Sans transition aucune, de la noirceur absolue à la lumière… Le précédent album de Voyager (Ghost Mile) fait partie de mes albums favoris sortis en 2017, j’attendais donc ce nouvel album de pied ferme, d’autant que le premier single diffusé donnait vraiment envie d’entendre la suite. Et bizarrement je reste déçu globalement par ce nouvel album, je n’arrive pas à y retrouver le talent d’écriture et les compositions imparables que j’avais tant appréciées. Le groupe officie pourtant dans le même registre et rien n’a fondamentalement changé, si ce n’est que l’album est à mon sens tout simplement moins réussi que le précédent contenant trop de titres quelconques. J’ai par exemple (étonnamment tant je suis fan inconditionnel de Leprous) beaucoup de mal à apprécier le titre sur lequel apparaît Einar Solberg (« Entropy »), qui tombe à plat à mon avis et dont la voix se marie finalement assez mal avec celle de Daniel Estrin. J’y reviendrai probablement et le temps fera peut-être son oeuvre… ou pas. Quoi qu’il en soit pour le moment c’est la déception qui prédomine malheureusement.
Cependant, il serait injuste de réduire Colours in the Sun à cette seule impression mitigée. Voyager poursuit sa démarche mêlant metal progressif et éléments électro-pop, oscillant entre sophistication technique et mélodies accessibles. Certains morceaux, notamment « Future Faith » et « Silhouette », conservent cette énergie brûlante et cet habile équilibre qui ont fait la force du groupe par le passé. Le son reste soigné, avec une production claire qui met en valeur le jeu précis des musiciens.
Malgré tout, plusieurs critiques externes soulignent que cet album manque parfois d’audace ou de cohésion, donnant parfois l’impression d’une collection de pistes plutôt que d’un ensemble parfaitement construit. On note aussi une influence perceptible de groupes comme Porcupine Tree et Muse, avec cette volonté de marier progressif et pop dans une même dynamique, sans toutefois atteindre toujours la même intensité émotionnelle.
En somme, Colours in the Sun confirme que Voyager reste un groupe au talent indéniable, mais cet album semble être une pause plus sage et parfois un peu conservatrice, loin de l’impact et de l’explosivité de leur précédent travail. Une écoute attentive pourra peut-être révéler davantage de subtilité, mais pour l’instant, la magie peine à opérer pleinement.
Voyager
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