Pogo Car Crash Control – Chroniques et Interview

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Style: Rock / punk / metalAnnee de sortie: 2018Label: Panenka Music

Clairement, il était plus que temps que l’on fasse connaissance avec la musique de ces français, originaires de seine et marne, qui proposent de donner un coup de jeune au rock français, en lui bottant bien le cul avec un son metal, une attitude punk, et des paroles crétines voire nihilistes chantées en français. Pogo Car Crash Control (P3C) c’est bel et bien tout ça à la fois, et le mélange est rafraîchissant autant qu’irrésistible et jubilatoire.

Les 4 parisiens, Louis à la batterie, son frère Simon à la guitare et au chant, Lola à la basse et Olivier au chant principal, ont évolué, une fois n’est pas coutume, dans le sens d’une radicalisation, ou metallisation de leur propos. Partis d’influences garage, mélangées à une influence grunge, Nirvana en tête (influence encore perceptible aujourd’hui mais plus prégnante sur l’EP), les P3C se sont en effet un peu éloignés du son garage de leurs débuts en alourdissant le propos tout en ne s’interdisant aucune exploration ou détour par une voie de traverse (le rap de « C’est pas les Autres » sur le nouvel album Déprime Hostile). Et ça marche pour eux. Alors que j’écris ces lignes, ils s’apprêtent à monter sur la scène du Download, et bientôt celle du Hellfest carrément. Excusez du peu mais le chemin parcouru par ces minots force clairement le respect.

Première sortie du groupe, leur EP qui date de 2016 et qui contient déjà 6 titres puissants et explosifs mis en image par cette très belle pochette (dont l’illustration est signée du frère d’Olivier) et annonciateurs de la bombe que sera leur album sorti en mars 2018. On part à 100 à l’heure sur « Royaume de la Douleur » qui démarre bien punk, avec le chant particulier d’Olivier qui entre en scène rapidement, tandis que ça riffe sévère derrière. Avec ce premier contact chacun décidera s’il adhère ou pas, notamment à ce chant si punk et je m’en foutiste qui fait selon moi une grande partie du sel du groupe. Le très nirvanien (ce riff!) « Conseil » confortera l’importance du chant en français d’Olivier. On ne peut que saluer le parti pris fort du groupe de chanter uniquement dans sa langue natale, au lieu de se fondre dans le moule et de céder à la facilité en adoptant le chant en anglais. Les paroles crétino/nihilisites que le groupe choisit d’adopter (« je voudrais être consensuel! je voudrais être con! » par exemple sur « Consensuel ») collent parfaitement bien avec le chant maniéré et hésitant entre screams et intonations de crooner déluré ou Philippe Katerine déjanté d’Olivier. Clairement P3C détonent dans le monde du rock français actuel. Le groupe lève un peu le pied avec « Paroles / m’assoment », un titre un peu plus posé, plus garage aussi tout en étant toujours bien punk aussi. « Es-tu encore capable d’aimer? » se demande Olivier avant de hurler comme un dératé. « Tout Gâcher » fait ressortir en plein l’influence de Nirvana sur le groupe dès le riff d’entrée qui ressemble énormément aux riffs de Cobain mais encore une fois l’originalité est là dès qu’Olivier pose ses couplets en français. Enfin summum du nihilisme et du va te faire foutre qu’on sent déjà dans l’attitude globale du groupe, les P3C achèvent cette galette et l’auditeur sur un « Crève » dont les paroles libératrices et on ne peut plus claires « ta gueule et crève!!! » réveilleront chez chacun la rage adolescente et l’envie qu’on a tous parfois de dire ce qu’on pense vraiment à la ribambelle de connards qu’on croise déjà dans une journée « normale ». Concluant parfaitement cette excellente carte de visite le titre doit certainement enflammer la fosse lors des concerts du groupe.

