Moonsorrow – Verisakeet

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Style: viking metalAnnee de sortie: 2005Label: Spinefarm

Je commencerai cette chronique en m’excusant par avance, car si j’espère ne pas trop dire de bêtises, je préfère néanmoins prévenir que je m’aventure, pour les besoins de la kronique, sur une terre qui n’est pas la mienne habituellement. Il fallait bien que quelqu’un s’y colle finalement et rattrape le retard, puisque cet album date de 2005. Merci de votre indulgence donc.

Moonsorrow œuvre dans ce qu’il est courant d’appeler le « Viking Metal » ou également « Pagan Metal » c’est-à-dire un black metal épique, empreint de nombreuses influences folk nordiques.
Imaginez-vous, guerrier viking passant du champ de bataille pour rosser les armées ennemies avant de rentrer dans la forêt en lisière, pour panser vos blessures, communier avec la nature froide et apaisante, et reprendre des forces avant la prochaine bataille…
Ecouter Verisakeet c’est un peu ça, et le tout sans usage de la moindre substance illicite. Dépaysement garanti et déclenchement de sérieuses envies de découverte et de visite des pays nordiques pour se plonger dans l’ambiance qu’on rencontre à l’écoute de la musique du groupe.

Témoin de cette alternance entre furie guerrière et repos communiant, on passe ainsi de passages furieux très black dans l’esprit, à d’autres plus calmes qui laissent transparaître des mélodies d’une beauté à couper le souffle (ce « Pimea » est décidément incroyablement magnifique) à grand renfort d’instruments du folklore traditionnel finlandais, comme des accordéons, flûtes et autres guimbardes, mais aussi grâce à l’emploi très juste d’une guitare acoustique comme sur le début du magnifique « Jotunheim ».

Difficile de comparer avec le reste de l’œuvre du groupe que je maîtrise mal. J’ai néanmoins pu me plonger, après la claque infligée par la découverte de cet opus, dans le précédent Kivenkantaja sorti en 2003.

Il n’est pas difficile de percevoir malgré tout un changement important dans l’approche de sa musique par Moonsorrow. Tout d’abord un durcissement du propos ou en tout cas une noirceur renforcée et un ton résolument plus sombre que par le passé. Pas que jusqu’alors (et sur Kivenkantaja en tout cas) le propos eut été à la légèreté et à la rigolade mais on ressentait quand même que l’utilisation des instruments folk insufflaient une ambiance un peu gaie à l’ensemble. Sur Verisakeet, l’approche est plus sombre et les instruments et gimmicks folk s’ils sont toujours là, sont mis plus en retrait, interviennent pour magnifier certaines parties, mais jamais les rendre plus joyeuses.

Le chant haineux (en finlandais s’il vous plaît) est à quelques instants secondé par des chœurs majestueux qui ne sont jamais là pour alourdir le propos mais bien pour le rendre plus lumineux.

Autre différence par rapport au passé, Moonsorrow étire ses compositions sur des longueurs impressionnantes : sur 5 titres, 4 dépassent les 14 minutes (dont un de près de 20 minutes, « Jotunheim »). Ces 4 premiers titres suivent peu ou prou le même schéma (dominante black, avec moult changements, intrusion d’éléments folk, chœurs, alternance furie/repos et calme de la nature avec bruits d’animaux dans les transitions), alors que le 5ème (de 8 minutes « seulement ») inscrit sa différence en proposant un chant fait de choeurs mélodiques, dans l’esprit « communion autour du feu », simplement avec le renfort d’instruments traditionnels et d’une guitare acoustique, avant de s’achever avec le simple crépitement du feu pour compagnon.

On a vite fait de craindre que des compositions d’une telle longueur soient synonymes d’ennui. C’est bien là la force du groupe, proposer une musique riche, passionnante, et les presque 15 minutes de chaque morceau passent au final en un clin d’œil et l’on est littéralement absorbé par l’ambiance, sombre, furieuse mais néanmoins apaisante (paradoxe, paradoxe…) et surtout MAGNIFIQUE, que parvient à créer le combo finlandais.

J’ai été complètement soufflé par la beauté majestueuse de cet opus, et tout allergique que je sois initialement aux épanchements folk de certains groupes que je trouve parfois lourdaux dans l’approche, je m’incline bien bas devant une telle réussite. Peut-être est-ce justement parce que les éléments folk sont ici moins mis en avant et ne sombrent jamais dans le kitsch. Il est possible que ce soit la même raison pour laquelle les amateurs de folk et de pagan metal seront un peu décontenancés par cette nouvelle approche, je ne saurais le dire.

Ce qui est sûr c’est qu’en se recentrant sur les sorties du genre en 2005, entre le Red For Fire de Solefald et ce dernier opus de Moonsorrow, il y a un énorme fossé, et le premier paraît bien faiblard et pâlot au regard du second.

Superbe album, qui aurait atterri à coup sûr dans mon top 10 annuel si je l’avais découvert plus tôt…

S’il y a des spécialistes qui souhaitent compléter ma kronique et peut-être rajouter des éléments de comparaison par rapport aux premiers opus du groupe, je leur laisse la place dans les commentaires…

  1. karhunkynsi
  2. haaska
  3. pimeä
  4. jotunheim
  5. kaiku
krakoukass

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krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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4 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    juste pour dire qu’il ne faut pas avoir honte de ne pas connaitre les précédents :D

  2. Ellestin says:

    Bravo pour cette kro qui rend honnêtement justice à un essentiel de l’an passé. Effectivement Moonsorrow prend avec cet album un second essor qui l’élève au-dessus des rangs de tous les groupes de viking « cheese » metal – qu’ils dominaient déjà allègrement auparavant.

  3. Monster says:

    Pas d’accord avec le darkantipuce, même avant c’était déjà très bon. D’ailleurs, je prefere Kivenkantaja à celui là !!
    Sinon, pour Solefald, j’ai trouvé que sur le dernier album la demarche était plus « progressive » que viking metal.
    Excellent ce disque, je n’ai helas pas eu le temps de m’attarder dessus !!
    De toute façon j’adore tout ce que fait Henri Solival (alias Trollhorn), que ce soit chez Moonsorrow ou Finntroll !!

  4. Devin says:

    Me le suis remis ce matin , une grosse claque… Les vocaux filent la chair de poule , surtout les cris à la Nokturnal Mortum!

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