Hangman’s Chair – A Loner

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Style: Cold Urban Goth MetalAnnee de sortie: 2022Label: Nuclear Blast

Hangman’s Chair jusqu’ici c’était surtout pour moi un groupe atypique et travailleur qui a patiemment construit son parcours pour en arriver à cette signature chez Nuclear Blast, qui (quoi qu’on pense du label en lui-même et de son roster) représente forcément une sorte d’aboutissement et de consécration. Beaucoup d’estime et de respect de ma part donc, même si musicalement je n’avais jamais vraiment réussi à entrer dans leur univers. « Jusqu’ici » seulement car ce nouvel album m’a littéralement envouté…

J’ai d’abord complètement flashé sur le son de ce disque dès l’entame « An Ode to Breakdown », qui s’inscrit dans la continuité de celui du précédent album, toujours caractérisé par ces guitares pleines de reverb’, mais qui gagne encore en massivité, permettant à la puissance et à la mélancolie de se conjuguer brillamment et qui n’est pas sans évoquer les grands Type O’ Negative. Influence assumée par les parisiens et qui s’entend, sur les guitares de « Storm Resounds » notamment ou sur le démarrage de « Who Wants to Die Old? » où l’on s’attendrait presque à entendre débarquer Peter Steele nous susurrer à l’oreille de son timbre surgrave. Ce son froid, riche, puissant (tellement éloigné du son stoner de leurs débuts d’ailleurs) qui fait plaisir et qui emporte dans l’univers sombre et urbain de la chaise du pendu. Pour autant il faut du temps pour assimiler des compositions très homogènes et dont on peine au départ à bien percevoir les nuances. En effet l’album donne de prime abord une impression de bloc monolithique, sans doute davantage que le précédent, Banlieue Triste qui (bien que trop long) contenait des variations notables (la participation de Perturbator sur « Tired Eyes » ou le délire instrumental guitaristique de « Sidi Bel Abbes »). Mais après 4-5 écoutes le déclic se fait et tout apparaît dans sa clarté et sa majesté. Il n’y a pas de tube sur ce disque, mais « Loner » et « Cold & Distant » sont certainement les titres qui s’en rapprochent le plus, ce dernier en particulier étant probablement le titre que l’on pourrait conseiller comme porte d’entrée du disque (et ça tombe bien c’est un des titres choisis pour illustrer l’album dans un clip dans lequel on retrouve d’ailleurs Béatrice Dalle). On remarque aussi rapidement le riff massif de « Supreme » et celui qui conclut « A Thousand Miles Away » qui s’avèrent être de véritables brise-nuques.

Cerise sur un gâteau déjà riche et très savoureux, les vocaux de Cédric Toufouti, superbes, accentuent encore la mélancolie. Son timbre clair flirtant avec la cold wave contraste de façon saisissante avec son physique plutôt imposant et il me semble qu’il n’a jamais aussi bien chanté (en tout cas il n’y a pas photo par rapport à sa prestation sur Banlieue Triste). Mais même lorsque le groupe opère sans lui (« Pariah and the Plague ») ça fonctionne parfaitement et on se laisse emporter par cette douce torpeur que distille l’album au long de ses presque 52 minutes.

Le groupe a par ailleurs fait un vrai effort pour réduire la durée de ses compositions qui ne dépassent cette fois qu’à une seule occasion les 7 minutes, sur le titre final « A Thousand Miles Away », ce qui rapproche cet album de This is Not Supposed to be Positive (également sur sa durée globale, qui était de 50 minutes), plutôt que de Banlieue Triste (qui avec ses 67 minutes, ses 2 titres de plus de 11 minutes, m’apparaît vraiment trop long et dilué pour son propre bien). Et même si les compos restent plutôt longues, on est heureusement loin du registre doom chiant, ici on est plutôt dans la froide et gothique mélancolie urbaine que dépeint Hangman’s Chair comme l’illustrent d’ailleurs ses pochettes d’album (et les tons gris / bleu froid de la pochette de ce nouveau cru collent vraiment bien à la musique).

Passé le temps d’acclimatation, et une fois le déclic arrivé, A Loner devient une irrésistible drogue douce, addictive au possible, sans aucun effet néfaste pour la santé à redouter. Au contraire malgré son aura dépressive, il enveloppe l’auditeur dans une bulle de bien-être dont il est difficile de sortir une fois l’écoute terminée. Il ne reste plus alors qu’à rappuyer sur la touche « play » et se laisser embarquer pour un nouveau voyage…

Tracklist :
01 – An Ode to Breakdown
02 – Cold & Distant
03 – Who Wants to Die Old
04 – Storm Resounds
05 – Supreme
06 – Pariah and the Plague
07 – Loner
08 – Second Wind
09 – A Thousand Miles Away

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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