Sorti en mars 2018, Déprime Hostile s’inscrit dans la continuité tout en marquant la metallisation évoquée plus haut. Mis en image par un artwork bien gore mais pourtant paradoxalement coloré et fun, les propos du groupe n’ont pourtant jamais semblé aussi sombres avec des paroles qu’on sent rapidement plus « adultes » et un peu plus mûres là où le premier EP du groupe traduisait davantage une sorte de révolte adolescente qui devait s’exprimer et tout envoyer chier. On retrouve pourtant la même attitude punk et crétino/nihiliste, et c’est tant mieux, tant il aurait été dommage de passer à côté d’un titre comme « Rancunier » qui commence sur un tempo quasi doom et sur lequel Olivier partage avec l’auditeur ses difficultés de transit. Si les deux premiers titres balancent méchamment la purée, efficacité et radicalité exprimées à fond, « Comment lui en vouloir » montre une facette nouvelle du groupe, un titre sur lequel Olivier peut s’exprimer dans un chant un peu différent, presque Thiefainien, avec des paroles néanmoins bien sombres évoquant le chemin noir d’une héroïne serial killer. « Hypothèse Mort » revient sur un tempo bien burné, et s’avère être un des titres les plus jouissifs de l’album. Olivier y chante comme un possédé, et les riffs sont parmi les plus accrocheurs clairement.  Sans faire du titre à titre, on évoquera quand même les textes très tournés sur le « monde du travail » (cf interview ci-dessous) de « En Boucle » ou « Je perds mon Temps » alors qu’il faut aussi noter l’excellence de « C’est pas les Autres », titre qui voit les P3C s’adonner à une sorte de rap-rock qui leur va à ravir, Simon (guitare) tenant le crachoir et balançant un flow à la fois parfaitement convaincant et efficace. Rien à jeter par la suite, même si j’avoue trouver les derniers titres un poil moins percutants, même s’il faut noter la réussite (pourtant pas forcément gagnée, dans un exercice difficile) « Insomnie », ballade intimiste qui permet d’entendre Olivier dans un registre parfaitement chanté et posé qui change radicalement de ses hurlements. L’album se termine avec « Crash Test », instrumental de 4 minutes sur lequel les riffs sont à l’honneur avec toutefois un côté très rock n’ roll loin d’être dégueulasse. Déprime Hostile s’écoute et se réécoute avec le même plaisir, belle réussite qui donne vraiment envie de voir le groupe sur scène où l’on imagine facilement que l’ambiance doit être bien chaude. Un de mes coups de coeur de l’année et une de mes découvertes marquantes.

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Ayant plus qu’accroché à la musique de Pogo Car Crash Control, j’ai profité de l’occasion de rencontrer au début du mois de juin Olivier, chanteur du groupe autour d’une bière. Interview un peu décousue au final (je suis un peu rouillé faut dire) dans une ambiance très détendue et sympa, que vous retrouverez ci-dessous réorganisée de la façon la plus cohérente possible…

Salut Olivier. Question super originale pour commencer… Peux-tu nous parler de la genèse du groupe ?

L’histoire est longue en fait! On existe depuis 7 ans même si on entend parler de nous que depuis 2 ans. On est tous des potes du lycée, sauf Lola qui nous a rejoints il y a 2 ans suite au départ de notre bassiste de l’époque. On est tous une grande bande de potes. On avait l’habitude de jammer ensemble. Comme on a grandi en banlieue lointaine en pavillons, on avait de la place pour faire du bruit. Après 18 ans c’était un peu passé de mode de ramener des instruments en soirée, et c’est là qu’on a finalement décidé de monter le groupe faisant le constat qu’on jouait de moins en moins devant des gens. On voulait avoir quelque chose à faire tous les week-ends, nous occuper, faire la fête et boire de l’alcool sans payer (rires). Donc la vraie motivation n’est pas de choper des meufs, mais d’occuper nos week-ends en fait.

C’était il y a donc 7 ans. Vous avez tous le même âge donc à peu près ?

27 ans pour Louis le batteur, moi j’en ai 26, Simon est arrivé plus tard, il en a 22, il était vraiment jeune quand il a commencé. Et Lola a 23 ans. Notre ancien bassiste, Benjamin, a quitté le groupe parce qu’il n’était pas près à renoncer à ses études de biologie/chimie, et la musique n’était vraiment pas sa priorité. On s’est rerouvé un peu le bec dans l’eau et on est tombé sur Lola qui était parfaite, hyper forte et voilà.

Donc en 7 ans, vous avez enregistré un EP et un album, ou vous avez enregistré autre chose avant ?

