Interview Trait d’union

Interview Trait d'union

beunz
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11 décembre 2025
il y a 9 mois
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Alors que sort son nouvel album Il n'y a pas d'ailleurs, le plus (synth)punk des toulousains nous a accordé un peu de temps pour répondre à une interview.
Interview Trait d'union

1. Première question basique parmi les basiques : peux-tu nous présenter trait d’union ? Et d’où t’es venue l’idée d’un tel nom ?

Le nom trait d’union est une référence à un morceau en particulier d’un groupe en particulier, c’est mon alias pour écrire de la musique entre un post-punk plutôt punk et une new wave 80’s pleine de synthés.

2. La ville de Toulouse figure au centre de tout ce qui a trait à trait d’union, es-tu un toulousain natif ou d’adoption ? Pourquoi cette ville est si importante dans la thématique du projet ?

Je suis natif de Toulouse et y habite toujours. trait d’union parle essentiellement de quotidien et de rapport à l’attachement, à la résilience ou la fuite devant les difficultés. Il n’y a pas grand chose de prémédité dans les textes de trait d’union, la ville est juste le cadre de tout et le catalyseur de tout l’amour et la haine lié au reste de ma situation.

3. Le style que tu revendiques est singulier : synth punk, cold wave et crasse, ce qui est à mon avis on ne peut plus parfaitement choisi. Outre ta ville, quelles sont tes inspirations ?

Musicalement, les influences de trait d’union à la base c’est la new wave française 80s à la opéra de nuit d’un côté et la oi! et le punk français un peu mélancolique. Il y a quelque chose d’un peu cliché d’être influencé par ces styles et de parler de ville et de tristesse, de traditionnel presque. Après y a toujours eu d’autres influences bien sûr et ça s’étend de plus en plus (des refs punk hardcore ou indus sur le nouveau disque par exemple) mais on est plus sur des références à d’autres styles à certains moments plutôt qu’à l’insertion de nouvelles influences à la recette générale.

4. Figurant sur « adieu la fête », le titre « exil mental » a donné son nom à un projet en marge de trait d’union, plus brutal et expérimental je dirais. D’où t’es venu ce choix de créer cet autre projet ?

C’est un cycle sans fin, à un moment c’est trait d’union qui a été le projet par dessus d’autres groupes en cours. Maintenant trait d’union c’est la majeure partie de mon activité musicale mais j’ai toujours envie de faire autre chose. Les musiques plus brutales et expérimentales c’est originellement bien plus mon rayon que les chansons couplet/refrain avec des synthés qui font pouet pouet, du coup je travaille toujours sur divers projets de black metal et de hardcore. 

Concernant les side-projects d’ailleurs, ils me servent aussi à faire des musiques que je voulais inclure dans trait d’union mais qui ne collent plus à la direction que prend le projet naturellement (d’où l’auto-référence avec exil mental), ça va faire un petit trait d’union cinematic universe à la fin je suppose.

5. trait d’union est né en 2023 et deux ans plus tard, voici déjà le second long-format avec entretemps plein d’EPs, singles (sans compter exil mental), d’où te vient cette incroyable productivité ? 

Je me suis mis au chômage exprès pour ça il y a deux ans (mon lieu de travail a fermé et j’en ai profité) et en plus de ça j’arrive plus trop à me concentrer sur des jeux vidéos ou des livres donc c’est mon occupation principale de produire ces trucs.

6. « il n’y a pas d’ailleurs », ton second long-format arrive en décembre. As-tu eu un processus de composition spécifique pour cet album-là ?

Oui, il y a une connection logique entre “adieu la fête”, “partir un jour” et “il n’y a pas d’ailleurs”, quelque chose de pas si prémédité que ça d’ailleurs, mais comme je parle de moi au présent et premier degré dans trait d’union ça s’est fait tout seul. 

J’ai écrit “adieu la fête” sans trop réfléchir après avoir fait la fête frénétiquement après une rupture et une entrée dans le chômage simultanées, c’est un espèce de constat de ras-le-bol assez clair et premier degré. 

Suite à ça j’avais envie de quitter ma ville et mon cadre et j’ai écrit “partir un jour” avant de partir pour de vrai dans le but de déterminer ce que je voulais pour la suite de ma vie et de ma production artistique. 

C’est là que j’ai commencé à écrire ce qui est maintenant « il n’y a pas d’ailleurs », seul dans une ville étrangère. J’y sous-louais l’atelier d’artiste d’une amie et ai profité de trois mois de solitude. Bien qu’étant revenu avec l’équivalent d’un album pour trait d’union (et d’autres choses à sortir sous d’autres noms), le résultat ne me convenait pas et j’ai continué à travailler dessus en rentrant à toulouse. C’est pour ça qu’après un album sur le fait d’en avoir ras-le-bol, un EP sur le fait de fuire sa vie et sa ville, il n’y a pas d’ailleurs vient parler de résignation et d’acceptation de nos luttes et nos situations.

Et pour répondre plus directement et techniquement à ta question, le processus de composition est toujours le même pour moi, je compose et écrit devant l’ordinateur, la grande nouveauté sur ce disque cependant ce sont les participations extérieures, Sandra Alvaro est venue chanter sur deux morceaux, Matthias Jungbluth (Fange, Calvaiire) sur un et mes potes Quentin et Kevin ont chanté des choeurs.

