Coma Control – Shed the Sleep
Chronique Death Metal Progressif

Coma Control – Shed the Sleep

jonben
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Auteur
27 octobre 2026
il y a 1 jour
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Année de sortie
2026
Note
Ce projet solo d'un Finlandais livre un death metal progressif aussi technique que mélodique, impressionnant de maîtrise, mais encore très marqué par les influences d’Opeth et de Between the Buried and Me.
Coma Control – Shed the Sleep

Avec Shed the Sleep, deuxième album de Coma Control, on retrouve un death metal progressif particulièrement technique, quelque part au croisement d’Opeth et de Between the Buried and Me. Une filiation un peu encombrante, tant les références sont évidentes. Derrière ce nom se cache pourtant un seul musicien, le Finlandais Tapio Honka, qui assure l’intégralité des instruments, du chant et de la production. Une performance d’autant plus remarquable que la richesse des arrangements et la complexité des compositions laisseraient facilement imaginer un groupe de cinq ou six musiciens.

Le problème était déjà soulevé à la sortie de Perennial, son premier album paru en 2024 : Coma Control ressemble énormément à Opeth et à Between the Buried and Me, et à d’autres groupes ayant déjà senseiblement pompé ces deux là. Les constructions complexes, les changements de rythme incessants, l’alternance entre passages mélodiques et déferlements de violence, jusqu’au chant extrême qui évoque vraiment soit celui de Åkerfeldt soit celui de Tommy Rogers, tout rappelle les Suédois ou les Américains, selon le passage.

Il faut néanmoins reconnaître à Tapio Honka un véritable talent. Les compositions sont ambitieuses, les arrangements particulièrement soignés et la maîtrise instrumentale impressionnante, notamment à la guitare et à la batterie. Contrairement à certains groupes qui confondent complexité et accumulation de démonstrations techniques, Coma Control parvient à conserver une certaine cohérence dans ses morceaux, malgré les nombreuses ruptures et changements de direction.

Dès « Seething Hunger », le ton est donné avec un death progressif particulièrement musclé, des riffs acérés, une section rythmique remuante et un chant qui alterne growls profonds, hurlements plus aigus et passages clairs. « Inherently Unmet », qui approche les dix minutes, pousse plus loin encore la complexité des arrangements sans perdre le fil de la composition. À l’inverse, « Well of Absence » privilégie une approche plus mélodique et mélancolique. L’instrumental « Post-Aware » permet quant à lui d’apprécier les qualités de compositeur et d’instrumentiste de Honka, tandis que les presque onze minutes d’Immersed in Whispers concluent l’album dans une succession de contrastes entre atmosphères contemplatives et passages autrement plus agressifs.

Mais difficile de se défaire de cette impression de déjà-entendu. Là où Between the Buried and Me cultive une excentricité presque théâtrale, multipliant les digressions les plus improbables, Coma Control propose une approche un peu plus sérieuse, davantage ancrée dans le death metal progressif traditionnel. C’est peut-être là que se dessine une identité propre, même si elle reste encore insuffisamment affirmée. On retrouve également quelques touches de metal progressif moderne à la Haken, dans le travail mélodique et certains arrangements, sans que cela suffise véritablement à distinguer le projet de ses modèles.

Shed the Sleep est donc un album difficile à prendre en défaut sur le plan technique. Tout est remarquablement exécuté, les compositions sont solides et les amateurs de death metal progressif y trouveront largement leur compte. Surtout, malgré une musique particulièrement dense, l’écoute demeure étonnamment fluide. Les changements de rythme et d’atmosphère s’enchaînent avec suffisamment de naturel pour que les morceaux conservent leur cohérence, y compris les plus longs. C’est sans doute la principale qualité de cet album : proposer une musique très exigeante sans tomber dans la démonstration gratuite.

Reste cette question de l’originalité. Lorsqu’un musicien rappelle aussi constamment des formations aussi marquantes, la comparaison devient inévitable. Mais après tout, combien de groupes peuvent aujourd’hui se targuer d’atteindre un tel niveau de composition et d’exécution ? Shed the Sleep ne révolutionne certainement pas le genre, mais il en propose une interprétation particulièrement convaincante. Pour un projet entièrement porté par un seul homme, le résultat est assez bluffant, et l’on ne peut qu’espérer que les prochaines productions permettront à Tapio Honka de s’émanciper davantage de ses influences.

Artistes / Groupes

Genre selon le Chroniqueur

Death metal progressif

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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