En fait il y aussi un premier EP, une première démo, que nos vrais fans connaissent. On les a retirés du web, on a tourné la page. C’était assez différent, plus pop garage. Presque pop punk en fait. Peut-être qu’on la ressortira quand on aura fait 4 albums, pour le fun. Elle est plutôt pas mal, bien enregistrée en plus… Mais bon j’avais 20 ans, j’en ai un peu honte quand même… Quand tu chantes en français, y a plein de phrases qui peuvent être gênantes en fait… Ca a mis du temps pour qu’on soit à l’aise pour chanter en français sans que ça nous semble gênant. Du coup quand on a sorti l’EP, le vrai, j’en étais vachement fier, pour moi c’était l’EP parfait avec aucun titre faible. Et je voulais pas que cette première démo vienne parasiter le truc.

Vous bossez encore ou vous vous consacrez au groupe aujourd’hui ?

Oui, on a arrêté nos jobs, les études, on a le statut d’intermittent et on arrive à en vivre. On touche un SMIC et comme on a que de la musique à faire c’est génial, vu qu’on n’a aucune charge de famille, qu’on est célibataire, c’est bien.

Je vois que vous avez plein de belles affiches qui arrivent prochainement… Download, Hellfest…

Download, Hellfest, Cabaret Vert, Extreme Fest, Musicalarue, ça c’est les gros festivals de cet été. Après il y a plein de petits concerts par ci par là.

Et donc ça c’est des dates que vous décrochez seul ou vous avez quelqu’un pour s’occuper de ça ?

Oui on a un tourneur qui s’occupe de ça. Et tant mieux parce que dégoter ses propres dates c’est bien fatigant…

Du coup le hellfest, download, comment vous arrivez à décrocher de telles affiches?

Le Hellfest on a joué à Nantes au Ferrailleur, avec un groupe avec qui on s’entend très bien musicalement et humainement, c’est les Psychotic Monks.

Ah oui j’avais lu que tu parlais de ce groupe, de même que de Johnny Mafia…

Oui c’est cool, dans un registre différent du nôtre, mais j’adore ce qu’ils font. Donc on a joué avec eux, et j’ai cru comprendre qu’il y avait une taupe de la programmation du hellfest qui était venue sur cette soirée, qui est venue voir le concert, qui a pris une claque et ça s’est fait comme ça. Parallèlement on avait sorti « Déprime Hostile » (le titre) qui annonçait bien la couleur avec un son plus métal que sur l’EP qui sonnait plus garage, et du coup ça a joué aussi pour qu’on se retrouve au Hellfest je pense. Quant au Download, en toute sincérité, je ne sais pas comment ça s’est fait en fait! Je pense que c’est notre tourneur qui a bossé!

Tu parles de la tonalité plus métal de « Déprime Hostile », ça me paraît aussi assez clair à l’écoute, et d’ailleurs je vous en félicite, car c’est une orientation qui vous va à merveille. Quelles sont vos influences pour expliquer cette orientation ?

Y a tout un socle d’influences de base communes à tous les membres du groupe, comme Nirvana par exemple. Ce qui s’est passé sur l’album, qu’on a composé depuis déjà plus d’un an, c’est qu’on a découvert la scène hardcore à ce moment-là en fait. On n’était pas trop en contact avec cette scène à la base, on traînait plutôt dans les concerts Garage, on a surfé sur cette vague, et petit à petit j’ai découvert quelques groupes qui m’ont mis la puce à l’oreille. J’ai réalisé que je ne m’étais pas assez penché sur cette scène. On a découvert ce nouvel univers et ça nous a forcé à durcir notre son. On est toujours dedans aujourd’hui donc c’est sûrement pour ça que notre son s’est durci.

C’est donc plus une influence hardcore que metal ?

J’irai pas jusqu’à dire que notre album est hardcore, il est quand même rock. Mais il est teinté de metal et de punk et du coup ça donne une légère couleur hardcore. Peut-être que le deuxième album de Pogo sera très hardcore… On verra on y est pas encore! Enfin moi j’aime bien screamer aussi donc ça me va bien.

Donc tu parles de punk, je trouve qu’en effet les influences punk sont assez évidentes, notamment dans ton chant…

Ouais qui sonne un peu post-punk…

Tout à fait et du coup c’est une influence revendiquée le punk chez P3C ?

