Ça commence presque comme du Vangelis sur le grandiloquent « Facing Atlas », la voix de Anna VH en plus… Et on ne sera pas au bout de nos surprises avec la suédoise et cet Iconoclasts éclatant et très varié, qui se révèle écoute après écoute, et a tout du voyage musical porté par une artiste avec un grand A.
Le titre de l’album est évocateur pour sûr, tant on sent bien la volonté de la suédoise de ne surtout pas se laisser enfermer dans un carcan quelconque et de s’autoriser tout ce qu’elle juge pertinent au service de son art quitte probablement à surprendre ou décontenancer ses fans, tant ce nouvel album se démarque de Dead Magic. A commencer par la présence de ce saxophone (qui semble succéder à l’orgue en tant que star de l’album, même si ce dernier reste tout de même présent comme sur « Unconditional Love » ou « Aging Young Women »), d’abord discrète, par quelques touches sur les premiers titres au milieu des autres nombreux instruments de l’orchestre, avant qu’il devienne la star du show sur le monstrueux « Struggle with the Beast », un titre si phénoménal qu’il parvient à envouter et mettre à genoux, le non-amateur de jazz que je suis.
Mais avant d’en arriver à ce stade de l’album, on sera passé par d’autres moments marquants, comme ce duo étonnant (et que d’aucuns pourraient trouver un peu décalé voire « iconoclaste » justement) avec Iggy Pop (« The Whole Woman ») et sa grosse voix grave. Le très beau « The Mouth », dronesque sur sa deuxième moitié sert finalement de petit intermède amenant vers le dansant « Stardust », sans nul doute LE tube de l’album, parfaite entrée en matière pour qui voudra découvrir l’artiste, son dernier album et ses capacités vocales qui ne laisseront probablement personne indifférent (on peut néanmoins concevoir que son timbre puisse aussi agacer notamment lors de certains passages où elle en fait des caisses).
Son duo avec Ethel Cain, « Aging Young Women » est un autre grand moment de pure beauté et communion entre les deux chanteuses, et aussi une démonstration de la grande maîtrise des arrangements orchestraux qui transparaît comme sur tout l’album, fruit de la collaboration (une nouvelle fois) de AVH et du compositeur et producteur suédois Filip Leyman.
Moins sombre et plus vivant que le très dark (et presque funéraire) Dead Magic qui date de 2018 et était considéré jusque-là comme son chef d’oeuvre, Iconoclasts paraît plus « aimable », lumineux et beau, mais non moins puissant, tout en laissant à nouveau entrevoir les influences (Dead Can Dance ou Swans) qu’AVH ne tente pas de cacher, même si on les trouvera moins prégnantes sur ce dernier album. Si la fin de l’album est plus posée, presque ambiante (« An Ocean of Time »), on ressort de l’écoute de l’album apaisé et euphorisé en même temps, et convaincu d’avoir (à nouveau) affaire à un album marquant de cette année 2025 d’une richesse et d’une qualité décidément phénoménales.
Tracklist :
- the Beast
- Facing Atlas
- The Iconoclast
- The Wole Woman (feat. Iggy Pop)
- The Mouth
- Stardust
- Aging Young Women (feat. Ethel Cain)
- Consensual Neglect
- Struggle with the Beast
- An Ocean of Time (feat. Abul Mogard)
- Unconditional Love (feat. Maria Von Hausswolff)
- Rising Legends
Anna Von Hausswolff
RBD
il y a 9 moisElle n’avait presque plus rien publié depuis cinq ans mais ce retour est monumental. Elle s’est vraiment surpassée en sortant d’une attitude plutôt austère pour quelque chose de plus varié, plus Pop exigeante et puissante, aux inspirations Jazz, partie dans des territoires différents du passé. Anna s’est complètement lâchée vocalement, c’est un virage sincère où elle se livre complètement et vraiment pas une évolution opportuniste même si cet éclectisme pourra rameuter de nouveaux fans.
Laisser un commentaire