7. Cet album sort une nouvelle fois chez Frozen Records, comment s’est passée la prise de contact avec le label ? Comment est-il intervenu dans la conception de l’album ? 

Je suis en contact avec eux depuis 2022 via un de mes anciens groupes, Candélabre. A la base je leur avais envoyé le premier jet d’”adieu la fête” pour qu’ils me disent à qui je pouvais le proposer, ils m’ont dit « approfondis ça, soigne le et on peut le sortir » du coup on a fait ça et après j’ai dit « je veux sortir un autre album en 2025 » et ils ont dit ok et puis voilà. Ils sont un chouette soutien et ils interviennent dans la conception de l’album en me disant quand j’ai des idées un peu débiles et en proposant d’autres idées farfelues aussi. Faire de la musique seul c’est un peu isolant et avoir des gens pour donner des retours sur ce que je fais quand j’ai eu la tête dans le guidon pendant un an c’est précieux.

8. Tu as surpris pas mal de monde en juillet dernier avec ton deux-titres « dure reprise » en reprenant à ta sauce Dalida et Petula Clark. Encore une fois, d’où t’es venue cette envie décalée plutôt que de reprendre des groupes de new wave ou synth punk ?

Ce sont des très belles chansons que j’aime beaucoup et j’aime bien les chanter. trait d’union c’est des chansons couplet/refrain avec des mélodies dedans du coup beaucoup de choses sont faciles à reprendre, j’exclus pas d’en réenregistrer dans le futur. “la nuit n’en finit plus” devait à la base être dans l’EP “partir un jour” mais il y avait déjà la reprise de Niagara dedans et “mourir sur scène” a été enregistré à la base pour l’anniversaire du bar le Dalidaark à Toulouse. Sur le nouveau disque il y a une reprise de Mylène Farmer, le palmarès en reprise est donc 100% pop et ça me va très bien.

9. Il y a un an, tu as participé à la compilation « Bats For Palestine » en compagnie de nombreux groupes de qualité. Comment y as-tu atterri, et au point d’y figurer sur trois titres ?!

C’est moi qui l’ai produit c’est pour ça.

10. trait d’union est un projet solo mais il t’arrive de faire de la scène, notamment lors du dernier Frozen Fest. J’ai pu voir une vidéo de « adieu la fête » et vous êtes vraiment beaucoup sur scène, comment cela s’est-il passé ? Et est-ce que cette expérience ne t’a pas donné envie de rayer le « seul » (qui figure par exemple sur ta page instagram) ?

Oui alors quand j’ai commencé trait d’union je me disais que c’était chouette de pouvoir faire des concerts seul mais j’en ai vite eu marre du coup c’est devenu de plus en plus collectif et maintenant on est 5 (2x guitares, basse, batterie et chant + les synthés dans l’ordinateur).

Comme c’est une base de boite à rythme et synthé la formule live est très modulable du coup y a une certaine polyvalence en fonction des disponibilités de chacun. Pour le Frozen Fest, c’était la première avec batterie et un festival anniversaire un peu spécial pour Frozen Records avec un peu tous les gens du label réunis donc plusieurs personnes qui sont devenus des potes étaient présentes. J’en ai profité donc pour inviter Titouan (Fange, Epectase etc…) à jouer de la guitare sur deux morceaux où on pouvait rajouter plein de guitare et faire plein de bruit, Val (Gravekvlt) et Paul (Frozen, Ætheria Conscientia) sont venus donner de la voix sur le final du concert. Quelqu’un d’autre est venu faire un guest, ceux qui étaient là savent, la vidéo sort l’an prochain.

J’avais l’habitude d’avoir plusieurs groupes en même temps avant et c’était pratique pour voir du monde souvent, maintenant j’ai plus de groupes et j’utilise trait d’union pour avoir un espace où inviter du monde à collaborer sur scène, le « seul » est donc encore plus pertinent maintenant et un peu moins à la fois aussi. (c’est avant tout une référence à @drim_seul).

11. As-tu déjà des projets pour 2026 ? Tourner ? Enregistrer encore ? Encore autre chose ?

Je ne sais pas, j’aimerais beaucoup plus jouer et tourner mais je viens de commencer un nouveau travail et je ne peux pas me projeter. L’année devrait être plus calme pour trait d’union (pas compliqué en même temps) mais je vais me consacrer à d’autres sorties sous d’autres noms dans d’autres styles cependant. 

Après on n’est à l’abri de rien je peux vite changer d’avis.

12. Je te remercie pour tes réponses et le temps accordé à cette interview. Je te laisse libre des derniers mots.

Merci à toi pour tes questions et ton soutien! Bonne journée

Novembre 2025.

beunz

beunz

Beunz chronique sur Eklektik Rock depuis 2009. Amateur de sonorités extrêmes et abrasives, il s’est imposé comme l’une des plumes les plus prolifiques du webzine dans les registres Sludge, Black Metal, Hardcore Punk et Grindcore, tout en s’aventurant volontiers vers le Shoegaze, le Mathcore ou le Post-Rock. Son intérêt constant pour les scènes underground l’a amené à suivre de près des groupes locaux comme internationaux, qu’il met en avant avec un mélange de passion et d’exigence critique.

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