Devin Townsend – Lightwork

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Style: Pop Metal ProgAnnee de sortie: 2022Label: InsideOutProducteur: GGGarth Richardson

Ce cher Devin et moi, ça fait un petit moment qu’on ne se comprend plus vraiment… En fait le dernier album du Maître qui m’avait réellement séduit était Transcendence, sorti sous le nom de Devin Townsend Project en 2016. Je n’ai jamais réussi à comprendre et accrocher à son délire excessif Empath rempli jusqu’à la gueule, et ces virées vers l’ambient Snuggles/Puzzle me sont apparues aussi inintéressantes que dispensables.

J’étais pourtant plutôt motivé par cette nouvelle sortie Lightwork, annoncée à la fois comme plus « pop » et cette fois plus orientée « chansons » et pas portée sur des délires expérimentaux ou autres. Et pour être honnête je me suis retrouvé bien emmerdé une fois l’album promo reçu dans la boîte tant cet album m’a alternativement déçu, blasé, et même énervé à certains moments. Un album qui commence avec 4 titres pop mignons, de facture correcte sans être renversants : on y retrouve clairement le sens de la mélodie du canadien, au service de chansons plutôt bien foutues sans être renversantes, car au final vraiment simples et basiques. Devin en fait paradoxalement parfois des tonnes au chant, ce qui a pu occasionnellement me gêner d’ailleurs : sur « Lightworker » par exemple, ou sur le démarrage de l’album avec « Moon People » où son chant démarre de façon très aigüe, ce qui (et c’est probablement la première fois sur un album du canadien) m’a amené à m’interroger sur sa justesse et sa qualité.

Quoi qu’il en soit sur ces 4 titres, les mélodies sont gentillettes, mais on s’emmerde quand même un peu et ces titres apparaissent comme franchement anecdotiques et très loin qualitativement de ce que Devin a produit par le passé. La suite est un peu plus « bousculante » (toutes proportions gardées), avec les 7 minutes spatiales de « Heartbreaker » qui s’avèrent quand même un peu longuettes et sur lesquelles il ne se passe pas grand-chose à part l’intervention d’un chant féminin (plutôt quelconque). « Dimensions » démarre vraiment bien, avec de bons riffs spatiaux assez agressifs qui rappellent un peu l’univers Ziltoidien, quelques chœurs townsendiens comme on aime, mais on sent là encore que l’architecture du morceau est faiblarde et qu’il n’y a pas grand-chose en terme d’écriture pour justifier les 5min23 du morceau, et certainement pas cet épouvantable et ridicule solo de guitare peu après la 3ème minute. Un morceau qui ressemble finalement davantage à une mauvaise chute de studio venant de l’enregistrement d’un album de Strapping Young Lad.

Heureusement il y a « Celestial Signals », sans le moindre doute le meilleur morceau de l’album, mais qui figurait déjà en bonus et à l’état de démo sur l’édition deluxe de Transcendence. Le morceau est certes retravaillé, gagnant vraiment en envergure et en puissance par rapport à sa version initiale, prenant une tonalité « opéra spatial » qui rappelle d’ailleurs Transcendence. Mais il s’agit tout de même d’un recyclage (même si ce n’est pas le premier, Devin ayant l’habitude de cette pratique qu’il semble assumer, souvenez-vous par exemple de « Truth » sur Transcendence ou de « Kingdom » sur Epicloud), au final une petite facilité qu’on peut regretter de la part du canadien et qui questionne encore une fois sur son inspiration.

D’autant que la suite de l’album replonge dans une certaine platitude, le côté « pénible » en plus, en tout cas sur « Heavy Burden » et son chant enfantin/féminin absolument insupportable, qui alterne avec le chant trafiqué de Devin pas bien agréable non plus. Tout ça pour soutenir une mélodie faiblarde et sans grand intérêt. Un morceau qui vire même au n’importe quoi sur la fin et est à mon sens à considérer comme un des pires morceaux de Devin Townsend. « Vacation » est une mignonne ritournelle pop, vite entendue et aussi vite oubliée. Quant à « Children of God » en dehors de son aspect « cul béni » qui peut agacer (et qui m’agace effectivement) il s’avère plutôt agréable, même s’il aurait pu sans problème être amputé de 4 minutes sans que cela pose le moindre problème.