En fait pour mon chant je m’inspire du chanteur des Cramps, de Nick Cave, et Corey Taylor de Slipknot. J’essaye de crier, raper comme Corey Taylor, et j’adore le chant rockabilly avec l’écho des Cramps, et j’aime la folie de Nick Cave, et je m’inspire de tout ça, pas pour masquer les défauts de mon chant, même si c’est clair que j’ai pas la technique, je ne suis pas « The Voice »… Mais y a quelque chose qui peut se débloquer pour être à l’aise, sans forcément chanter juste. Comme Nick Cave par exemple qui déchire. J’essaye donc de m’inspirer de ces 3 chanteurs qui me touchent le plus. Corey Taylor c’est aussi pour les textes, que j’adore, surtout sur Iowa particulièrement.

On retrouve un peu chez vous ce côté nihiliste d’ailleurs, à la people=shit…

Complètement.

On sent bien le mélange des influences, et il y en a une qui est perceptible c’est celle de Nirvana…

C’est vrai, mais c’était surtout le cas dans le EP. En y réfléchissant, je connais assez peu de groupes qui copient ou se revendiquent de Nirvana au final.

Pas faux! A côté de ça il y a des éléments dans vos textes qui renvoient au monde du travail mais avec une certaine ambiguïté que j’ai trouvé intéressante. Sur « Je perds mon temps » tu dis que tu ne veux pas trimer comme un chien tous les jours, et sur « En Boucle » tu sembles déplorer « ce cercle vicieux » qui t’éloigne « des bons travailleurs » tout en ajoutant « j’envie ton style de vie, c’est con c’est pas le bonheur! »…

« En Boucle » c’est marrant car c’est Simon qui l’a écrit, mais je m’y retrouve complètement et j’ai pas du tout l’impression que ce n’est pas de moi quand je le chante. Quand t’es dans un creux, que t’as pas de job, tu te mets à envier ce qu’ont les autres alors que finalement ce n’est pas un modèle si épanouissant que ça… Le texte est assez clair en fait (rires).

Tu bossais en entreprise je crois avant de tout arrêter et de te consacrer au groupe et à une « carrière » d’intermittent… C’est une expérience qui t’a fait dire « plus jamais ça » ?

En fait non… Je bossais comme monteur vidéo à la base pour des films d’entreprise, des films institutionnels. Il y a avait plus de boulot dans ce domaine que dans les films cinéma ou autre. Je ne regrette pas car ça m’a permis de devenir indépendant assez vite, de m’acheter du matos. J’étais en alternance notamment, et la formule était cool. J’ai eu de très bonnes expériences au début, j’ai bossé pour le Crédit Agricole, pour Régime Dukan, ça s’est vraiment super bien passé…

Régime Dukan ??

Ouais j’ai fait toute la web TV du Régime Dukan, on faisait des vidéos de cuisine diététique, des vidéos de fitness, il fallait s’inscrire et payer un abonnement et tu recevais ton coaching de régime. Au Crédit Agricole, c’était autour des sciences économiques, c’était hyper passionnant. Je travaillais avec des économistes pour mettre en forme en vidéo des choses assez abstraites à la base autour de l’économie. Super expériences donc, et à la base donc avoir un groupe c’était pas une fin en soi, même si on était déjà très sérieux sur le fait de vouloir tourner, jouer les week-ends, boire de la bière gratuitement (rires). En réalité je m’étais très bien fait à l’idée d’avoir un travail dans une boîte. Jusqu’au jour où j’ai intégré une nouvelle boîte… Air France en l’occurence. Je vais pas mettre tout le monde dans le même sac il y a des gens avec qui j’ai gardé des bons contacts, mais globalement ça s’est vraiment très mal passé… Je suis tombé dans une sorte de dépression d’isolement. J’étais tout le temps tout seul, personne ne déjeunait avec moi, on me filait tout à coup un travail de merde alors que j’avais un travail super avant… T’es sous-employé et en même temps on te micro-flique comme si ça n’allait jamais. J’ai vraiment vrillé et j’ai d’ailleurs écrit la plupart de l’EP à cette période, et du coup on a signé en maison de disques pendant que j’étais encore là-bas, du coup j’allais plus au travail au bout d’un moment. Le peu de fois où j’y allais, j’arrivais en retard, je partais plus tôt, je n’y étais plus du tout. J’étais devenu un mauvais employé, mais aussi parce que j’avais été maltraité. C’est comme si t’étais dans un sale tunnel et tu te dis « merde si c’est comme ça que ça se passe, vraiment va falloir se réorienter vers autre chose ». De l’autre coté, le groupe avançait bien, on signait en maison de disques, du coup… J’ai tout laissé tomber au final, même le diplôme que je n’ai pas eu au final, mais bon je ne regrette pas du tout aujourd’hui. Je n’ai qu’une licence d’audiovisuel au final, ça ne vaut pas grand chose, mais après tout je me dis aujourd’hui que prendre des décisions impulsives, radicales, parfois ça marche pas mal. Pour moi en tout cas ça a été très positif. Nos parents s’inquiétaient c’est certain, mais bon on s’en sort bien, les concerts ça paie pas mal quand même.

