Steak Number Eight – The Hutch

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Style: Sludge Metal AtmosphériqueAnnee de sortie: 2013Label: Indie Recordings

Qu’est-ce qui peut bien passer par la tête des membres d’un groupe pour avoir l’idée saugrenue de se baptiser « Steak Numéro 8 »?  On imagine avec peine le déroulé de la réunion qui a donné lieu à une intense réflexion pour aboutir à… ça. On en a vu des patronymes débiles (souvent dans le math-rock, pensez à Papaye, Pneu, Cheveu, et autres), mais celui-là se classe indubitablement en bonne place dans le top… On mettra ça sur le compte d’une private joke après un soir de beuverie en attendant d’avoir peut-être un jour le fin mot de l’histoire… Ce détail évacué, c’est parti et on aura du mal à ne pas céder aux dithyrambes devant ce groupe, tant la critique du patronyme sera finalement la seule que l’on pourra émettre une fois l’écoute de The Hutch terminée.

C’est que ces quatre belges accouchent en effet pour leur deuxième album d’une véritable bombe de sludge atmosphérique moderne. Kezako? Eux-même se décrivent comme la synthèse de Mastodon, Deftones, Isis, et autres Tool et on est bien obligé de se rendre à l’évidence : la description colle parfaitement, surtout pour les 3 premiers qu’on a vraiment le sentiment de retrouver fusionnés et synthétisés pour extraire un précieux matériel aussi authentique que superbe.

steak number eightSteak Number Eight balance des morceaux dans l’ensemble bien longs, autour des 6-7 minutes en moyenne, qui sont l’occasion de montrer une facette brutale en mode sludge frontal, très rapidement atténuée par ces instrumentations atmosphériques lumineuses tirant vers le post-rock sans jamais tomber dans le travers d’être chiantes. Ce n’est pas un mince exploit, surtout pour un album qui s’étire sur plus de 71 minutes. Véritablement, l’écoute de The Hutch ne cesse de faire se décrocher la machoire, tant on enchaîne les passages de bravoure et autres moments superbes. Ne prenez pas le morceau illustrant cette chronique comme complètement représentatif du style du groupe, il représente en effet la part la plus rageuse et immédiate du groupe, même si le break en milieu de morceau donnera déjà une bonne idée du potentiel mélodique du groupe. « Ashore » sera également l’un des moments les plus directs avec ses 4 minutes qui permettent de prendre conscience que le groupe serait aussi manifestement parfaitement capable de nous balancer une pépite avec uniquement des morceaux de 4 minutes. Ca viendra peut-être mais pour l’heure ce sont plutôt les facettes plus atmosphériques et les développements plus longs que l’on a envie de mettre en avant : comme ce « Photonic » qui commence sous des atours post-rock avant de laisser parler des grosses guitares sludge très réminiscentes d’un Mastodon en bonne forme. Idem pour « Push/Pull » (cette mélodie me hante!!), « Pilgrimage of a Black Heart » (sur lequel le chant de Brent est alors doublé par un chant féminin discret et bien placé, le tout pouvant évoquer par instants Kylesa), « Slumber » ou « Rust », qui suivent ce même modèle et ne cessent d’émerveiller. « Tearwalker » clôt le bal avec ces 9 minutes de montée crescendo et d’explosion très typée post-rock.

En plus d’un potentiel mélodique assez inattaquable, le chanteur tient un grand rôle dans la réussite de l’album, faisant admirablement varier son timbre entre chant hurlé façon sludge/core, et un chant clair dominant et superbe qui rappelle un peu un Page Hamilton (Helmet) plus doué ou un JS Clayden (feu Pitchshifter) moins nasillard, et qui sonne définitivement assez 90’s dans l’esprit. Une très belle voix qui a le bon goût de savoir se taire lorsque sa présence n’est pas indispensable, comme sur « Push/Pull », titre qui reste instrumental sur plus de 50% de sa durée.

Mais je ne vous ai pas encore dit le plus fort… Car comme l’illustre la photo ci-contre, ce ne sont pas des vétérans mais au contraire de véritables gamins qui viennent ainsi de pondre l’un des meilleurs albums de l’année 2013. Même pas vingt piges au compteur d’où ces visages juvéniles et encore suitants de lait. Impressionnant d’être capables de faire la démonstration d’un songwriting de cette qualité et de cette maturité à un si jeune âge. Voilà donc des jeunes gens promis au plus radieux des avenirs. On les suivra de très très près!

Tracklist :
1) Cryogenius
2) Black Eyed
3) Photonic
4) Push / Pull
5) Pilgrimage of a Blackheart
6) Exile of our Marrow
7) The Shrine
8) Slumber
9) Ashore
10) Rust
11) Tearwalker

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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4 Commentaires

  1. Slamminboy says:

    J’approuve !!!! Cet album est foouuuu !!

  2. joss says:

    Pas dégueux le titre en écoute effectivement. Impressionnant compte tenu de leur âge !

  3. shaq says:

    Au pif je clique sur « The Shrine » sur leur Souncloud… okééééé, je vais chausser mes écouteurs pour une écoute très attentive ! ;)

  4. Polaton says:

    Je suis le seul à trouver que ça ressemble un peu à Radius System?

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