Il est enfin là le nouveau Failure : on a en effet du mal à le réaliser mais le précédent, l’excellentissime Wild Type Droid, est sorti il y a déjà près de 4 ans et demi. Il était donc plus que temps de retrouver ce groupe si important, valeur sûre du rock alternatif/post-hardcore américain.
Un album qui devrait selon les dires du groupe apparaître comme « particulier » eu égard d’abord aux circonstances entourant sa création : la maladie pour Kelli Scott mais plus important encore (car le batteur n’est que peu impliqué dans la composition chez Failure), les suites difficiles de l’intervention chirurgicale du dos subie par Ken Andrews, le guitariste et chanteur du groupe qui l’ont semble-t-il plongé pendant un moment dans un état un peu second.
Et pourtant Location Lost, s’avère être au final un pur album de Failure dans l’exacte continuité du précédent jusque dans son format quasi similaire (9 titres pour 39 minutes vs les 10 titres et 40 minutes du précédent) et à sa pochette « space » très réussie. Comme son prédécesseur il s’agit d’un album majoritairement mid tempo, calme, et comme son prédécesseur il est desservi (du moins de prime abord) par un extraordinaire single qui rend le reste plus fade (en l’occurence ici le monstrueux « The Air’s on Fire » l’un des meilleurs morceaux jamais sortis par le groupe, à l’image de « Submarines » sur Wild Type Droid). Il faut sans surprise en passer par plusieurs écoutes attentives pour succomber à nouveau devant la beauté de la musique des californiens, même si je continue quand même de trouver ce nouvel album globalement un petit cran en-dessous du précédent qualitativement parlant.
Mais le plaisir reste de mise et quelle joie c’est quand même de retrouver les lignes de guitares légèrement dissonantes si caractéristiques du groupe, et le chant tellement beau et émouvant d’Andrews qui viennent illuminer des titres comme « Someday Soon », « Location Lost » ou encore « Solid State » tous parfaitement dans le ton du style inimitable de Failure.
Pas de révolution donc, et si vous aimiez déjà Failure, pas de raison de bouder ce très bon nouveau cru, d’autant que le groupe nous propose quelques petites nouveautés bienvenues : l’utilisation de l’électronique qui ouvre « Crash Test Delayed » (lequel ouvre l’album) et qui évoquerait presque les expérimentations à la Radiohead post OK Computer (même si ça reste très fugace), et surtout la présence d’une invitée sur le titre « The Rising Skyline ». C’est en effet Hayley Williams, chanteuse de Paramore et fan de Failure, qui vient seconder Edwards au chant pour un résultat franchement très réussi d’autant que cette pseudo-ballade qui démarre assez classiquement adopte des tonalités un peu plus sombres et inquiétantes pour un final plus saturé que le début ne le laissait présager.
On est par contre un peu agacé, et ce sera la seule vraie fausse note concernant ce nouvel album, par la petite facilité dans laquelle se vautre le trio, en terminant 3 morceaux (sur les 9 donc) en recourant à un fade-out franchement paresseux.
Pour terminer sur une note positive, on est ravi de constater que le groupe a enfin mis en place un contrat de distribution qui permet à son album d’être facilement trouvable à un tarif normal, puisqu’il est disponible largement (à la Fnac ou sur Amazon par exemple). Il était plus que temps qu’un groupe de cette envergure bénéficie d’une distribution à la hauteur hors de ses terres, espérons maintenant que cela permette aussi à tout un chacun de se procurer plus facilement les précédents albums du groupe.
Tracklist :
01 – Crashtest Delayed
02 – The Rising Skyline (feat. Hayley Williams)
03 – Solid State
04 – The Air’s on Fire
05 – Halo and Grain
06 – Someday Soon
07 – Location Lost
08 – A Way Down
09 – Moonlight Understands
Failure
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