Ouais j’imagine que ce n’est pas au niveau des ventes de disques que vous faites le plus de thunes… Vous avez vendu combien d’albums?

Clairement quand t’es musicien, il faut vraiment faire des concerts. On a vendu 150 exemplaires de l’album en 3 jours, c’est pas beaucoup, mais pour les concerts, où qu’on passe, on ramène à chaque fois une centaine de personnes. Les gens iront toujours voir des concerts à mon avis.

Vous avez beaucoup de merch ?

On vend l’EP, l’album, et des T-shirts. On va peut-être faire d’autres trucs, genre chaussettes, polos… On y réfléchit en tout cas.

Pour en revenir aux textes, et en dehors de la thématique Travail, Tu as aussi un texte sur ton transit…

Ah ouais, « Rancunier », c’est carrément sur le caca au travail on peut le dire.

Le chant en français, c’était un parti pris dès le départ ?

Moi j’ai appris à chanter avec Pogo, j’étais pas forcément parti pour chanter en français ou même considérer le chant comme un élément important. En fait c’est Simon et Louis qui m’y ont poussé. Ils aiment bien la chanson française, même s’ils écoutent surtout du rock… Mais au final je trouve que ça ferait bizarre je trouve de ne pas chanter dans sa langue natale. Il y a quelque chose de plus naturel au final.

Tu n’as jamais chanté en anglais ?

Si bien sûr et ça m’arrive encore quand on jamme pour s’amuser… Chanter en français ça nous a semblé naturel au final et je ne regrette pas car je prends un plaisir énorme en fait à dire au public en concert les paroles, car y a forcément des mots qui accrochent l’oreille facilement…

Et c’est une prise de risque d’une certaine façon qui est franchement payante je trouve. Quand je décris votre musique à quelqu’un je dis un truc du genre « P3C ça fait un peu Nirvana en plus metal, avec un chanteur qui est capable de hurler et presque de faire du Philippe Katherine presque »…

Bah écoute en fait Philippe Katerine j’adore, je suis hyper fan. Le chant français chez lui c’est évidemment indispensable car chez lui on est à mi chemin entre l’écriture et la musique finalement. Sans être une influence, j’adore ce qu’il fait et l’originalité de son truc. Et y a aussi Catherine Ringer des Rita (NDR : Mitsouko) que j’ai découverte y a pas si longtemps. Je me suis refait les albums de Rita, et j’aime beaucoup son chant, cette manière un peu délirante de chanter qui rappelle un peu ce qui se passait à Berlin dans les années 80, dans la scène punk. Y a un côté un peu post-punk aussi. Y a quelque chose chez elle qui fait que quand elle chante ça le fait grave au final. J’aime pas trop le chant trop contrôlé au final…

Tu es parfois secondé par Simon aussi je crois sur quelques titres ?

Oui Simon chante beaucoup aussi, il a même un titre rappé sur l’album sur lequel il chante qui s’appelle « C’est pas les Autres ».

Super titre d’ailleurs…

En fait Simon il m’a appris à chanter, il chante super bien. Bon comme c’est moi le leader je le force à chanter moins évidemment… (rires). Non mais il chante vraiment super bien.

Le rap fait aussi partie de vos nombreuses influences ? 

Alors clairement pas chez moi. J’ai rien contre le rap mais c’est juste que j’en écoute pas. Si quelqu’un en passe ça me dérange pas mais bon… Par contre Simon et Louis en écoutent beaucoup, du coup je suis quand même un peu au courant de ce qui se passe dans le rap moderne, je sais qu’il y a des trucs comme Romeo Elvis, Damso, tous ces trucs. Notre producteur est un rappeur en plus…

Ah ouais ???

