Comme son nom ne l’indique pas du tout, Takomaha est un sextet originaire d’Oslo débarquant avec un nouvel EP contenant de sérieux atouts pour le rendre mémorable. Pour ce faire, les norvégiens se sont octroyés les services du producteur Nick Terry (Kvelertak, Libertines…), ce dernier ayant concocté un son aussi dense qu’addictif à leur fusion personnelle de noise, de post-hardcore et de shoegaze, nous entrainant dans une sorte de dystopie urbaine.
Et le morceau-titre « American Basements » nous place d’emblée sur d’excellents rails, trouvant là un lien naturel entre tension, froideur via un synthé atmosphérique et un sentiment d’excitation peu commun, avec un chant hardcore tendu venant se noyer dans la réverb massive d’A Place To Bury Strangers (en irritant tout de même moins les oreilles que ces derniers). Un énorme tube suivi par un « Scope Kreep » qui offre son lot de surprises comme le mur noisy final introduisant un énigmatique chant féminin, avant de recourir aux mêmes pendants quasi drones du titre d’ouverture sur l’excellent « NO_CLIP », trouvant un équilibre entre son incroyable pouvoir d’enveloppement via d’excellentes mélodies venant s’élever et son aspect cru, presque garage (et que dire de son euphorique final).
Enfin, du haut de ses huit minutes, « Tropical Slitwrist » la joue plus progressive en ajoutant également quelques rugosités post-hardcore voire stoner. Le titre développe lui aussi ses envies atmosphériques (avec un surprenant pont electro qui va donner la rythmique jusqu’à son terme) par son jeu sur les échos, donnant un effet hypnotique permanent avant son explosion finale.
Et ce sera malheureusement tout pour le moment. Ce surprenant EP touchant ici à sa fin tout en nous laissant sur la nôtre… de faim. L’appétit étant donc laissé grand ouvert, on espère que Takomaha reprendra vite le chemin des fourneaux car on tient clairement ici l’une des meilleures surprises de cette fin d’année.
Takomaha
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