salvation
04 – Silence like the Grave
05 – Lay a Wreath upon the World
06 – Diluvium
07 – Savage Days
08 – Sirens
09 – Deceivers
10 – The Precipice
11 – This Stark Town (Bonus Track)
12 – A Life Unknown (Bonus Track)

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

(Doom) Metal Gothique
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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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1 commentaire

Manfred Ackermann

il y a 11 mois

Merci beaucoup pour cette chro qui reflète complètement ce que je pense de ce nouvel album …. Super intéressant, un joli retour, et un amour du groupe que je n’avais plus sur les nouvelles sorties depuis .. oulaaa….18ans avec In Requiem je pense …
A tous ceux qui ont aimé un jour Paradise Lost, ce nouvel album rassemblera tout le monde .. Reste maintenant à faire de bons lives….

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