Oui c’est Fonky Flav’ de 1995. C’est un groupe de rap assez marquant des années 2010-2015. C’est lui qui produit Déprime Hostile, et c’est même lui qui nous a signé avec Nicolas Caillard, le président du label. Je me souviens que j’étais assez étonné, genre « ah ouais t’es un rappeur en fait! Mais t’écoutes du rock ? » « Bah ouais » (rires).

Et sinon vos pochettes sont aussi assez atypiques et carrément réussies…

C’est Baptiste qui les a réalisées, les deux (pour l’EP et l’album). La pochette de l’album est plus lumineuse au final, même si l’album est en fait plus sombre. Baptiste est animateur 3D, il a bossé pour Pokemon pour l’anecdote, il est parti en Ecosse pour bosser là-dessus. Il fait aussi des dessins animés, et sur son temps libre il fait des pochettes de groupes de rock. Il nous suit depuis nos débuts.

Vous avez commencé à écrire en vue du prochain album ?

Bien sûr… On est plutôt productifs. On écrit beaucoup, mais on peut aussi tout virer d’un coup et recommencer à zéro. Je pense que le 3ème album sera difficile à sortir par contre…

Pourquoi, le 2ème est bien avancé?

Oui et je pense que ça mélangera la fraîcheur de l’EP et la noirceur de l’album. Mais pour le 3ème album il faudra se renouveler, et là ça sera forcément plus compliqué. Mais bon, on a le temps, on y est vraiment pas encore…

Vous avez chacun votre rôle dans le groupe ?

Ouais, Lola se concentre beaucoup sur l’image de Pogo sur le Net, les réseaux sociaux, elle fait ça super bien, c’est assez naturel pour elle. Je bosse pas mal avec Simon, il me soutient énormément sur la composition. Louis est très compta, c’est lui qui gère la partie thunes, qui me tape dessus quand je fais des trous de caisse (rire).  Moi je suis plutôt concentré sur les compos, et la direction du groupe en terme musical, et les clips aussi qui sont réalisés par mon frère. Je l’assiste dans la réalisation des clips de Pogo.

Tu évoquais la possibilité d’enregistrer des reprises, vous feriez quoi du coup ?

Je pense qu’il y aaurait 2 types de reprises, soit la reprise d’un titre connu qu’on adapterait à la sauce Pogo, par exemple « People=Shit », en plus punk (parce que c’est trop dur à jouer), et si on devait reprendre une chanson de nos potes, ce serait forcément Johnny Mafia

En tout cas je vous connaissais pas il y a encore 2 mois de ça, et j’ai vraiment flashé sur votre musique…

Donc tu nous as jamais vus en live encore?

Non en effet!

On va jouer à Paris à la rentrée, faut que tu viennes nous voir! Parce que c’est d’ailleurs un peu mon éternelle frustration, en général les gens nous disent que notre musique sonne mieux en live que sur le disque. Ca me fait à la fois plaisir et en même temps vu comme on s’est cassé le cul à faire le disque je me dis, « mais merde qu’est-ce qui va pas! » (rires).

Pourtant il sonne très bien ce disque!

Ouais mais c’est vrai qu’on a un putain d’ingé son quand on joue en live, et c’est vrai que quand on joue je me dis souvent « ah ouais putain ça sonne mieux là »! La batterie dans les balances est assez incroyable…

Vous avez déjà des dates prévues pour la rentrée?

Pas encore planifiées mais y aura forcément une date en banlieue à la rentrée et à Paris forcément un Petit Bain ou une salle dans le genre…

Je vais suivre ça et on s’y verra sûrement! Bonne chance pour le Download en attendant ! Tu vas en profiter pour voir quelques groupes sur place j’imagine ?

Ouais j’espère que ma toux se sera calmée d’ici là (il tousse justement). Je veux absolument voir Converge, The Experimental Tropic Blues Band, un groupe belge, je les ai vus au Klub il y a 2 semaines, et c’est pour moi vraiment un des meilleurs groupes de rock’n’roll, c’est super cool. Les Hives aussi, toujours super cool. Par contre j’irai pas voir les Foo Fighters… J’aime bien les films de Dave Grohl, son ambiance « papa barbecue, mec sympa », mais j’aime pas trop sa musique… (rires).

Merci beaucoup pour ton temps Olivier!

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 825 articles sur Eklektik.

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