Arrivé au bout des 10 titres, la déception est réelle et l’impression tenace d’avoir affaire (à l’exception de « Celestial Signals ») à un album totalement inutile venant d’un artiste aussi accompli par ailleurs, est bel et bien là malheureusement. Devin a confié que le résultat de son travail final sur Lightwork était probablement très différent de ce qu’il aurait été s’il avait travaillé seul dessus au lieu de collaborer avec son producteur Gggarth Richardson (connu pour avoir travaillé avec Biffy Clyro, Bloodsimple, Shihad, Rage Against the Machine et beaucoup d’autres). Est-ce ce dernier qu’il faut blâmer pour ce résultat extrêmement décevant et au final franchement inintéressant ? Je ne saurais le dire, quoi qu’il en soit cet album, et sa platitude générale m’ont personnellement bien énervé et même parfois donné envie d’être plus méchant dans cette chronique que je ne l’ai été au final. En tout cas, ce n’est pas encore Lightwork qui parviendra à me réconcilier avec le canadien. Dommage, car j’aime beaucoup la pochette par contre!

A côté de cet échec (ou quasi), quelques mots s’imposent tout de même à propos de Nightwork, l’album bonus qui est encore une fois source de surprises, certaines bonnes, d’autres (la majorité malheureusement) beaucoup moins. Le démarrage de cet album avec la triplette « Starchasm, Pt.2 », « Stampys Blaster » même s’il s’agit davantage d’un interlude, et « Factions », est pourtant assez remarquable, tant on a l’impression d’être sur ce qui aurait pu être l’ébauche d’un nouvel album de Ziltoid (jusqu’aux titres des morceaux qui ont aussi cette connotation SF) voire même de Strapping Young Lad. Ces 3 (enfin 2,5 on va dire) titres, sont vraiment bons et largement meilleurs que tous les titres de Lightwork (à part « Celestial Signals » donc), avec une agressivité plus présente et qu’on retrouve avec plaisir. Des titres qui font espérer que Devin rebondira prochainement sur un projet enfin à la hauteur de son prestigieux passé. Et si je mentionne spécifiquement ces 3 titres, c’est que la suite est malheureusement beaucoup moins enthousiasmante alors qu’à la première écoute je commençais à franchement m’emballer en pensant que Nightwork pourrait créer la bonne surprise. « Yogi » change pourtant complètement de tonalité, revenant à quelque chose de plus léger et pop, plutôt correct même s’il sera aussi vite oublié qu’il aura été écouté et n’a aucune chance de marquer les esprits. « Precious Sardine » contient des éléments très intéressants, avec ces passages aux colorations « world », indiennes, mais putain pourquoi faire durer (traîner) tout ça sur 10 min 14 et saccager les bons passages (la mélodie « principale » du début du morceau est très chouette mais elle est massacrée par le n’importe quoi qui surgit derrière) avec les travers façon Empath (surcharge de l’espace sonore, enchaînements douteux) dans lesquels Devin retombe par la suite. La suite de l’album justement ne permet pas de relever le niveau alors qu’elle se vautre alternativement dans l’insipide (« Hope is in the World » étant encore correct, mais « Sober » et « Carry Me Home » donnent vraiment envie de hurler : « putain Devin arrête avec tes niaiseries et redeviens dépressif!! »), la variante sans grand intérêt (« Children of Dog » huhuhu), ou le wtf quand Devin se prend pour un crooner flirtant avec la country sur « Boogus ». A la rigueur pourquoi pas finalement concernant ce dernier, voilà au moins un morceau qui fait relever la tête alors qu’on s’endormait… Mais une fois la surprise passée, pas de quoi se relever la nuit…

Un album bonus très hétérogène donc (ce qu’on peut tout à fait pardonner pour un album bonus) dont les peu nombreuses qualités ne suffiront évidemment pas pour compenser les faiblesses de l’album principal… Encore raté!

Tracklist :
Lightwork
01 – Moonpeople
02 – Lightworker
03 – Equinox
04 – Call of the Void
05 – Heartbreaker
06 – Dimensions
07 – Celestial Signals
08 – Heavy Burden
09 – Vacation
10 – Children of God

Nightwork
01 – Starchasm, Pt. 2
02 – Stampys Blaster
03 – Factions
04 – Yogi
05 – Precious Sardine
06 – Hope is in the World
07 – Children of Dog
08 – Sober
09 – Boogus
10 – Carry Me Home

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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