Paradise Lost – Faith Divides Us – Death Unites Us

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Style: metal gothiqueAnnee de sortie: 2009Label: Century Media

Darkantisthène :

La foi divise. Certes, mais elle n’est pas la seule. La musique aussi.
Je n’aurais pas cru un jour avoir à débuter une chronique de Paradise Lost sur ce fâcheux constat mais ce nouvel album m’y pousse un peu, il faut bien l’admettre. L’excellente tenue des derniers albums n’est bien sûr pas étrangère à cette amertume, j’avoue avoir la naïveté de toujours beaucoup attendre de ce groupe dont je suis assidûment la carrière depuis le choc que fut pour moi la sortie de Shades of God.
Et Faith Divides Us – Death Unites Us est loin de me satisfaire pleinement. Paradise Lost avait dernièrement opéré un retour à des sonorités et des structures plus « viriles » marquant (définitivement ?) leur souhait de renouer avec leurs racines. Ce nouvel album pousse la logique encore plus loin. Mais la démarche des Anglais m’apparaît moins sincère que sur In requiem.
A l’écoute d’un « The Rise of Denial » par exemple, j’ai l’impression qu’ils se sont dits : « on va leur montrer qu’on peut encore envoyer le pâté, qu’on fait bien partie du paysage metal à gros poils bien drus ». A tel point qu’on frôle presque le risible avec le chant de Holmes sur « Living With Scars » et son couplet quasiment death débouchant sur un refrain franchement anodin. Et que dire de « Universal Dream » qui lorgne sacrément du côté de « Pity the Sadness » sur le couplet. C’est quoi ce recyclage/clin d’œil ?
Le pompon provient sans doute du conclusif « Cardinal Zero » : son faux air de face B période Icon est du plus mauvais effet, on franchit clairement la limite de l’utile.

Alors bien sûr tout n’est pas à mettre au débit (de Guiness) du groupe ; les moments intéressants voire enthousiasmants ne manquent pas à l’appel. A la tête de ces moments, la tête de l’album : « As Horizon End » est réellement excellent. C’est d’ailleurs presque une erreur de l’avoir placé au début, tellement il enfonce le reste. « I Remain » s’en serait peut-être mieux sorti même s’il est aussi à placer sur le podium.
D’autres titres loupent le coche de peu faute de réelle envolée : les fort corrects « First light » et « The last Regret » tristounets à souhait, bien gothico-doomy ; le mélancolique (et un poil facile) « Faith Divides Us – Death Unites Us » auquel il manque un putain de solo digne de ce nom. Mc Intosh est d’ailleurs en petite forme sur l’ensemble de l’album de ce point de vue.

Krakoukass :

Nous voilà en effet divisés face à notre foi pour les anglais de Paradise Lost… Il s’en est pourtant fallu de peu pour que nos avis convergent mon cher Darkantisthène.
Finalement il n’en sera rien. J’avais pourtant déjà été moyennement emballé par les derniers albums des anglais, malgré un niveau toujours plus que correct. Et cette fois, si la première écoute de cette cuvée 2009 ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, je suis bizarrement sorti des écoutes suivantes complètement conquis.
Je ne parlerai pas de retour à quoi que ce soit, car même si ce nouvel album est très sombre, je n’arrive pas à y voir, ne serait-ce qu’à cause du son (très actuel), un rappel des heures passées. Du reste, je n’attends plus de Paradise Lost qu’il parvienne à frapper au niveau des chefs d’œuvre absolus qu’il a signés il y maintenant plus de 10 ans. C’est peine perdue, et ça n’apporte d’ailleurs pas grand-chose puisque les chefs d’œuvre sont là et ils le resteront.

Ce Faith Divides Us – Death Unites Us contient vraiment de très jolis moments, face auxquels il devient assez vite inutile de lutter. De vrais beaux moments comme on n’en a pas entendu depuis finalement pas mal d’années : « As Horizons End », « I Remain », « First Light », forment la première triplette vertueuse de l’album.

