Temic – Ceiba
Chronique Rock/Metal Progressif

Temic – Ceiba

jonben
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Auteur
18 octobre 2026
il y a 1 jour
57 vues
Année de sortie
2026
Note
Un metal progressif virtuose, entre Dream Theater et Leprous, dont l’excellence instrumentale ne compense pas toujours des choix mélodiques inégaux, malgré quelques morceaux remarquables.
Temic – Ceiba

Ceiba est le deuxième album d’un groupe formé par des musiciens de formations renommés du Metal Prog en 2023. J’avais trouvé les compos de leur premier album Terror Management Theory un peu plates à mon gout, mais je dois dire que ce deuxième album confirme lui mieux le potentiel de ce supergroupe réunissant notamment l’ancien claviériste de Haken, Diego Tejeida, le guitariste de The Neal Morse Band, Eric Gillette, le chanteur de Maraton et un ancien membre de Evergrey.

On a donc un groupe avec des membres du Mexique, de Norvège et des États-Unis, une réunion de musiciens qui ont déjà fait leurs preuves, et musicalement pas de surprise la musique de Temic rappelle la tradition de Dream Theater avec tout de même des compositions plus mélodiques et atmosphériques évoquant parfois Leprous. Le tout est impeccablement exécuté, avec une production très soignée et une grande variété d’ambiances.

Je dois d’abord avouer avoir été immédiatement conquis par « Ceased to Be », premier single de ce deuxième album de Temic, que j’ai écouté en boucle pendant les semaines précédant sa sortie, mais l’écoute de l’album complet a quelque peu fait retomber le soufflé. Non pas que le disque soit mauvais, loin de là, mais je n’y ai pas systématiquement retrouvé cet équilibre entre mélodies vocales et guitares métalliques qui m’avait tant séduit sur le single.

Passons rapidement sur « Asunder », une introduction dont on aurait très bien pu se passer, pour entrer directement dans le vif du sujet avec « Ashes », un morceau de Metal Progressif particulièrement énergique qui rappelle immédiatement Dream Theater, tant par ses riffs que par ses développements instrumentaux. Et ça restera une référence tout du long, même si Temic ne partent pas autant dans des parties instrumentales démonstratives comme ces derniers et proposent des formats de chanson plus classiques. Eric Gillette est un guitariste impressionnant, avec un toucher qui évoque très fortement celui de John Petrucci, aussi bien dans la précision des passages techniques que dans le phrasé de ses solos. En revanche, la mélodie vocale du refrain me gêne quelque peu, avec un côté presque Evanescence qui détonne au milieu de cette débauche de progressif. Ce n’est pas tant la qualité du chant qui pose problème que les choix mélodiques, parfois trop emphatiques ou conventionnels à mon goût.

C’est d’ailleurs ce qui me retient de plonger complètement dans Ceiba. Fredrik Klemp possède indéniablement une excellente voix, capable d’une grande puissance comme de passages beaucoup plus délicats. Il rappelle très souvent Einar Solberg de Leprous, notamment dans sa manière de monter dans les aigus et d’étirer ses mélodies avec beaucoup de lyrisme. Mais son approche varie énormément d’un morceau à l’autre, passant de refrains très accessibles, presque pop metal, à des passages beaucoup plus théâtraux ou introspectifs. Cette variété pourrait être une force, mais elle me donne parfois l’impression d’écouter plusieurs groupes différents, sans toujours retrouver une identité vocale suffisamment cohérente d’un titre à l’autre.

Le meilleur exemple de ce que Temic peut accomplir est sans doute « Ceased to Be », excellent de bout en bout. C’est précisément le morceau où les deux facettes du groupe se rejoignent le mieux : le lyrisme des lignes vocales, les envolées mélodiques et la puissance des guitares métalliques s’y répondent naturellement, sans qu’aucun de ces éléments ne prenne le dessus. Ailleurs, j’ai davantage l’impression que les compositions privilégient l’une ou l’autre de ces approches. « Broken » et « Night of Veils » explorent ainsi une veine plus atmosphérique et émotionnelle, tandis que « Casting Stone » laisse davantage de place à la virtuosité instrumentale, avec ses nombreuses ruptures rythmiques, ses claviers parfois presque électroniques et ses échanges de solos particulièrement spectaculaires.

On ne peut d’ailleurs qu’admirer le niveau instrumental de l’ensemble. Eric Gillette confirme qu’il est l’un des guitaristes les plus intéressants du metal progressif actuel, tandis que Diego Tejeida apporte une palette sonore particulièrement riche, héritée de ses années chez Haken mais aussi de ses collaborations avec Devin Townsend. La section rythmique n’est pas en reste, et l’album regorge de passages complexes exécutés avec une facilité déconcertante. Seulement, cette maîtrise technique ne suffit pas toujours à rendre les compositions mémorables. Sur plus d’une heure de musique, certains développements paraissent un peu étirés et quelques mélodies vocales me laissent assez indifférent, malgré leur interprétation irréprochable.

Ceiba reste donc un très bon album de Metal Progressif, ambitieux, varié et remarquablement interprété, avec quelques moments réellement enthousiasmants. Mais là où les meilleurs groupes du genre parviennent à faire oublier leur virtuosité derrière une identité musicale immédiatement reconnaissable, Temic me donne encore parfois l’impression d’osciller entre plusieurs directions. Les amateurs des groupes cités dans cette chronique devraient néanmoins largement y trouver leur compte, et si je suis un peu dur, c’est tout de même un album que j’écoute régulièrement ces temps-ci.

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

Rock/Metal Progressif

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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