Sermon – Of Golden Verse

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Style: Metal Progressif Mystique & TribalAnnee de sortie: 2023Label: Prosthetic Records

J’avais eu l’occasion début 2020 de parler à retardement du premier album de Sermon, Birth of the Marvellous, sorti en mars 2019 et à côté duquel j’étais complètement passé alors. On avait déjà l’impression à l’époque, que ce combo mené par un mystérieux anglais anonyme (se faisant simplement appeler « Him »), avait habilement réussi (un peu comme Soen mais selon moi en mieux) à marier la mélancolie de Katatonia, aux ambiances tribales et progressives d’un Tool, bien aidé sur ce dernier point par la présence de James Stewart (batteur de Vader et Decapitated) derrière les fûts. En dehors des vocaux habités du leader du groupe, il était en effet difficile de ne pas apprécier le jeu de batterie de Stewart qui faisait des merveilles.

Probablement happé par l’actualité une fois encore foisonnante en 2020, j’ai clairement insuffisamment consacré d’écoutes à ce groupe à l’époque, mais heureusement la vie nous envoie parfois des rappels, et c’est un peu ce qui s’est passé lorsque j’ai reçu le 3 mars dernier, les MP3 promo de ce nouvel album de Sermon, intitulé Of Golden Verse. Et non, malgré ce qu’on pourrait penser de la pochette et de ses évocations orientales, Sermon n’a pas viré sa cutie pour se mettre au folk metal, mais confirme en fait son orientation progressive tribale et mystique, tout en s’éloignant un peu de l’influence Katatonienne (qu’on percevait à l’époque dès le démarrage de « the Descend » ou plus loin sur « the Preacher »). Surtout, là où rétrospectivement on pouvait considérer que le précédent album de Sermon contenait d’excellentes choses (avec en particulier les deux premiers titres mais aussi le très beau « Chasm ») mais se perdait tout de même quelque peu dans une certaine monotonie en fin d’album (sur un « The Rise of Desiderata » un peu longuet en particulier), Of Golden Verse témoigne de la volonté de Him d’apporter davantage de variété dans les ambiances et de maintenir l’attention tout au long de ses 48 minutes.

Ainsi l’atmosphère doucereuse distillée par cette jolie mélodie de clavier qui tourne en boucle sur une grande partie de « Senescence » mêlée à ce qui ressemble à nouveau à du mellotron, m’a un peu fait penser aux moments les plus calmes de la musique d’un Steven Wilson, mais ce morceau se durcit un peu sur la fin, pour laisser ensuite la place au beaucoup plus brutal « Wake the Silent » et ses riffs de guitare agressifs, sur lesquels Him va jusqu’à scander ses vocaux (et se doubler avec des vocaux presque death). Le résultat est tout à fait réussi, et illustre bien cette volonté de réveiller l’auditeur qui n’en viendra jamais à se penser parti pour la sieste.

Précédemment, « Light the Witch » aura également rempli cet office, bien assaisonné en vocaux plus criés, et surtout en batterie bien speed, permettant une fois encore d’apprécier le travail remarquable de James Stewart qui régale à nouveau, également sur des parties moins speed et bien tribales une fois encore (comme sur « Golden » qui trahit une fois encore les influences tooliennes et sur le final duquel son jeu rappelle presque celui du batteur de MGLA c’est dire!). N’oublions pas également de parler du leader du groupe et de ses vocaux très réussis, qu’ils se fassent soft (comme sur le refrain magnifique de « Golden »), ou plus agressifs, comme déjà relevé précédemment.

Au final, si ce deuxième album est plus long (48 minutes donc) que le précédent (40 minutes), il ne donne pas du tout cette impression justement grâce à la variété des ambiances et aux nombreux passages marquants qui parsèment le disque. Résultat, on se laisse emporter jusqu’au grand départ (le final « Departure ») qui surprend d’entrée avec des blasts, et un côté (dans cette mélodie de guitare récurrente notamment) presque Paradise Lostien survitaminé qui montre qu’Him a plus d’un tour dans son sac.

Ne passez pas à côté cette fois, Of Golden Verse devrait vraisemblablement être une des sorties qui comptent en cette année 2023.

Tracklist :
01 – The Great Marsh
02 – Royal
03 – Light the Witch
04 – In Black
05 – The Distance
06 – Senescence
07 – Wake the Silent
08 – Golden
09 – Centre
10 – Departure

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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