Malheureusement, le paradis perdu est bien perdu et de paradis il n’est plus question. Comprendre que la perfection n’est plus d’actualité et que les anglais ne peuvent pas s’empêcher, comme le remarquait mon cher confrère, d’en faire parfois un peu trop. « Frailty » évite d’abord la casse de très peu, les harmoniques sifflantes façon Machine Head apparaissant d’abord un peu déplacées sur un disque de Paradise Lost, mais heureusement la deuxième partie du morceau, toute en mélancolie, impose son désespoir et conclut le titre de façon très positive. « The Rise of Denial » ne sera pas non plus le dérapage incontrôlé qu’on aurait pu croire, car malgré une tonalité burnée qui peut apparaître à raison un poil forcée, la mélodie marche, et le morceau se sifflote même agréablement

Là où PL chute, c’est effectivement comme vous l’évoquiez cher collègue, sur le bien plat « Living With Scars » faussement et surtout inutilement énervé (avec retour des harmoniques sifflantes, pourquoi les gars ?), ainsi que sur le non moins plat « Universal Dream », dont l’intérêt est effectivement très limité. Quant à « Cardinal Zero », il s’agit d’un bonus de l’édition limitée, on lui pardonnera donc facilement son caractère « superflu » (renseignez-vous que diable, Monsieur Darkantisthène !). Bon ok on peut même dire que la première moitié de ce titre est pourrie. N’achetez donc pas l’édition limitée (fort jolie au demeurant) que pour ce titre, vous le regretteriez probablement.

Alors non c’est vrai le disque n’est pas parfait, mais en plus de la triplette d’ouverture, figurent au rang de l’excellence le magistral titre éponyme ainsi que « Last Regret », ainsi que le très bon véritable conclusif « In Truth ». Il n’en faut pas plus pour que je retrouve le Paradise Lost au plus haut niveau, et que malgré les baisses de régime évoquées, l’album soit certainement de mon point de vue, le meilleur depuis Host. Ce qui n’est déjà pas si mal…

Note Krakou : 16.5

Darkantisthène :
J’avoue, sans honte aucune, ne pas m’être penché sur la forme et le contexte de l’album et être passé à côté du caractère bonusien de « Cardinal Zero ». Ma mauvaise foi (décidément) m’invite même à utiliser ce manque de professionnalisme comme argument corroborant mon manque d’intérêt pour ce nouveau Paradise Lost que vous n’hésitez pas à qualifier de meilleur depuis Host.
Sachez que nous ne vieillirons décidément pas ensemble, cher patron, car pour ce qui me concerne je trouve que nous avons droit ici à l’album le moins captivant depuis Believe in nothing.

Note Darkantisthène : 13

  1. as horizons end
  2. i remain
  3. first light
  4. frailty
  5. faith divides us – death unites us
  6. the rise of denial
  7. living with scars
  8. last regret
  9. universal dream
  10. in truth
  11. cardinal zero (bonus track)

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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6 Commentaires

  1. jfkool says:

    Pas un retour ou source comme disent beaucoup mais une réelle mutation que ce nouveau PL (selon moi). Meilleure mutation depuis Host (que je trouve sublime), je suis de cet avis également.

  2. damien luce says:

    Aunce fausse note pour ma part, Paradise lost livre un sublime album… J’ai hâte de les voir en Décembre

  3. bob l'éponge says:

    Très bon album de PL, le morceau d’ouverture est vraiment excellent…
    Effectivement vivement le concert en décembre

  4. josh says:

    Suivant le gpe depuis la sortie de icon… ce nouveau est superbe, tres varié et puissant. Et le batteur de studio qu’ils ont pris est excellent, tout comme la prod et le songwriting à part sur 2 ou 3 morceaux… Meilleur que in requiem et surtout paradise lost…

  5. cl_cl_ says:

    Pas vraiment une révolution, plutôt la suite logique de In Requiem. Cardinal Zero n’est certes pas très bon mais c’est un bonus track et Universal Dream est objectivement le moins bon morceau. Tout le reste est excellent, plus dark metal que Gothic (donc plutot orienté metal extreme…sans l’etre vraiment), on sent que le groupe a voulu rendre aux groupes de black et de doom qui les ont marqué.

  6. Sly says:

    Album monstrueux pour ma part, un come back au source depuis « Draconian Times » loin des clichés des 3 derniers albums, certes bon mais trop « new waves » a mon gout…du bon gros doom melancolique comme à l’epoque!!

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