Comptant parmi les découvertes les plus intéressantes de ces dernières années, Burnout Codes (2024), dernier album en date des norvégiens Heave Blood & Die (leur quatrième), ressort cette année agrémenté de deux titres bonus, tous deux issus de leur second album Post People (2021). Une bonne occasion d’acquérir cet excellent album, sortant idéalement quelques jours avant une nouvelle tournée européenne (le 11 mai au Supersonic à Paris) pour ce groupe que beaucoup ont découvert au Rock In Bourlon.
La musique de Heave Blood & Die est pourtant assez difficile à décrire, partant d’une base qu’on peut rapprocher du post-punk, mais agrémenté de plein d’autres éléments atmosphériques, des synthés plutôt étendus (qui les rapproche parfois de MSPaint, comme sur « Men Like You »), du fuzz, des déviations shoegaze voire encore des harmonies rappelant Wovenhand.
Tout ça tenant ensemble grâce à une énergie euphorisante, à l’instar de « Dog Days », évident premier single qu’on retrouve en ouverture. Un tube en puissance au chant rugueux (façon Idles) qui va être suivi par sept… pardon neuf autres morceaux où l’on alterne entre puissance (« Hits » qu’on imagine bien mettre la foule en ébullition, ou l’urgent « Things That Hurt ») et atmosphères plus feutrées (l’excellent « Mjelle » ou le tube « Heatwave 3000 » qui vaut pour son ambiance planante et son gimmick de synthé sur le chorus).
Les deux titres additionnels, bien que non inédits, apportent leur pierre à l’édifice: « Radio Silence » d’abord qui intègre une courte atmosphère indienne au milieu de son climat vaporeux hypnotique. Enfin « Post People » se montrera bien à part avec son chant clair typé shoegaze/dreampop, une conclusion qui débute de façon assez propre avant que le son de guitare ne s’épaississe en large mur à mi-chemin, un titre qui conservera malgré tout son caractère de rêverie.
Les possesseurs de la version 2024 de l’album trouveront peut-être que ces deux derniers titres ne sont qu’accessoire, ils n’auront pas vraiment tort, d’autant plus que l’album entier dont ils sont issus est trouvable sur leur Bandcamp. Mais cette nouvelle version de Burnout Codes s’adresse surtout à celles et ceux qui ont découvert le groupe plus récemment, permettant aussi de voir l’évolution du groupe, comptant parmi les plus excitants du moment. A (re)découvrir !
Et comme pour sa première version, on aura une douce pensée pour le bassiste Eivind André Imingen, tragiquement décédé pendant son enregistrement.
Heave Blood & Die
Soyez le premier à partager votre avis !
Laisser un commentaire